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27 février 2012

CADOU AU CINÉMA...

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Le Petit Véhicule, Le Passage, Film et vidéo et l’Université permanente

ont le plaisir de vous convier à la diffusion et présentation de

 

« René Guy Cadou ou les Visages de Solitude »

 

Un film documentaire réalisé par Emilien AWADA avec la collaboration

de Margaux SERRE, d’après un scénario de Luc VIDAL,

avec les voix de Michael LONSDALE et Richard MARTIN

mardi 20 mars 2012, de 18h à 20h

l’Amphi Kernéis, 1 rue Bias Nantes 44000

 

Coproduction : Cinérgie Productions et Télénantes

avec le soutien de La PROCIREP, de l’ANGOA et du CNC.

 

Entrée gratuite

Pour tout renseignement :

editions.petit.vehicule @gmail.com

 

02 40 52 14 94

Le Grognard

23:58 Publié dans En vrac | Lien permanent | Commentaires (0)

C'EST NOEL EN FÉVRIER...

img267.jpgUn mot rapide pour signaler la parution, aux éditions des Âmes d’Atala, de La Veillée de l’Huissier, conte de Noël de l’écrivain belge Edmond Picard (1836-1924).

L’auteur est un drôle de loustic, comme cette époque savait en fabriquer : avocat, décadent, socialiste, antisémite, franc-maçon, il est à ce titre assez représentatif de cet esprit « fin-de-siècle », cher aux Âmes d’Atala, où les idées les plus belles et les plus sordides bouillonnaient ensemble, dans le désordre le plus absolu.

Avec beaucoup d’intelligence, dans son avant-propos,  l’éditeur prend ses distances avec l’antisémitisme de Picard et les délicates illustrations de Lolita m’Gouni, dédiées à sa grand-mère « déportée à Ravensbrück, Torgau, Buchenwald et évadée de Markleeberg » achèvent de fixer les choses.

La Veillée de Noël est un conte loufoque et sombre mais non dénué d’humour noir. On y suit un huissier souffrant de troubles gastriques dus à une consommation abusive de bière qui découvre, auprès d’un charlatan débarqué des Amériques, une modalité de soin pour le moins inattendue.

Le conte étant trop court pour que je vous en dise plus sans dévoiler l'essentiel, je vous invite à prendre contact avec Les Âmes d’Atala pour commander ce très beau petit livre.

SB

19 février 2012

GRAND NETTOYAGE DE PRINTEMPS...

bandeau blanc.png

Un des premiers chantiers de ce blog sera de dissocier la partie « Le Grognard » de la partie « Stéphane Beau ». La dimension collective de la revue doit en effet être mieux mise en avant. Dans la marge de gauche, en haut, nous avons d'ores et déjà essayé de rendre plus visibles les cinq membres du comité de rédaction (leurs pages ne sont pas encore complètement terminées).

Pour ma part, j'ai commencé à vider la colonne « Publications de Stéphane Beau » (à gauche) et je me suis enfin décidé à ouvrir un site-blog à mon nom... L’idée ne me tentait pas plus que cela, mais il est apparu à plusieurs reprises que le flou causé par le fait que certains lecteurs ne savaient pas s’ils lisaient des articles de « Stéphane Beau » (et n’engageant que moi) ou des articles du Grognard (et sensés être validés par toute l’équipe) pouvait être gênant.

Mon nouveau site-blog se trouve ICI. Il est en cours de construction, lui aussi... 

A partir de maintenant, le principe de ce blog sera plus transparent. Les articles généraux (avis de parution, de salons, d’événements…) seront signés « Le Grognard ». Les articles plus personnels (coups de cœur, promo, notes de lecture, coups de gueule) seront signés par leurs auteurs et n’engageront qu'eux.

Nous rappelons, à cette occasion que ce blog est ouvert à tous les Grognards de bonne volonté et que toutes les propositions d’articles, d’informations ou autres sont les bienvenues !

Stéphane Beau

ATTENTION TRAVAUX


travaux.jpgLe Blog va subir quelques travaux dans les jours (semaines?) à venir.

Pas de panique, donc, si certaines rubriques ou colonnes vous semblent instables. C'est normal (pas parfaitement maîtrisé, certes, mais normal quand même !)

