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27 septembre 2008

Bulletin des amis de Saint-Pol-Roux n°2

Bulletin_des_Amis_de_SPR_-_2.JPGNous avons le plaisir de vous informer de la parution du deuxième numéro du Bulletin des Amis de Saint-Pol-Roux consacré à La Dame à la Faulx (Mercure de France, 1899).

 

Il recueille les comptes rendus du drame parus dans les petites revues de l'époque et une lettre inédite, signés : Victor Margueritte, Gustave Kahn, Edmond Pilon, Paul Adam, Catulle Mendès, Jean Héritier, Fernand Gregh, Henri Degron, André Gide, Jacques Copeau, Edouard de Max, Georges Eekhoud, etc. En frontispice, un dessin de Mary Piriou : « Saint-Pol-Roux dans la forêt des Ardennes en 1895 ».

 

Tous les détails sur le prix, les modalités d’envoi sont à découvrir ICI.

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26 septembre 2008

Le Facétieux Picard...

picard.jpg« Heidegger, quel bunker ! Il est fort, le vieux, mais jusqu’à quel point. Un peu plus d’ironie là-dedans aurait permis à la lumière d’entrer. (Que les heideggériens fanatiques ne s’empressent pas, à leur habitude, d’engager une campagne pour défendre leur idole, texte à l’appui. J’avoue ne pas lire l’allemand et à peine le Heidegger en traduction. Mais je ne peux pas toujours prendre Huisman pour tête de Turc !) »

Georges Picard, Le Philosophe facétieux, José Corti, 2008.

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25 septembre 2008

considérations sur le bétail humain...

DAENINCKX-248x400.jpgPioché dans le très riche livre de Didier Daeninckx, La Mémoire longue (Le Cherche Midi, 2008), ce rappel de quelques vers de Prévert que je ne connaissais pas et qui ne sont pas sans faire écho, chez moi, à cette terrible phrase d’Ernst Jünger dont la profondeur me fascine toujours autant qu’elle m’effraie : « La condition d'animal domestique entraîne celle de la bête de boucherie ».

La réponse de Prévert :

La faim règne sur le bétail
et l’abat
Bétail bovin bétail humain
On ne fait pas de détail
au charnier du Marché commun
La matière première est pour rien.

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04 septembre 2008

Anamnèse, Anthologie des auteurs oubliés

img016.jpgAnamnèse : Petite anthologie des auteurs oubliés. Compte tenu de ma passion, justement, pour bon nombre d’auteurs oubliés, une revue avec un nom comme ça, je ne pouvais pas la rater ! En 2005, un premier volume de cette anthologie avait déjà vu le jour avec, à l’honneur Célestin Bouglé, Paul Fauconnet, Jean Izolet, Arnold Van Gennep et plein d’autres penseurs non négligeables…

Trois ans plus tard, voici le volume 2 avec un sommaire tout aussi passionnant : Ferdinand Brunot, Marcel Déat, Georges Devereux, Marcel Griaule, André Georges Haudricourt, Pierre Janet, Frédéric Le Play, Jules Lequier, Sylvain Levi, Antoine Meillet, Georges Palante, Paul Rivet, Gabriel Tarde, Dominique Zahan.

Et puis retrouver Jules Lequier (présenté par Goulven Le Brech) et Georges Palante (présenté par moi-même) sur le même sommaire me fait particulièrement plaisir !

L’ouvrage coûte 20 € est à commander ici : ANAMNESE IMEC, Abbaye d'Ardenne 14280 St Germain-la-Blanche-Herbe

A noter qu’Anamnèse propose d’autres ouvrages également sympathiques : plus d’infos sur leur site.

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01 septembre 2008

Albert Camus ou l'Espagne exaltée

libro%20frances.jpgEn plein dans la lecture de Albert Camus ou l’Espagne exaltée de Javier Figuero, (éditions Autres Temps), bouquin qui se lit comme un roman et qui retrace parfaitement bien tout ce qui, dans l’œuvre et dans la vie de l’auteur de L’Étranger, le rattache à cette terre mère : l’Espagne.

Je reviendrai certainement très vite sur ce livre (sur le blog ou ailleurs). En attendant, voici une courte citation de Camus (p.66), relativement connue, mais dont l’écho avec le n°5 du Grognard (et avec les textes de Stéphane Prat et Guy Darol notamment) me plait bien :

« Seule l’oisiveté est une valeur morale, parce qu’elle peut servir à juger les hommes. Elle n’est fatale qu’aux médiocres. [C’est sa leçon et sa grandeur]. Le travail, au contraire, écrase également les hommes. Il ne fonde pas un jugement. Il met en action une métaphysique de l’humiliation. »

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21 août 2008

Liberté pour le Tibet

dalai lama.JPGCeux qui avaient trouvé un certain intérêt à l’entretien qu’Éric Rommeluère nous avait accordé dans le n°2 du Grognard (juin 2007) : « Les Bouddhas naissent dans le feu », ne seront pas insensibles à cette information que nous adressent les sympathiques Éditions du Petit Véhicule, information que nous relayons aussi sec :

