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23 janvier 2011

LES FAITS DIVERS DE JEAN BILLAUD

9782915723489_large.jpgQu’il est simple d’écrire des nouvelles !

 

C’est ce que je me disais en lisant Faits divers ou les mouvements imprévus, recueil de Jean Billaud dernièrement paru aux éditions Durand-Peyroles. Tellement simple, oui : il suffit juste d’arrêter son regard sur un événement, un instant de vie, un personnage, et de rester planté là, tranquille et confiant, à attendre que le réel dérape, que le doute s’installe, que l’angoisse s’immisce bref, que l’histoire se déploie et s’offre à nous, prête à glisser sous notre plume.

 

Tellement simple… en apparence, car rien n’est plus compliqué, en réalité, que de générer le trouble chez le lecteur avec une économie de moyens aussi radicale que celle à laquelle s’astreint Jean Billaud. N’attendez pas de coups d’éclats dans ses nouvelles : pas de cascades ni de flots de sang, pas d’intrigues complexes ni de rebondissements incroyables. À chaque fois, l’auteur se contente juste d’un petit glissement dans le réel, d’un infime décalage dans la vie d’un quidam moyen, bref d’un fait divers, pour aller explorer les zones d’ombres qui nous environnent toutes et tous, inconsciemment la plupart du temps. Car si certains de ses héros flirtent parfois avec le surnaturel, la plupart sont des êtres aussi tristement banals que vous et moi (enfin vous, je ne sais pas, mais moi, je confirme) : un professeur qui perd la tête et dont tout le monde se moque, un angoissé qui découvre sur le tard les joies du voyage, un frère et une sœur qui se retrouvent via un site de rencontres, un touriste qui s’égare dans le dédale des rues d’une ville inconnue…

 

Il faut bien admettre que le fil de l’intrigue est toujours tellement ténu qu’il en devient parfois limite insuffisant et qu’une ou deux nouvelles (« La Salade n’était pas sur la table », par exemple ou « Le Locataire de la chambre 9 ») nous laissent au bout du compte un peu sur notre faim. Mais comme l’auteur sait, pour chaque histoire, créer une ambiance originale et attachante, on ne s’agace finalement pas tant que cela de ces chûtes qui n’en sont pas et qui relèvent, la plupart du temps, plus du clin d’œil que du coup de théâtre : on se laisse emporter par la simplicité et l’humanité qui émanent de toutes ces tranches de vies, de tous ces instantanés qui nous parlent avec beaucoup d’intelligence et de subtilité de ces drôles de bêtes que sont les humains.

 

Stéphane Beau

 

Faits divers ou les mouvements imprévus, Jean Billaud, éditions Durand-Peyroles, 2011.

22 janvier 2011

LE MAGAZINE DES LIVRES N°28

img636.jpgLe numéro 28 du Magazine des livres est disponible.

Outre une instructive étude sur les écrivains réactionnaires, on y trouvera un article captivant sur le "mystère B. Traven", un entretien alcoolisé avec Laurent Lèguevaque et une étude sur Tolstoï ("Léon Tolstoï ou le malheur d'être né comte"). Le sommaire complet sera sur le site du Magazine des livres d'ici quelques jours.

Pour ma part, dans ce numéro, je rends compte de deux livres : Sur le Caillou, de Goulven Le Brech (éditions du Petit Pavé) et Noir Diptyque de Jean-François Dormois (éditions Le moule à gaufres)

19 janvier 2011

UN PETIT TOUR DE MANEGE...

img628.jpgPierrick Hamelin est resté un grand enfant, et c’est avec beaucoup de malice qu’il nous entraîne dans son Manège, titre de son dernier roman, tout juste paru aux éditions Perséides.

 

Ce roman, dont le héros est un artiste vieillissant qui, propulsé gardien de manège à Prague, organise une fête avec tous ses anciens amis pour fêter son quatre-vingtième anniversaire, est une merveille d’intelligence et d’humanité. Tout tourne (c’est le cas de le dire) autour du concept nietzschéen de l’éternel retour, et l'équilibre entre la dimension romanesque et la dimension philosophico-métaphysique est parfaite, les personnages sont crédibles et attachants et toutes les allusions directes ou indirectes aux boucles, cercles, ronds, sont juste comme il faut, ni trop pesantes, ni trop légères. Bravo !