18 février 2012

ARMAND ROBIN A LA ROTONDE

Récital Robin 21 02 12.jpgEric Simon et Eliane Hervé proposent un récital Armand Robin, le 21 février à La Rotonde, à Nantes.

Cliquez sur l'image pour avoir plus de détails.

10:10 Publié dans En vrac | Lien permanent | Commentaires (0)

17 février 2012

QUELQUES NOUVELLES DES AMIS…

amer5.jpgUn petit mot, déjà, pour signaler deux parutions récentes.

Commençons par Les Âmes d’Atala qui viennent de publier le cinquième numéro de la revue Amer. Et amer, je le suis un peu, non pas parce que le contenu me déçoit, mais au contraire parce que je découvre, à la dernière page, que l’aventure s’arrête là et qu’il n’y aura pas de numéro 6 ! Dommage, j’ai toujours considéré cette revue comme étant une de celles dont je me sentais le plus proche. Raison de plus pour me plonger avec délectation dans le dernier opus qui, axé sur le thème de la photo, entraîne le lecteur dans les vertiges de l’amour et de la mort. Entre contes érotiques (« La Chandelle de Sixte Quint ») et visites de cimetières (avec le photographe André Chabot), nostalgie punk (entretien avec le photographe Polo Garat ou Géant Vert, ancien membre de Parabellum) et belles redécouvertes (notamment le « Terrible châtiment d’un dentiste » de Léon Bloy), la recette marche toujours.

Pour toutes commandes ou infos complémentaires, passez par ICI.

*

Depaysementcouvcouli.jpgAutre belle nouvelle de ces dernières semaines : le nouveau livre de Jean-Luc Nativelle, Dépaysement, paru aux éditions Asphodèle. C’est avec un grand plaisir que je retrouve Jean-Luc Nativelle dont le livre Par Humanité (éd. du Petit Pavé) avait été pour moi une vraie découverte et avait motivé ma prise de contact avec cet éditeur qui, depuis, co-édite et soutient fermement notre Grognard.

Dépaysement est une courte étude philosophique qui, partant du sentiment d’étrangeté à soi-même qu’est le dépaysement, aboutit à une réflexion plus vaste et profonde sur le principe d’humanité.

Une petite citation : « Les dictateurs et les tyrans, généralement, ne s’y trompent pas : c’est en interdisant l’usage d’une langue, ou en en simplifiant l’usage à l’extrême, qu’on exile le mieux les hommes du monde qu’ils occupent, et qu’on les coupe d’eux-mêmes ».

Et pour plus de détails, c’est ICI.

16 février 2012

DE QUOI LA DEMOCRATIE EST-ELLE LE NOM ?

marianne-baillon-2.jpgAllez, je continue de fouiller dans mes "archives" et je ressors ce texte d’octobre 2010, publié lui aussi sur Non de non. Et après la déclaration officielle de candidature, hier soir, de Nicolas Sarkozy, qui nous dit qu’il est très soucieux de donner la parole aux Français via des référendums, je trouve que ce texte retrouve une seconde jeunesse...

 

*

 

La manière dont Nicolas Sarkozy et ses sbires « gèrent » la grogne actuelle autour de la réforme des retraites me laisse terriblement perplexe. Car depuis le début, la ligne de conduite du Président de la République et de son gouvernement est relativement le même : « la réforme que nous mettons en place est bonne, juste et nécessaire, tant pis si une partie des français ne la comprend pas ». A cela ils rajoutent également, pour justifier leur légitimité que « Nicolas Sarkozy a été élu démocratiquement. Les français ont voté pour lui pour qu’il prenne ses responsabilités, et c’est ce qu’il fait, n’en déplaise à ses opposants ». Sous-entendu, derrière cela : la parole de la rue qui vient remettre en cause le vote des français est donc, d’une certaine manière, « anti-démocratique » et, de ce fait, illégitime. Ce qui explique la fermeté du discours tenu depuis le début par l’État et son gouvernement.

