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21 mars 2008

La Presse Littéraire n°14

977414523.jpgEt hop ! Le numéro 14 de La Presse Littéraire est dans les bacs. Numéro, placé sous le signe de Flaubert et du Bovarysme, dans lequel nous avons eu le privilège de placer notre petit grain de sel : « Jules de Gaultier et le Bovarysme ».

Numéro où nous retrouvons également avec plaisir d’autres « Grognons » : Guy Darol et sa chronique intitulée « Lire la musique » ; et Pascale Arguedas qui, outre sa chronique (Fugues inordinaires), propose un bel entretien avec Cécile Wajsbrot (rappelons qu’elle avait déjà chroniqué Conversations avec le maître dans Le Grognard n°3).

Nous dénichons enfin, parmi les responsables d’un entretien avec François Taillandier, le nom de Guillaume Zorgbibe, le responsable des magnifiques éditions du Sandre.

Bref… On est en famille !

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17 mars 2008

UNDERCORE – UNDERCORPS

153824363.jpgAglaé Vadet, qui nous a déjà fait le plaisir de collaborer à plusieurs reprises au Grognard, nous signale la parution de UNDERCORE – UNDERCORPS, un roman de Odulcidovul (éditions Bouquinsinct, collection Émeutes). Apparemment, c’est du lourd, du glauque et du saignant. Amateurs de bluettes s’abstenir !

Extrait :

« Le corps de Carol reposait là sous notre regard à jamais marqué. Mort. Onc'arol. Attendant patiemment la venue des premiers vautours avides de charogne. Une première mare de sang entourait ses chevilles. Ses deux pieds étaient séparés du reste de son corps. L'opération relevait plus de la boucherie que de la chirurgie, comme en témoignait la présence dans la terre souillée de la hache incriminée.

Et si le sort de la hache était joué il n'en était pas de même pour celui du sang. Je le voyais, ce liquide couard, prendre la poudre d'escampette. S'infiltrant sous terre, aidé en cela par la terre elle-même qui, en l'absence de papilles gustatives, avale tout ce qui lui passe à travers la gueule. Un véritable festin s'insinuant dans les profondeurs.

Je parcourus du regard le corps de mon invité de la veille jusqu'à rejoindre la seconde mare de sang. Elle se présentait comme un oreiller sur lequel la tête, fraîchement explosée, reposait. Confortable oreiller, mais sans plus. Ici, l'arme était un simple pistolet. Sa balle avait traversé l'œil droit et était allée percuter la boite crânienne sans même prendre le temps de visiter le cerveau obscur se présentant à elle. Je me sentais fébrile devant ce cadavre et n'étais pas le seul. Les sons gutturaux de Carol-Anne me sortirent soudain de ma torpeur. À genoux, les paumes appuyées contre le sol, elle se vidait les tripes sous mon regard éteint. Ses jets de salive se mélangeaient à ses larmes. Elle releva son visage éploré et me supplia de partir. Foutre le camp. Disparaître de cet enfer de maïs pour n'y jamais revenir. Brusquement je la saisis, la portai à mes bras et détalai sans me retourner. Armé d'une hache. Armé d'un flingue.

« Ce matin, je me suis amputé les pieds puis me suis suicidé. Fin de l'échec ». Telles étaient les dernières paroles de Carol… ».

10:40 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bouquinstinct

28 février 2008

Revue INCOGNITA

1217409549.jpgLes Editions du Petit Véhicule, à Nantes, s’acharnent depuis de longues années à promouvoir une littérature libre, sans concessions, et laissent la part belle à des domaines pas toujours faciles à défendre dans le monde de la grande édition : la poésie, le théâtre et la chanson française (dans la lignée de Léo Ferré dont le Petit Véhicule publie aussi les Cahiers d’Etudes. Le numéro 9 de ces cahiers, intitulé Amour Anarchie est toujours disponible).

Le Petit Véhicule publie  également une revue, Incognita, qui compte déjà deux numéros. Le numéro 2, outre un dossier spécial consacré à Michel Valmer, offre quelques textes sympathiques, notamment un article de Mathilde Bataillé sur Jean Echenoz, un inédit d’Armand Gatti et un extrait de journal intime d’Alain Besson duquel j’extrais les mots suivants qui, je ne sais pas trop pourquoi, m'ont particulièrement touché :

« Le Diable seul peut avoir inventé les étourneaux »

26 février 2008

Les retourneurs d'idées...

