Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04 avril 2007

Le monde fantastique d'Alfred Kubin...

medium_kubin.gif« Un vieux type avec un buste anormalement grand et de petites jambes s’approcha ; sauf une paire de pantalons de travail en coutil couverts de taches, il était nu. Il avait deux longues rangées verticales de tétons – j’en comptais dix-huit. Alors il remplit d’air ses poumons, gonflant plus, tantôt le côté droit, tantôt le côté gauche de sa poitrine ; ensuite il joua avec ses doigts sur ces dix-huit bouts de seins les plus jolis morceaux d’harmonica. En même temps il se trémoussait en cadence, au rythme de la maladie, comme un ours dressé, pendant qu’il expirait à nouveau l’air de ses poumons. Finalement il s’arrêta, se moucha dans ses mains et les lança au loin. Puis il lui poussa une immense barbe qui l’engloutit dans sa broussaille. »

 

Alfred Kubin, L’Autre Côté

2ème édition parue chez José Corti en 2007.

07:30 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0)

01 avril 2007

Benjamin De Casseres 4

medium_casseres.3.JPG Le Suzerain

 

Plus vieux que les rides sur le front

De Satan,

Plus jeune que son sourire,

Mon nom est Menteur,

Et je domine les mondes.

 

Mon cerveau est Espace,

Et ces étoiles qui poursuivent leurs courses

Vers des zéniths menteurs

Sont mes pensées,

Rouges et nacrées,

Vertes et jaunes –

Pensées qui font se signer les dieux et les mortels

Comme toutes ces choses issues de ma langue féconde.

 

Mon nom est Menteur

Et tous les jours vous pouvez me voir

A califourchon sur le Soleil,

Le grand Paon des Airs,

Et me regarder chevaucher le grand midi de l’Espoir

Et m’éclipser dans le ciel de l’ouest

Sous la musique de vos malédictions.

 

Quand la Mer de l’Esprit rejettera ses morts

Je marcherai seul sur la Grève Finale –

Plus vieux que les rides sur le front

De Satan,

Plus jeune que son sourire –

Moi seul,

Pierrot-Paraclet,

Münchhausen des millénaires railleurs.

 

Benjamin De Casseres, Black Suns

(Traduction, S. Beau 2007)

00:20 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0)

31 mars 2007

Benjamin De Casseres 3

medium_casseres.6.JPGMarche Funèbre

 

Tristesse,

Belle comme une fille qui déambule

Dans les eaux noires de la nuit,

Levant ses yeux embués vers ces heures,

Imprégnées de silences et de souvenirs,

Et les Minutes résonnent à mes oreilles

Comme des tocsins sonnés sur des cymbales de plomb.

 

Benjamin De Casseres, Black Suns

(Traduction S. Beau 2007)

13:50 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0)

30 mars 2007

Benjamin De Casseres 2

medium_casseres.5.JPGLa Cuve

Je pense l’Univers
Une cuve,
Une prodigieuse fermentation de
Soleils, de moucherons, de Shakespeare,
Un puant mélange de joies et de chagrins,
Le jus des plaies qui coagulent,
L’acide des rêves vengeurs
Et les froids cauchemars de la mort –
Tout cela sera bu un jour cul sec en une seule gorgée,
Par un dieu fatigué
En quête d’un cocktail flambant neuf.

Benjamin De Casseres, Black Suns
(Traduction S. Beau 2007)

07:50 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0)

29 mars 2007

Benjamin De Casseres...

medium_casseres.4.JPGAve, Zarathoustra !

Le Danseur sur les bords des précipices
Se fraye un chemin de corniches en corniches.
Il ose les choses que nous n’osons pas,
Il se moque des abysses, il marche dans les airs
Il transforme le Destin en un éblouissant escalier.
Ses pieds sont lumière, son rythme est vif,
De crête en crête il poursuit son chemin.
Il ose les choses que nous n’osons pas,
Il se moque des abysses, il marche dans les airs,
Il transforme le Destin en un éblouissant escalier –
Car à la Conscience il ne fait aucune concession,
Ce Danseur sur les sur les bords des précipices !