 

Le plus étonnant (ou effrayant), c’est de constater la tranquillité avec laquelle la grande majorité des médias reprend ces propos, sans jamais pointer du doigt sur ce qu’ils signifient vraiment. Car quel sens a le mot « démocratie » pour Sarkozy et ses hommes de main ? Il a été élu démocratiquement, d’accord, ce qui est quand même la moindre des choses en République, mais ensuite ? Quel sens donne-t-il à ce mandat ? Il a été élu pour appliquer un programme, explique-t-il, et il le fera. Déjà, là, on décèle un raccourci gênant : il effectivement été élu sur la base d’un programme. Un certain nombre de français, pas tous, et loin de là, a marqué son intérêt pour les propositions qu’il faisait, en effet. Ce qui ne veut pas dire que celles et ceux qui appréciaient ce programme le validait à 100% sur tous les points ni qu’ils signaient, en votant pour Sarkozy, un chèque en blanc lui octroyant tous les pouvoirs et leur interdisant par la suite toute réclamation.

D’autant qu’il y a souvent un écart assez important entre le « programme », pétition de principe, et les actes posés… Tout ce que Nicolas Sarkozy a mis en branle sur la question des Roms était-il posé dans son programme ? Pas en ces termes, en tout cas… Et sur les retraites ? Le programme du candidat Sarkozy portait plutôt sur l’option inverse de ce qu’il met en œuvre aujourd’hui. La crise est passée par là depuis, nous explique-t-il, il a bien fallu prendre des mesures. Pourquoi pas, mais sur quels critères ? La réforme qu’il met en œuvre est indispensable nous répète-t-il sans relâche. Elle doit être votée, que les Français le veuillent ou non. C’est ainsi, et il ne cédera pas. Ah bon ? Et pourquoi ne céderait-il pas ? Qu'est-ce qui l'en empêche ? Sa réforme est elle réellement représentative de ce que veulent les Français ? Pas si sûr, pourtant... Les derniers sondages annoncent que Sarkozy, avec 30% d’opinions favorables et 70% de défavorables, a fait exploser tous les records d’impopularité des Présidents de la République. Le pays est au bord de l’explosion, les rues sont noires de manifestants, et plus de 60% des Français semblent être plus ou moins solidaires des grévistes, mais tout cela ne compte pas. Tous ces braillards là ne comptent pas. Ils ne sont pas « démocratiques » ! 

Mais qu’est-ce que la démocratie, alors ? N’est-ce pas le pouvoir accordé au peuple de se désigner des représentants ? Et qu’est-ce qu’un représentant ? Un type qui décide tout seul, de sa propre « autorité », de son propre « chef » (les mots ne sont pas anodins) ce qu’il est bon de faire ? Non. Pour moi, ce type là n’est pas un représentant de la démocratie, mais un despote. Même s’il a été élu « démocratiquement », et même si sa politique se dit « éclairée ». Un despote est un dirigeant qui exerce sur son peuple un rapport d’autorité, et qui estime avoir sur lui une position hiérarchique supérieure. C’est un « chef », au même titre que le chef de famille dont l’autorité n’a rien de représentative. C’est un homme de « pouvoir » qui accorde plus d’importance à ce pouvoir qu’il détient, justement, qu’au peuple qu’il est sensé défendre. Et hélas : quand on vit sous le règne d’un despote, la démocratie n’est plus.

 

Nicolas Sarkozy est persuadé que sa réforme des retraites est indispensable ? Très bien, il en a le droit. Mais son devoir de représentant du peuple, dans un réel souci démocratique, n’est pas d’imposer son point de vue, mais de l’expliquer, de l’exposer et de le proposer. Après, si les Français n’en veulent pas, il n’a aucune légitimité pour légiférer contre l’avis de ceux qu’il représente. La France n'est pas une entreprise dont il a la gestion, mais un pays et surtout un peuple dont il est sensé être le porte-parole. S’il estime qu’en refusant sa proposition les Français commettent une erreur, libre à lui de se retirer dignement. Et si dans vingt ou trente ans tout le monde constate qu’il avait raison et qu’on aurait dû l’écouter, tant pis pour nous : c’est ça la démocratie. Mais un chef qui impose « sa » réforme sans accorder la moindre écoute à son peuple c’est un tyran, un despote, un dictateur, tout ce que l’on voudra, mais ce n’est plus un démocrate, et il n’y a rien d’étonnant à ce que les réactions de ses opposants dérivent vers la violence puisque c’est malheureusement le seul langage que les tyrans comprennent. Et moi, plus que le fond même du débat sur les retraites, c’est cette vérité là qui me heurte de plein fouet, aujourd’hui.