Vient de paraître :

Liberté pour le Tibet
Discours du Dalaï-lama

« Ce recueil de discours vient raviver et actualiser un combat politique, diplomatique et spirituel dont l’enjeu est, notamment, la survie d’une culture originale, unique et indispensable à l’Humanité toute entière. Les graves émeutes de mars 2008, à Lhassa, ont en effet remis en lumière, malgré les autorités de Pékin, l’oppression subie par le peuple tibétain. Peuple bâillonné depuis l’occupation par les troupes de Mao en 1950, sans cesse attaqué et spolié, sa résistance – incarnée par la figure de son chef spirituel et temporel – est toujours vivace. Plusieurs données ont cependant modifié cette conquête de l’autonomie par la non-violence prônée par le dalaï-lama : l’opinion publique mondiale, l’accession de la Chine au rang de grande puissance économique, la radicalisation d’une partie de la jeunesse tibétaine… »

Co-édition L’Arganier, Paris – Les Éditions du Petit Véhicule, Nantes

Format 13,5 x 21 cm – 150 pages, papier bouffant 80 g. – 15 €.

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20 août 2008

My Lady Nicotine

lady.JPG« Lorsque j’en entends un se vanter de ses " conquêtes " je me détourne avec répugnance. " Conquête " implique un effort ; et parader ainsi pour vaincre l’autre sexe me rappelle le tir au pigeon. » (p.89)

James M. Barrie, My Lady Nicotine, éditions Attila

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Victor Klemperer (4)

klemperer.jpg« Peu de temps après ces conversations et ces considérations, Seliksohn m’apporta deux volumes de Herzl, les écrits sionistes ainsi que le premier tome de son journal, parus respectivement en 1920 et en 1922 au Judischer Verlag à Berlin. Je les ai lus avec une émotion qui confinait au désespoir. La première note à ce sujet dans mon journal fut celle-ci “ Seigneur, protège-moi de mes amis !  ” Dans ces deux volumes, on peut trouver, à volonté, des preuves pour nombre de choses que Hitler, Goebbels et Rosenberg ont reprochées aux Juifs, et ce, sans être prodigieusement habile en interprétation et en déformation. »

 Victor Klemperer, la LTI, la langue du IIIe Reich

Cette partie de la pensée de Victor Klemperer est fondamentale, même si elle est difficile à entendre pour beaucoup. Certes, Klemperer ne confond pas nazisme et sionisme, mais il constate avec justesse que les fondements idéologiques, et la langue employée par les deux doctrines pour asseoir leurs idéologies, sont extrêmement proches.

 Enfonçant le clou, il précise, dans son Journal (V. Klemperer, Mes Soldats de papier, Journal 1933-1941. Je veux témoigner jusqu’au bout, Journal 1942-1945, Le Seuil, 2000.) :

« Pour moi, les sionistes qui prétendent renouer avec l’État juif de l’an 70 après J.-C. (destruction de Jérusalem par Titus) sont tout aussi écœurants que les nazis. Avec leur manie de fouiner dans les liens du sang, leurs “vieilles racines culturelles”, leur désir mi-hypocrite, mi-borné de revenir aux origines du monde, ils sont tout à fait semblables aux nazis. La blague selon laquelle on aurait construit à Haïfa un monument à Hitler portant cette inscription “À notre Herführer” (celui qui nous a conduits ici) est en vérité d’une pertinence profonde et bien peu plaisante. Car en pensée aussi, il est leur Heerführer (guide des armées). C’est ce qu’il y a de fantastique chez les nazis, ils vivent dans une communauté idéologique à la fois avec la Russie soviétique et avec Sion. »

 Qui aujourd’hui, sur un plateau de télévision, par exemple, à une heure de grande écoute, pourrait se permettre de tenir de tels propos ?

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17 août 2008

Victor Klemperer (3)

klemperer.jpg« Le national-socialisme ne veut en aucun cas porter atteinte à la personne, au contraire, il veut l’élever, mais ce n’exclut pas (n’exclut pas pour lui !) qu’il la mécanise en même temps : chacun doit être un automate entre les mains de son supérieur et de son Führer, et être, en même temps, celui qui appuie sur le bouton de démarrage des automates qui lui sont subordonnés. De cette construction qui dissimule le caractère généralisé l’asservissement et de la dépersonnalisation résulte la, profusion, dans la LTI, de tournures appartenant au domaine technique, la foule de mots mécanisants. » 

Victor Klemperer, LTI, la langue du IIIe Reich.

