10 septembre 2009
Palante relu par Solko...
Ma réédition de La Sensibilité individualiste de Palante, pour les 1001 nuits, en 2007, n’a pas généré beaucoup de réactions dans la presse (du moins, pas à ma connaissance) C’est donc avec grand plaisir que j’ai découvert celle-ci, il y a quelques jours, sur le blog de Solko :
On doit à Stéphane Beau, la réédition chez 1001nuits (octobre 2007) de deux petits essais de Georges Palante, La sensibilité individualiste et Anarchisme et individualisme. Georges Palante, tous les lecteurs de Louis Guilloux le savent, fut le philosophe qui lui inspira le personnage de Cripure du Sang Noir. La rencontre des deux hommes date d’octobre 1916 : Louis Guilloux, alors pion dans le lycée de Saint-Brieuc, lisait la Fin du voyage de Romain Rolland quand le professeur de philosophie, Georges Palante, s’approche et demande au jeune homme s’il consentirait à lui prêter le volume.
Le lendemain, Guilloux porta lui-même le livre chez le professeur. L’amitié naquit.
« Je considère Palante comme mon premier maître ». « Je ne puis imaginer ma personnalité distincte de la sienne » : Dans ses Souvenirs sur Georges Palante et dans L’Herbe d’oubli, Louis Guilloux a souvent rendu compte de sa dette : lui et Palante avaient des « vues communes sur la vie sociale ». Dans un dialogue intérieur plein de sérénité, il avoue à celui qui fut le modèle de Cripure : « Ce personnage, ce n’était pas lui, mais nous, lui et moi », ajoutant à l’adresse de son ami suicidé : « tes ennemis ont toujours été les miens ».
Ceux qui se sentent également floués par le socialisme délétère des années quatre-vingts, l'écologie bavarde et électoraliste ainsi que le libéralisme planétaire qu’il aura contribué à mettre sur le trône depuis le début du vingt-et-unième siècle, ceux que ne satisfont ni l’égalitarisme aussi démagogique que nauséeux de la « gauche » ni l’affairisme marchand et revanchard de la « droite », et qui se demandent de quelle façon, tirer leur individu du naufrage collectif verront une planche de salut dans la philosophie individualiste prônée par Palante.
Cet individualisme, le philosophe en dessine les contours dans une résistance de chaque instant aux idéologies dominantes, un vif besoin d’indépendance, un amour pour la culture et la paix, un pragmatisme lucide devant la nature humaine et la société des hommes. Il n’est à confondre ni avec l’égoïsme primaire, ni avec la défense de ses seuls intérêts, ni avec l’anarchisme utopique, ni avec le volontarisme syndical.
C’est avant tout, affirme Palante qui cite abondamment Amiel, Constant et Stendhal, une sensibilité qui affirme l’unicité du moi et se déjoue de toutes les utopies susceptibles de le corrompre. Ces deux textes courts et lisibles de tous, pour la modique somme de 3 euros, constituent donc une introduction accessible à tout lecteur désireux de pénétrer l’œuvre et la pensée de ce philosophe injustement mis à l’index durant tout le vingtième siècle. Merci à Stéphane Beau, dont le site Le Grognard est en lien ici, pour cette réédition dont la rentrée 2009 doit garder le souvenir.
L’original de ce texte : ICI .
06:00 Publié dans Georges Palante | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05 février 2009
Palante en Amérique
L’année 2009 va selon toute évidence être particulièrement faste pour notre bon vieux Georges Palante. En effet, après le n°2 des Cahiers Louis Guilloux qui vient de paraître chez Folle Avoine et qui lui est en grande partie consacré, et après la sortie du Tome 2 de ses Chroniques complètes que nous venons de publier chez Coda, c’est au Etats-Unis que Palante fait, ces jours-ci, sa première sortie officielle, grâce à Mitchell Abidor qui publie The Great Anger (éd. Marxists internet archives).
Les habitués du Grognard connaissent bien Mitchell Abidor qui signe dans chaque numéro une chronique intitulée « American rebels », rubrique dans laquelle il s’attache à nous présenter des figures américaines plus ou moins connues et qui nous rappelle ainsi que son pays n’est (n’était) pas seulement celui de Bush et de Guantanamo.