 

Notre fier Président, c’est évident, ne cédera pas. Il cassera les casseurs s’il le faut, il éparpillera les piquets de grèves, il libérera la France des vilains récalcitrants, il boutera les cégétistes hors des raffineries... Et après ? Après, nous verrons bien, en 2012, comment voteront les Français… Et s’ils réélisent encore un Président du même tonneau que celui que nous avons actuellement, s’ils font encore le choix d’un despote et non d’un représentant, la seule question qui nous restera alors à nous poser sera : méritons-nous réellement la démocratie !

 

Stéphane Beau

09 février 2012

LE GROGNARD CHANGE DE PEAU...

grognard 2012.PNGA partir du numéro 21, en mars prochain (numéro consacré à Yves Le Manach), Le Grognard va se refaire une beauté...

Les travaux ont déjà commencé !

(La couverture exposée ci-contre n'est qu'une maquette. La couverture finale sera peut-être un peu différente).

Affaire à suivre...

LE GROGNARD ET LA CAUSE LITTERAIRE

logo-lcl.pngUn grand merci à Olivier Verdun qui parle du Grognard numéro 19, consacré au "Sentiment Océanique", sur site de La Cause Littéraire.

C'est ICI.

08 février 2012

LA VALEUR DE L'HOMME...

balance_justice.gifEn ces temps de disputes sur le thème de la "valeur" des civilisations et sur question de savoir si "tout se vaut", je ressors ce texte publié en juin 2010 sur feu le blog Non de non. Texte qui prend une autre dimension aujourd'hui, je trouve, puisqu'une partie de ceux qui me traitaient de tous les noms, alors que je refusais le principe d'une hiérarchisation des valeurs dans le domaine culturel, sont maintenant les premiers à taper sur Claude Guéant. Comprenne qui pourra...

*

À plusieurs reprises ces derniers temps, lors de différents débats, sur le net ou ailleurs, on m’a reproché de défendre l’idée que « tout se valait ». Ce qui a tout de même fini par m’étonner vu que, sans aucun doute possible, c’est une conviction que je n’ai pas (je vous mets même au défi de trouver une seule ligne de moi où j'ai pu soutenir une telle thèse). Alors, pourquoi cette récurrente critique ? Après avoir passé en revue tous les contextes où cette accusation – qui se voulait décisive – m’avait été assenée, j’ai pu noter d’intéressantes similitudes. À chaque fois, en effet, j’étais opposé à des personnes qui s’évertuaient à me démontrer qu’il existait des échelles de valeurs parmi les hommes, échelles qui justifiaient des hiérarchies plus ou moins formelles en fonction de leurs goûts artistiques, culturels, vestimentaires, en fonction de leur façon de consommer, de parler, de s’aimer, d’éduquer leurs enfants… Et quand je pointais un doigt trop farfouilleur sur le fait que les valeurs qu’ils me présentaient reposaient souvent sur des bases floues et arbitraires, ils finissaient toujours par clore le débat en me lançant un rageur : « c’est sûr que c’est plus simple de se retrancher derrière le tout se vaut ! »

Plus simple… pour qui ? Pour moi je ne sais pas, mais pour celui qui concluait ainsi le débat, sans aucun doute ! Car nous sommes tous pareils. Quand il s’agit de déterminer une échelle de valeur, nous fonctionnons tous de la même manière. La main sur le cœur, et en toute objectivité (bien sûr) nous sommes tous intimement persuadés que nous sommes assez représentatifs de ce qui se fait de mieux. Oh, on ne l’exprime pas aussi ouvertement : nous sommes modestes, voyons ! Non, on biaise, on bricole. On s’invente des cadres, des règles, des normes, des valeurs que l’on déroule tranquillement, comme si de rien n’était, et au final on constate (oh miracle !), que nous ressemblons quand même énormément à l’idéal type que nous avons innocemment mis en lumière ! C’est ainsi que, par un heureux hasard, l’artisan trouve que son statut d’indépendant est quand même plus noble que celui du salarié, le fonctionnaire estime que son dévouement au service public est quand même plus digne que le travail de l’artisan qui travaille pour son seul profit, le catholique pense qu’il est plus respectueux de la fraternité entre les hommes que le vil athée qui ne se soucie que de sa jouissance personnelle, et inversement que l’athée est persuadé qu’il est beaucoup plus fraternel que ce salaud de catho qui ne songe qu’à son salut… On pourrait étendre la liste indéfiniment.