721840815.jpgPioché sur le blog Han Ryner cette info sur le dernier n° de la revue BREVES (Anthologie permanente de la nouvelle) consacrée aux « retourneurs d’idées ». On y trouve de très belles nouvelles de Georges Darien, Louise Michel (avec une histoire de vampires assez surprenante), Félix Fénéon, Victor Barrucand etc…

On y trouve également une nouvelle d’Octave Mirbeau intitulée Jean Tartas, dans laquelle on peut lire cette jolie petite phrase qui colle parfaitement au sujet de notre prochain Grognard :

« Nous sommes libres, libres de manger, de dormir, de nous loger, de nous instruire, pourvu que nous payions des droits énormes à ceux qui possèdent ! Nous sommes libres surtout de mourir de faim, car le maître qui pouvait autrefois tuer son esclave, mais qui devait le nourrir, n’a plus le droit de tuer ce salarié, mais celui de le laisser crever de faim… »

Brèves n° 84 (février 2008) 144 p. ISSN 0248 46 25 - ISBN 978-2-916806-05-1.

21:40 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : brèves, mirbeau

07 février 2008

Revue IMPUR...

5cd396f835e7ddb77826ac09155ed68a.jpgPetit coup de projecteur sur une nouvelle revue à l’esthétique « chic » et au contenu alléchant.

Le n°1 : 128 pages, 9 €.

Plus d’infos ICI

Au sommaire du premier numéro :

Un texte incisif et émouvant de Pierre JOURDE sur le Japon ; un entretien avec Agnès GIARD sur l’imaginaire érotique au Japon, la crise de la masculinité, le traumatisme des années d’occupation américaine, l’émergence des femmes japonaises et les particularités du sexe nippon ; un roboratif entretien avec l’intellectuel sioniste Menahem MACINA sur la « violence juive », le destin d’Israël, l’« affaire » Alain SORAL, etc. ; un essai (en japonais, s’il vous plait) de l’écrivain HIRANO Keiichiro sur MISHIMA Yukio ; un portrait par Guillaume ORIGNAC de l’un des plus grands écrivains américains vivants – et comme par hasard méconnu en France –, le mystérieux et visionnaire Thomas PYNCHON ; une évocation par Jean-Pierre THEOLIER du destin malheureux de Charlemagne BOKASSA, l’un des 36 enfants de l’ex-Empereur de Centrafrique ; le récit par Laurent MARECHAUX de ses années combattantes en Afghanistan ; les regards de Frédéric SAENEN et Frédéric DUFOING sur la « crise belge » ; et combien d’autres choses encore…

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30 janvier 2008

David Markson (suite)

f46decc3af3077cd18cc8bb884c419f7.jpgJ’ai signalé, il y a quelques semaines, la parution de Arrêter d’écrire, très beau livre de David Markson. J’ai eu envie de rajouter ce bref extrait tiré d’un de ses précédents romans : La Maîtresse de Wittgenstein.

 

« Mon sentiment véritable à l’égard de John Ruskin, c’est que je suis navrée pour lui.

Parce que cet imbécile avait passé tant d’années à regarder les statues antiques qu’il s’est presque trouvé mal la nuit de ses noces, personne ne lui avait dit que les femmes réelles avaient des poils sur le pubis »

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16 janvier 2008

A propos de la civilisation...

7d3f7701733c52f1c831f4eee3a6803b.jpgPuisque l’on nous parle beaucoup de civilisation ces derniers temps, j’ai pensé qu’il serait peut-être utile de redonner la parole, sur ce sujet, à ce bon vieux Nietzsche :

« Qu’on l’appelle « civilisation » ou « humanisation » ou « progrès », ce par quoi on cherche aujourd’hui la caractérisation des Européens ; qu’on l’appelle simplement, sans vouloir louer ou blâmer, d’une formule politique, la démocratisation de l’Europe : derrière tous les premiers plans moraux et politiques sur lesquels on débouche avec de telles formules, on voit s’accomplir un énorme processus physiologique qui va toujours grossissant – le processus d’une uniformisation des Européens, leur indépendance croissante à l’égard des conditions dans lesquelles naissent les races liées par le climat et les classes sociales, leur affranchissement progressif de tout milieu défini qui voudrait s’inscrire au cours des siècles dans les âmes et dans les corps avec une égale exigence – donc la lente apparition d’une espèce d’hommes essentiellement supranationale et nomade qui, pour user d’un terme de physiologie, possède au maximum l’art et la force d’adaptation comme sa caractérisation typique. Ce processus d’européanisation qui peut être retardé dans son mouvement par de grandes récessions, augmente et croît toutefois peut-être pour cette raison en véhémence et en profondeur – l’orage et la fureur du « sentiment national » maintenant encore en crise, en fait partie, tout comme l’anarchisme en récente ascension – ce processus aboutira probablement à des résultats auxquels ses naïfs promoteurs et panégyristes, les apôtres des « idées modernes », aimeraient le moins s’attendre. Ces mêmes nouvelles conditions dans lesquelles se réalisera en moyenne une égalisation, un nivellement de l’homme – une bête de troupeau-homme, utile, laborieuse, diversement utilisable et adroite – sont au plus haut degré propres à donner des hommes d’exception, de la qualité la plus dangereuse et la plus séduisante. Tandis, en effet, que cette force d’adaptation qui parcourt des conditions sans cesse changeantes, et qui commence un nouveau travail à chaque génération, presque à chaque décade, rend tout à fait impossible la puissance du type ; tandis que l’effet d’ensemble de ces Européens de l’avenir sera probablement celui de nombreux ouvriers bavards, à la volonté débile, et extrêmement adroits qui ont besoin du maître et du chef comme du pain quotidien ; par conséquent, tandis que la démocratisation de l’Europe aboutit à la promotion d’un type préparé le plus subtilement à l’esclavage, dans le cas particulier et dans le cas d’exception, l’homme fort devra se trouver plus fort et plus riche, comme il ne s’est peut-être jamais trouvé jusqu’ici – grâce à l’absence de préjugés de son éducation, grâce à la prodigieuse multiplicité en matière d’exercice, d’art et de masque. Je voulais dire : la démocratisation de l’Europe est à la fois aussi une organisation involontaire destinée à la formation de tyrans – le mot compris dans tous les sens, même au sens le plus spirituel. »