 

J’en recauserai plus longuement d’ici peu…

18 janvier 2011

ENCYCLOPEDIE DE L'ECHEC SENTIMENTAL

img629.jpgEn ce début d’année 2011, Khun San est de retour avec un nouveau livre publié par les éditions Asphodèle : Encyclopédie de l’échec sentimental.

 

On retrouve, dans ce recueil de 26 nouvelles, qui égrène de A à Z, les « râteaux », les amours mortes, les idées de meurtres et les « je-t’aime-moi-non-plus », ce style toujours un peu oppressant qui la caractérise et cette ambiance « entre deux rêves du matin, là ou le possible et l’infini sont encore mêlés au vague laissé libre par le départ des songes ».

 

Oppressant le style souvent, certes, mais bourré d’humour. Car l’auteure a le sens de la formule qui fait mouche. Jugez plutôt : « …, dit l’homme, et sans accent » ; « A y regarder de près, c’était une ville comme les autres, une ville à perte de visages » ; « 23h15, l’heure d’aller nulle part, mais parfumée »…

 

A savourer sans modération (je vous conseille la lettre X qui est une merveille de composition).

 

Pour toute commande, la caisse est ICI.

17 janvier 2011

CHERIBIBI N°6

cheribibi-grande-couv-6.gifBelle découverte de ce début d’année : Chéribibi, magazine difficile à définir, fanzine littéraire de belle facture, dopé au rock vaudou, au polar porno et au kung-fu féministe. Farpaitement !

 

Au sommaire du sixième numéro, consacré à la boxe, nous avons le plaisir de croiser Ian Geay, le chef d’orchestre de la revue Amer (dont l’esprit est effectivement très proche). Parmi les amis, signalons également la présence de Thomas Vinau qui s’attaque, dans cette livraison, à un genre inhabituel pour lui : la nouvelle. Et je ne sais pas pourquoi, mais mon petit doigt me dit que ce coup d’essai ne demeurera pas sans suite…

 

Et puisque nous parlons du sommaire, notons pour finir deux très instructifs entretiens avec derrick Morgan, grand bonhomme du reggae, et avec Angelo Dundee, entraîneur de Muhammad Ali.

 

A découvrir d’urgence, ICI.

 

Et pour le sommaire complet du n°6, c'est par là.

10 janvier 2011

CARNET ROSE DE L'ARISTOCRATIE

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Depuis le temps qu'ils fricotaient ensemble, on se doutait bien qu'ils allaient nous faire un petit... Eh bien c'est fait !

Les parents (Marc Villemain et Eric Bonnargent) vont bien et le bébé se prénomme Anagnoste et on peut lui aller le saluer ICI.

Nous souhaitons une belle aventure à ce nouveau blog.

(A noter que nous découvrons par la même occasion, et avec plaisir, que le prochain livre de Marc Villemain doit paraître en mai 2011 aux éditions Quidam. Affaire à suivre).

08 janvier 2011

ARTS ET RESISTANCES N°3

gt3.JPGEt de trois !

 

Le n°3 d’Arts et Résistances, la revue des éditions Gros Textes, est disponible. Et le joyeux mélange d’insoumission et d’amour de la littérature qui caractérise cette publication ne peut que plaire aux grognards que nous sommes.

 

Plein de belles choses au menu de cette revue qui considère « toujours que la culture (et la poésie dans la culture) c’est ce qui permet de se choisir politiquement » (Yves Artufel, p.1)

 

Quelques pépites, piochées au hasard :

 

« Au fond, Dieu veut que l’homme désobéisse. Désobéir, c’est chercher. » (Victor Hugo, in « Désobéir » de Jean-Christophe Belleveaux, p.36)

 

courage on y vient

patience on y viendra

au banal au dérisoire

à la révolte étouffée

à la fin du rire et de la dérision

quand luxe et cynisme

occuperont tout le terrain

(Georges Cathalo, « Quotidiennes pour résister », p.54)

 

Et un petit clin d’œil, pour finir à Alain Sagault qui publie La Charte de l’homme moyen, texte qu’il avait eu la gentillesse de nous confier en avant-première sur Non de non il y a quelques mois de cela.