 

Cette question du rapport entre « individualité » et « holisme » est sans doute une des plus complexes – et une des plus fondamentales – en ce qui concerne le nazisme. Il est sans doute trop facile de réduire le nazisme à un phénomène purement grégaire, de la même manière qu’il est absurde, un peu comme le fait louis Dumont dans son Essai sur l’individualisme, de s’attacher à démontrer que le nazisme n’est qu’un des premiers avatars des méfaits de l’individualisme dont souffrent de plus en plus nos sociétés. La lecture que Klemperer fait du nazisme, mélange d’élévation et d’aliénation de l’individu, mérite qu’on s’y attarde, car elle a l'intelligence de proposer une alternative non négligeable aux simplifications qui ont ordinairement lieu en ce domaine.

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14 août 2008

Thierry Guérin, Le Long des jours silencieux

GUERIN.jpg

Voici le compte rendu d'un livre que j'avais beaucoup aimé, écrit par un collaborateur du Grognard : Thierry Guérin. Ce compte rendu n'avait pas été retenu à l'époque par La Presse Littéraire.

Le long des jours silencieux, Thierry Guérin, éditions Thélès, 2006.

 Je me rappelle une conversation surprise au détour d’un couloir d’une administration, il y a quelques années de cela. Deux femmes, cadres dynamiques âgées d’une petite cinquantaine d’années, élégamment vêtues, permanentées, manucurées, maquillées, échangeaient avec passion sur leurs vacances passées. Soudain l’une dit à l’autre : « Moi, ce que je préfère, tu vois, c’est partir dans le désert, car le désert tu comprends, c’est tellement… c’est si… en fait c’est merveilleux le désert parce que, là-bas, il n’y a rien ! » Et quand la nullité rencontre le rien, on frôle le plongeon dans le néant a-t-on envie d’ajouter…

Avec son premier roman, Le long des jours silencieux, Thierry Guérin nous entraîne lui aussi dans le désert, mais pas dans un désert de pacotille, espace de jeu branché pour citadins en manque de frissons et d’expériences originales à raconter aux collègues de bureau. Non, le désert, le vrai, celui où l’on se perd pour mieux se retrouver.

L’histoire ? Elle est toute simple : c’est celle d’Ijo, un jeune européen qui digère mal une récente rupture sentimentale, et qui rêve de découvrir la cité mystérieuse de Chinguetti. Sur place, il accepte la proposition qui lui est faite d’effectuer le trajet à pieds, en traversant le désert, accompagné seulement d’un guide, Ali, et de deux dromadaires.

Écrit dans un style déjà très maîtrisé, le livre de Guérin empoigne son lecteur dès les premières lignes et l’emporte tranquillement mais sûrement, au fil des pages, jusqu’à la découverte finale, treize jours plus tard, de la lointaine cité de Chinguetti. Et pourtant, l’auteur ne fait appel à aucun des artifices usités trop souvent par nos romanciers contemporains. Nul rebondissement spectaculaire, nul suspens. Rien de scabreux non plus ni d’aguicheur. Pas de sexe, désolé pour les amateurs, ni de meurtre. Ijo est un homme tout ce qu’il y a de plus ordinaire, bien éloigné des héros romanesques dont on nous abreuve aujourd’hui, de ces personnages excessifs et caricaturaux qui ne font rien comme le commun des mortels, qui vivent tout plus intensément que les autres et dont les destins improbables nous agacent plus qu’ils ne nous impressionnent.

La langue de Guérin est pleine de pudeur, de douceur et de retenue. Sachant être graves sans être pesantes, poétiques sans être exagérément léchées, ses phrases caressent le réel avec délicatesse. Au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture du volume, les caractères des personnages s’éclairent peu à peu : Ijo, avec toutes ses ambivalences, à la fois avide de solitude, et en même temps si soucieux de ceux qui croisent son chemin, cachant sa timidité et ses doutes derrière une brusquerie ronchonneuse qui disparaît au premier sourire reçu ; Ali, le guide, personnage discret et apparemment prisonnier d’une culture et de rituels qui ne laissent guère de place à l’individualité et qui s’avère être un compagnon beaucoup plus riche et complexe qu’on aurait pu le penser.

Seul bémol à mon goût : les récurrentes lamentations du héros sur son amour perdu (et sur les souffrances que lui imposent ses souvenirs) qui ne représentent pas ce qu’il y a de plus convaincant dans l’ouvrage. C’est très « littéraire » comme amour, très fleur bleue et certaines pages trouveraient mieux leur place dans le journal intime d’une adolescente que dans un roman de cette qualité. On peut être pudique sans être convenu et on peut regretter qu’un auteur qui a si subtilement compris « l’âme » du désert se montre aussi basique en matière de dissection des sentiments. Mais ce n’est qu’un détail.

Quoi qu’il en soit, Le long des jours silencieux constitue une belle invitation au voyage qui nous transporte dans un univers plein d’humanité, dans un monde fragile où l’homme, étonnante créature, aussi magnifique que superflue, est amené à reconsidérer tous les fondements de ses certitudes.

Bref, un très agréable premier roman d’un jeune auteur qui n’en restera forcément pas là et dont nous attendons avec impatience les prochaines productions.

Stéphane Beau

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