The Great Anger (dont le sous-titre est : Ultra-revolutionnary writing in France from the atheist priest to the Bonnot gang, rassemble des traductions de textes d’auteurs français dont la liste fait rêver : Jean Meslier (1678-1729), Paul-Henry Thiry, Baron d’Holbach (1723-1789), Jean-Paul Marat (1743-1793), Jacques Hébert (1757-1794), Anacharsis Cloots (1755-1794), Jacques Roux (d. 1794), Gracchus Babeuf (1760-1797), Sylvain Maréchal (1750-1803), Louis Auguste Blanqui (1805-1881), Ravachol (1859-1892), Emile Henry (1872-1894), Zo d’Axa (1864-1930), Albert Libertad (1875-1908), Georges Palante (1862-1925), Victor Serge (1890-1947)…
De Palante, dont c’est (à notre connaissance) la première traduction officielle en langue anglaise (du moins sous forme de livre), Mitchell Abidor reprend « Anarchisme et Individualisme », ainsi que deux extraits de Pessimisme et individualisme.
Bref, un chouette livre qui constitue un cadeau idéal pour celles et ceux qui ont un cousin ou une cousine qui apprennent l’anglais et qui ont envie de se perfectionner dans cette langue tout en approfondissant la connaissance qu’ils ont de leur propre culture !
07:02 Publié dans Georges Palante | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30 janvier 2009
Palante inédit
C’est fait ! Le volume 2 des chroniques complètes de Georges Palante est enfin arrivé dans les librairies. Ce volume contient :
Préface
1ère PARTIE : CRITIQUES POUR La Revue Philosophique de la France et de l’Étranger de 1895 à 1913
2e PARTIE : CRITIQUES ÉPARSES
– Revue Internationale de Sociologie (1901)
– Revue des Idées (1904)
3e PARTIE : ARTICLES INÉDITS
– Discours prononcé au Collège d’Aurillac le 28 juillet 1886
– Discours prononcé au Lycée de Châteauroux le 3 août 1887
– Les Écrivains russes contemporains
– Discours de remise des prix – Sur le dilettantisme, 1898
– Anatole France, peintre social
– Le Respect
– L’Influence de la philosophie de M. Bergson
– Discours prononcé au Lycée de Saint-Brieuc le 13 juillet 1916
– La Philosophie des Habits
– Les Applications politiques de l’individualisme
– Sur le style des philosophes
– Le Philistinisme
– Une Affaire d’honneur, une félonie
Postface : La réception de Palante à l’étranger
Préface, notes et postface de Stéphane Beau
Un volume de 200 pages au format 15 cm x 21 cm
06:47 Publié dans Georges Palante | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
29 janvier 2009
Retour sur le bovarysme...
Déniché sur le web, cette longue et copieuse recension du Bovarysme de Jules de Gaultier paru au sandre en 2007 sous la direction de Per Buvik. (Livre dans lequel j'avais publié un article sur la relation Georges Palante - Jules de Gaultier)
Les référence du Compte rendu :
Servanne Woodward. «Retour sur le bovarysme». @nalyses,
Comptes rendus, Parutions récentes. 2008-12-15.
11:37 Publié dans Georges Palante | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 janvier 2009
Georges Palante et Louis Guilloux
Enfin, après plusieurs années d’attente, nous le tenons enfin entre nos mains : le n°2 des cahiers Louis Guilloux, intitulé : Georges Palante & Louis Guilloux. L’amitié – La fêlure, aux éditions Folle Avoine.
Un sommaire somptueux mis au point par Pierre-Yves Kerloc’h et Yves Prié (le responsable des éditions Folle Avoine) qui permet de briser un peu avec le discours convenu sur le philosophe briochin, comme cela est très clairement exprimé dans la préface : « Palante était assurément une personnalité complexe partagé entre le retrait du monde et l’implication dans la vie sociale et intellectuelle, en témoignent ses candidatures aux élections et sa participation à diverses revues, et non des moindres ! Les aléas de la vie auront une forte influence sur sa pensée, les souffrances physiques et morales ne l’auront pas épargné. Mais, au-delà des faiblesses et des ruptures, la richesse du personnage et de sa pensée aura marqué ses interlocuteurs et correspondants. »
SOMMAIRE
Préface
Georges Palante : Lettres à Louis Guilloux
Georges Palante : « Une Carrière », extrait du journal
Louis Guilloux : Georges Palante, texte inédit
Louis Guilloux : Lettres à Albert Camus
Camille Pitollet : Article du Mercure de Flandre
Annexes :
Pour la non-rééligibilité des députés, article de L’Ouest Eclair
Affaire Jeandot, articles de L’Ouest-Eclair
« Les Bœufs », article de Rachilde
« Le Sang Noir », article de Camille Pitollet
Gloses (extraits), par Camille Pitollet
11:38 Publié dans Georges Palante | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02 janvier 2009
Palante en livre audio
Vous en avez marre de m’entendre vous inviter à lire et à relire Georges Palante ? OK, j’arrête. Je vous propose donc de l’écouter sur Littérature audio.com. Il s’agit d’un fichier mp3 de La Sensibilité individualiste (50m).