Benjamin De Casseres, Black Suns

(Traduction S. Beau 2007)

06:50 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0)

27 mars 2007

Contre les chasseurs - MICHELET

medium_MICHELET.JPGMalheur aux peuples ingrats ! ... et ce mot veut dire ici, les peuples chasseurs, qui, sans mémoire de tant de biens que nous devons aux animaux, ont exterminé la vie innocente. Une sentence terrible du créateur pèse sur les tribus de chasseurs : elles ne peuvent rien créer. Nulle industrie n'est sortie d'eux, nul art. Ils n'ont rien ajouté au patrimoine héréditaire de l'espèce humaine. Qu'a-t-il servi aux indiens de l'Amérique du nord d'être des héros ? N'ayant rien organisé, rien fait de durable, ces races, d'une énergie unique, disparaissent de la terre devant des hommes inférieurs, les derniers émigrants d'Europe. Ne croyez pas cet axiome : que les chasseurs deviennent peu à peu des agriculteurs. Point du tout, ils tuent ou meurent ; c'est toute leur destinée. Nous le voyons bien par expérience. Celui qui a tué, tuera ; celui qui a créé, créera.

(Michelet, l'Oiseau, 1856)

07:30 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0)

25 mars 2007

Roland Dorgelès : La Caravane sans chameaux

medium_dorgeles.jpg

Roland Dorgelès. Jusque là, je n’avais jamais rien lu de lui. Je le tenais, sans trop savoir pourquoi, pour un écrivain de second ordre, sans grand intérêt. C’est peut-être vrai : je manque encore un peu de recul pour porter un jugement définitif ; je que je sais, toutefois, c’est que sa Caravane sans chameaux m’a procuré un réel plaisir de lecture.

De l’Égypte des pyramides au désert des bédouins, en passant par le Saint-Sépulcre et le mur des lamentations à Jérusalem, ou les Souks Damas, Dorgelès nous invite à le suivre dans son périple, égrenant ses souvenirs avec beaucoup de légèreté et d’humour (j’ai retrouvé parfois des échos du Mark Twain du Voyage des innocents, voir du Huysmans des Foules de Lourdes).

Ce qui ne l’empêche pas de glisser, par-ci par-là, au fil des pages, quelques réflexions plus profondes sur la difficile cohabitation des diverses communautés religieuses qui se partagent Jérusalem ou sur l’avenir compromis du nomadisme chez les bédouins…

Si un spécialiste de Dorgelès vient à passer sur ce blog, qu'il sache que je lirais volontiers une petite étude sur le bonhomme (étude éventuellement insérée dans un prochain numéro du Grognard, bien entendu).

12:35 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (1)

22 mars 2007

AMER Revue Finissante

medium_amer.jpgUne bonne nouvelle n’arrive jamais seule. Nous avons le plaisir de vous annoncer la naissance d’une petite cousine du Grognard : Amer, Revue finissante. Comme dans Le Grognard, on y retrouve – au format papier, cette fois – un même goût pour les auteurs « fin de siècle » (le 19!), et pour l’inactualité revendiquée.

Pour en savoir plus, ou pour commander Amer, rendez-vous ICI.

 

Sommaire

Idées
La Fin du monde, par Camille Flammarion
La Catastrophe de Courrières, par Libertad
Le Criminel, placard anarchiste

Interventions
Irrumations fin-de-siècle, par lan Geay
Nietzsche et la modernité décadente, par Johan Grzelczyk
Byzance copronyme, par Alain Buisine

Entretiens
Paris Violence
Claude Izner

Poésies
« Et ta bouche en peau de lys » par Pierre Louÿs

Nouvelles
Les Sœurs Moches, par Jean Richepin
La Vache Tachetée, par Octave Mirbeau
L'Enfant, par Guy de Maupassant
Les Sans-gueule, par Marcel Schwob

Actualités
Appel à contribution
Les colloques
Des livres
La revue des revues

Anonyme
Mordre

20:10 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0)