Le problème, c’est que dans notre beau pays des Droits de l’Homme (avec des majuscules, comme il se doit) il y a aussi une valeur suprême avec laquelle il est toujours malaisé de transiger : la Démocratie (tiens, on va lui coller une majuscule, à elle aussi). Démocratie qu’il est difficile de dissocier de sa petite sœur : l’Égalité (et hop, « É » majuscule, tant qu’on y est)… Et quand on s’amuse à bricoler des échelles de valeurs, forcément, à un moment ou à un autre, on vient se heurter à ces valeurs de démocratie et d’égalité. Ce qui n’est pas grave en soi, sauf si on veut gagner sur les deux tableaux en décrétant à la fois que l’on est un scrupuleux démocrate qui respecte tout le monde également et que l’on est persuadé qu’il existe entre les hommes d’indéniables degrés de valeurs…

Enfin quand je parle de « problème »… C’en est surtout un pour moi qu’il y en a un car, pour l’essentiel, mes contradicteurs ne semblent pas trouver dans ce grand écart quoi que ce soit de troublant. Oui, ça me pose problème qu’on affirme une chose et son contraire sans se soucier de voir comment les deux morceaux de l’histoire peuvent s’accoler ensemble… Mais étrangement, ce genre d’exigence semble être passé de mode. On est sans doute entré dans l’ère de l’affirmation… Fini le temps de la réflexion et de l’analyse…

La question que je pose en général à mes interlocuteurs, question qui était très en vogue en 1968, est pourtant d’une simplicité enfantine : « d’où parlez-vous ? ». Quand je vois par exemple un écrivain qui s’échine à me démontrer qu’il y a une bonne et une mauvaise littérature et que je constate, comme par hasard, que la bonne littérature, selon lui, c’est celle qu’il aime et qu’il pratique, désolé, mais je souris. Idem quand je vois trois critiques littéraires débattre le plus sérieusement du monde pour aboutir à la conclusion que, plus encore que l’auteur ou que l’œuvre elle-même, c’est le regard du critique qui donne toute sa valeur à un livre (véridique !)… Idem quand je vois un patron m’expliquer qu’il n’y a rien de mieux que la valeur travail ou un ouvrier agricole qui m’explique qu’un vrai homme, c’est un homme qui sait se servir de ses mains…

Le plus amusant, c’est que ceux qui me prêtent cette idée que « tout se vaut », et qui défendent donc l’option inverse (à savoir que « tout ne se vaut pas ») sont bien souvent des anticapitalistes convaincus qui, par ailleurs, n’ont de cesse de combattre la marchandisation de la vie quotidienne… Et là, pourtant, eux que révulse toute tentative de rabaisser l’homme à une marchandise trouvent parfaitement naturel de ramener soudain, par un biais détourné, cette notion de « valeur » dans les relations humaines.

Eh bien moi, désolé, et tant pis pour tous ceux que cela agace : je maintiens que la question de la valeur ne m’intéresse pas. Elle ne me « parle » pas, elle ne m’inspire rien. Je me fous de savoir si mes goûts valent plus ou moins que ceux du voisin. Je me contrefous de savoir si ma maison, ma voiture valent plus que la maison et la voiture de mon prochain. Je me moque de savoir si mes lectures valent mieux que celles de tel ou tel autre lecteur… Bref, je me fiche de savoir si tout se vaut ou non : ce que je m’efforce de faire, c’est de rester fidèle à ce principe simple qui veut qu’en terme d’humain rien n’est comparable et que toute tentative pour assigner aux hommes, aux choses, aux idées ou aux goûts, des valeurs spécifiques ne peut qu’entrouvrir la porte à des principes de discrimination et d’exploitation que je ne peux pas approuver.

Stéphane Beau