(Nietzsche, Par delà le Bien et le Mal, "Peuples et Patries", § 242).

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10 janvier 2008

Café soluble et cocotiers

746e1b3cbc7cb94ce1c99fec6f211719.gifVous aimez la poésie à dimension humaine ? l’art d’être tragique sans être larmoyant, d’être sensuel sans être vulgaire, d’être impitoyable sans être méchant, d’être nostalgique sans être mielleux ? Ruez-vous sur le dernier recueil de poèmes de Gaston Vieujeux Café soluble et cocotiers (ouvrage disponible ICI, sur le site de l’auteur). Vous ne le regretterez pas !

 

Un petit extrait pour se mettre en bouche :

 

tribal transit

 

pendant qu’il était endormi
pendant que tout était tranquille
la neige a semé son tapis
de plumes blanches sur la ville

mais sapiens a rouvert les yeux
sapiens a sorti sa bagnole
dansant la danse des essieux
dans les gargouillis du gazole

tout était frais tout était beau
en deux coups de cuillère à pot
de nouveau tout est dégueulasse

et c’est ainsi depuis mille ans
depuis l’aube et la nuit des temps
il bouge et tout se change en chiasse

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17 décembre 2007

La Presse Littéraire n°12

771e08c43125450e3db9f5b3abee329c.jpgLe n°12 de La Presse Littéraire sera disponible dans quelques jours. Le dossier principal est consacré à Stendhal. Notons que, parmi les contributeurs de ce numéro nous avons le plaisir de retrouver deux signatures que les lecteurs du Grognard ont déjà eux le plaisir de lire : celle d’Ygor Yanka (Vagabondages) et celle de Pascale Arguedas qui entame une série de chroniques intitulées Fugues inordinaires. Nous pouvons également y lire une chronique de Guy Darol sur la musique, Guy Darol qui comptera très probablement parmi les auteurs publiés dans la prochaine livraison du Grognard.

Le sommaire complet

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14 décembre 2007

Mercure, les médias autrement

6148735fcb020722e9062d39ff1c4f5b.jpgUne nouvelle revue vient de voir le jour : Mercure, les médias autrement. Dirigée par Anthony Dufraisse, cette revue est selon lui « une revue qui joue sur tous les registres de la pensée » et qui « est conçue comme un observatoire (…) de la question médiatique ». Le contenu est riche, sérieux, et les collaborateurs sont de qualité. Mention spéciale aux souvenirs radiophoniques de Gil Jouanard et aux mésaventures journalistiques de Christian Cottet-Emard.

Sommaire

Anthony Dufraisse : Lignes directrices.
*
Positions
Christian Ruby, Vladimir Bertrand : Qu’est-ce qui nous regarde ? (I)
Jacques Attali : Penser labyrinthe.
Manuel de Dieguez : Internet et la nouvelle élite mondiale.
Claude Régy : Des médias au médiat.
Didier Nordon : L’information est une désinformation.
Vangelis Athanassopoulos : Notes sur l’artiste médiatique
*
Situations
Fatima Ait Bounoua : Beurettes sur le net.
Rodolphe Adam : Malaise dans l’e-culture.
Daniel Sibony : Les enfants devant la télé.
Cyril Thomas, entretien avec Agnès de Cayeux : Expériences d’intrusion.
*
Radiographies
Gil Jouanard : Radio, art de l’intime.
Olivier Pascault : Émission(s) philosophique(s), suivi de :
Jaspers, Adorno, Anders... Des philosophes allemands sur les ondes.
*
Figures libres
Franck Derex : Dernière édition de l’homme.
Jacques Rigaud : Monsieur l’Intran.
Christian Cottet-Emard : Souvenirs d’un localier.

(Revue disponible dans quelques librairie parisienne ou sur commande : revuemercure@free).

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