 

Le Sommaire et les modalités d’achat sont détaillés ICI.

31 décembre 2010

RETOUR SIMPLE

img586.jpgUne note rapide pour vous signaler la toute fraîche publication de Retour simple, un très beau roman de Stéphane Prat aux éditions Asphodèles (qui, du même auteur, avaient déjà édité l’année dernière un recueil de textes poétiques intitulé L’Ardoise)

 

A mi-chemin entre le polar et le roman psychologique, voire même philosophique, Retour simple est un roman aux multiples facettes qui vous entraînera dans des réflexions et des ruminations allant bien au-delà du déroulé de la simple intrigue.

 

L’histoire ? Elle se passe à Saint-Malo, un soir pluvieux de Noël. On y croise un évêque, une panthère rose, un père Noël philosophe et un mystérieux Maître Eckhart. Et tout ce petit monde nous embarque dans un univers décalé où les humains sont décidément trop humains…

 

Une des belles surprises de cette fin d'année.

 

L’auteur présente son travail ICI.

 

Et pour commander l’ouvrage, passez par LA.

28 décembre 2010

LES INACTUALITES DU JOUR...

img589.jpgAujourd’hui, suite des avis de naissances. C’est l’occasion de saluer le merveilleux remarquable travail de deux amoureux des livres aussi discrets que remarquables, autant par leurs publications que par leur gentillesse et leur érudition : Guillaume Zorgbibe (responsable des éditions du Sandre) et Nicolas Leroux (responsable de la revue L’œil bleu).

 

Le premier vient de rééditer, dans un très élégant format à l’italienne, deux textes de Han Ryner : L’individualisme dans l’Antiquité et De Diverses sortes d’individualisme. Ces deux écrits, indispensables pour bien comprendre la portée de la sensibilité individualiste de ce grand oublié de la pensée, sont présentés par notre Grognard de service C. Arnoult. Avec notre numéro de décembre, lui aussi consacré à Han Ryner, et intitulé Comment te bats-tu, on ne peut que se réjouir du retour à l’actualité de ce penseur fin et aux jugements encore très percutants.

 

img588.jpgLe second (Nicolas Leroux, donc) a dernièrement publié le douzième numéro de L’œil bleu (décembre 2010). Signalons, parmi les différents articles proposés un très instructif portrait de « Michel Féline, un oublié du symbolisme » établi par Mikaël Lugan (tiens ! encore un Grognard… Décidément, nous sommes en famille…). Egalement un très bienvenu coup de projecteur sur un autre grand défenseur de l’individualisme en anarchie : Gérard de Lacaze-Duthiers, collaborateur régulier de l’En Dehors où il côtoie… Han Ryner ! Eh oui, eux aussi sont en famille !!!

27 décembre 2010

AUJOURD'HUI C'EST POESIE...

img587.jpgPlein de livres à signaler, en cette fin d’années (des idées cadeaux pour les retardataires) mais guère de temps pour faire de longs discours.

 

Aujourd’hui, c’est poésie, avec deux fraîches parutions qui me permettent au passage de saluer chaleureusement deux maisons d’éditions amies Le Petit Pavé et Le Petit Véhicule.

 

Le premier ouvrage s’intitule Le Chagrin et l’oiseau perdu de Luc Vidal (éditions du Petit Véhicule). Superbe volume relié à la chinoise, évoluant entre rêve et réalité, et magnifiquement illustré par Nicolas Désiré Frisque (dont le trait n’est pas sans rappeler celui de d’Alfred Kubin ou d’Odilon Redon).

 

img591.jpgLe second, signé Jean-Claude Lamatabois, est intitulé Malgré le vent (éditions du Petit Pavé). Au moins deux lecteurs dont j’apprécie les avis (Goulven Le Brech et Michel L’Hostis) m’ont parlé de « chef-d’œuvre » en parlant de ce vaste roman en vers où l’auteur, irradié en 1966 à Mururoa lors d’essais nucléaires, expose avec une grande humanité son tête à tête permanent avec la mort (il a du faire face à six cancers). Je compte sur Goulven ou Michel – ou d’autres – pour venir étayer un peu cette trop lapidaire chronique !

 

La suite demain…