Et pour les amateurs de livres lus, le site propose plein d’autres sympathiques pépites.
21:45 Publié dans Georges Palante | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
01 décembre 2008
Jules de Gaultier : La Philosophie officielle et la philosophie
Le Beaujolais nouveau est arrivé ! Le Jules de Gaultier nouveau aussi ! Dans les deux cas c’est frais, gouleyant et ça fait tourner la tête !
Présentation de l’éditeur
Avec La Philosophie officielle et la philosophie, ouvrage paru en 1922, Jules de Gaultier, le penseur du Bovarysme, l’apôtre de l’Illusionnisme, franchit une nouvelle étape dans son parcours intellectuel. Lui qui, jusque-là, s’était surtout attaché à dénoncer les égarements du pseudo-rationalisme et les suspectes prétentions des zélateurs du Vrai, du Beau, du Bien, décide d’opposer à la Philosophie officielle – à ses préjugés, à ses logiques bourgeoises –, sa propre philosophie.
« Cet avènement d’une philosophie de la relation, écrit Jules de Gaultier, d’une philosophie positive, l’activité de la pensée spéculative, littéraire et scientifique l’a préparé depuis bientôt un siècle. L’heure n’est-elle pas venue d’en faire une réalité ? »
Le pari est excitant, mais culotté : comment en effet peut-on construire une pensée systématique, enseignable, positive quand on part du principe que tout est illusion, que tout n’est que fiction ? N’y a-t-il pas une forme de contradiction dans ce projet affiché de proposer au monde une philosophie « définitive » véritablement « rationnelle », « intellectuelle » et qui obtiendrait ainsi, en quelque sorte, une dérogation inespérée lui permettant de se situer « au-delà » de la fiction ? Et pourquoi l’Humanité qui, depuis des millénaires n’arrête pas de nous rappeler que les brumes de l’inconscience et de la fiction universelle lui conviennent très bien, se prendrait-elle soudainement de passion pour les implacables lumières proposées par la philosophie de Jules de Gaultier ?
Autant d’apparentes contradictions et de sujets de doutes que Jules de Gaultier s’applique à démonter au fil des pages, avec l’élégance du style qui est le sien, avec son humour et avec son habituel sens de la démonstration.
Texte établi, préfacé et annoté par Stéphane Beau. Editions du sandre.
22:20 Publié dans Georges Palante | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25 novembre 2008
Jules de Gaultier chez les marxistes...
Grâce à Mitchell Abidor, Jules de Gaultier fait son entrée sur le très riche site Marxists.org. Même si je sais que ce site d'archives est ouvert à des pensées diversifiées, je ne suis pas persuadé que Jules de Gaultier aurait tellement apprécié de se voir ainsi fêté sur un espace placé sous le haut patronage du grand Karl !
Ce n’est pas incohérent, pourtant. Car, même si dans ses engagements personnels le père du Bovarysme est relativement réactionnaire, sa philosophie propose parfois une critique de la réalité humaine que l’on peut qualifier, à juste titre de révolutionnaire.
06:53 Publié dans Georges Palante | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21 novembre 2008
Palante, les Chroniques complètes volume 2
Le second volume des Chroniques complètes de Georges Palante va enfin voir le jour, en janvier prochain aux éditions Coda. Au sommaire, bien sûr, des chroniques (pour la Revue Philosophique de la France et de l’étranger, pour la Revue des Idées etc.) mais aussi une douzaine d’articles inédits, pour la plupart inconnus, de ce grand philosophe encore trop méconnu.
Nous en reparlerons bien entendu plus longuement en janvier
19:07 Publié dans Georges Palante | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
02 octobre 2008
La Fiction universelle
« Prescrire la solidarité à des êtres qui n’ont pas préalablement une conscience plus ou moins confuse de cette identité est une entreprise inutile, en sorte que ce commandement ne peut être observé que par ceux-là seuls à qui il est superflu de l’adresser. »
*
« L’effet du christianisme en Occident semble donc avoir été : avec le catholicisme, – de constituer la société féodale et de vertébrer l’Europe en un puissant animal de guerre, – avec le protestantisme contemporain, de convertir le monde en un comptoir gigantesque, en un vaste marché où les hommes, de gré ou de force, échangent entre eux des produits inutiles dont on leur enseigne à ressentir le besoin. »
Jules de Gaultier, La Fiction universelle, deuxième essai sur le pouvoir d’imaginer, 1903
14:33 Publié dans Georges Palante | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




































