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23 octobre 2011

ROSSET ET LES ANAGNOSTES...

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Pour faire suite à notre note du 21 octobre, consacrée à un compte rendu du Grognard spécial Rosset paru sur le blog Issue21, nous vous proposons de lire le texte complet de la contribution d'Eric Bonnargent à ce numéro (coordonné par Stéphane Prat) sur le blog de L'Anagnoste.

22 octobre 2011

KOESTLER ET LE SENTIMENT OCEANIQUE

zero.jpgDeux extraits issus du Zéro et l’infini d’Arthur Koestler, en complément du dernier numéro du Grognard consacré au Sentiment océanique.

« Il lui arrivait de réagir à l'improviste à une mélodie et même au simple souvenir d'une mélodie, aux mains jointes de la Pietà, à certaines scènes de son enfance. Ses harmoniques répondaient à certains appels comme à un diapason, et, une fois ces échos éveillés, il se produisait un de ces états que les mystiques appellent " extase " et les saints " contemplation " ; les plus grands et les plus posés des psychologues modernes avaient reconnu comme un fait l'existence de cet état et l'a­vaient appelé " sentiment océanique ". Et en vérité, la per­sonnalité s'y dissolvait comme un grain de sel dans la mer; mais au même moment, l'infini de la mer semblait être con­tenu dans le grain de sable. Le grain ne se localisait plus ni dans le temps ni dans l'espace. C'était un état dans lequel la pensée perdait toute direction et se mettait à tourner en rond, comme l'aiguille de la boussole au pôle magnétique ; et en fin de compte, elle se détachait de son axe et voyageait librement à travers l'espace, comme un faisceau de lumière dans la nuit ; et il semblait alors que toutes les pensées et toutes les sensa­tions, et jusqu'à la douleur et jusqu'à la joie, n'étaient plus que des raies spectrales du même rayon de lumière, décomposé au prisme de la conscience. »

« Apparemment, même un coin de ciel bleu suffisait à pro­voquer " l'état océanique " »

21 octobre 2011

LE GROGNARD, SOLITAIRE OU SOLIDAIRE !

issue21.JPGStéphane Prat nous signale l’article ci-dessous, paru sur le site Issue21 (Revues et création) le 17 mars 2011. Merci à l’auteur (anonyme) de cet article.

* * *

La revue Le Grognard a été fondée au 21e siècle mais aurait très bien pu l’être au 19e. C’est d’ailleurs plus ou moins ce que proclame la charte de l’association du même nom où se mêle des formules qui sentent la nostalgie comme d’autres la naphtaline : « loin des modes, des avant-gardes », « trésors oubliés », « résolument inactuel », « revues mythiques du 19e siècle »… Le Grognard a des yeux à l’arrière du crâne. Mais il ne faudrait pas pour autant faire de lui un soldat de l’arrière-garde. De sensibilité anarchiste et individualiste, c’est plutôt un irréductible poète qui pense ce qu’il veut, quand il en a envie, à l’écart, et qui préfèrerait ne pas écrire plutôt que d’écrire ce qu’on lui dicte.

Les noms qui émaillent les sommaires des seize numéros et autres publications dérivées parus depuis 2007 forment donc une sorte de manifeste à relier selon les pointillés. On y croise nombre de figures rebelles méconnues, qu’elles soient philosophes comme Georges Palante, penseurs à contre-courant, ou encore anarchistes et libertaires américains (Lucy Parsons, Margaret Fuller, W.-L. Garrison, Jerry Farber…). Le titre du numéro spécial de mars 2008 résume je crois assez bien la nature du Grognard : Solitaire ou solidaire.

Il n’est donc pas étonnant de trouver un certain Clément Rosset à la une de la quatorzième livraison (juin 2010).

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Rosset (né en 1939) est un philosophe des bords de route, un franc-tireur, connu pour deux de ses penchants : sa méthode d’écriture qui consiste à convoquer dans ses essais des références souvent assez (voire très) éloignées à première vue du domaine philosophique, et son travail passionnant sur le réel débuté en 1976 par son désormais fameux Le réel et son double.

Rosset explique très bien lui-même sa démarche, laquelle est détaillée dans un article paru sur Fabula : « Certains pensent qu’entre deux citations de Heidegger faire intervenir un mot d’un album de Tintin et Milou est une manière de se moquer du monde, et de Heidegger en particulier. Au contraire, je ne vois pas en quoi ce serait amoindrir Heidegger que de le faire succéder ou précéder par Hergé. Je pense en outre qu’il y a une profonde pertinence dans ce rapprochement qui me sert à éclairer ce que je veux dire. »

Cette façon de faire de la philosophie, mise en œuvre par un homme qui se veut autant écrivain que philosophe, est mise au service d’un objectif qui prend tout son sens à partir du Réel et son double : la critique en règle de la métaphysique. Trop souvent on crée un double au réel (une représentation) en croyant débusquer son sens alors qu’il n’en a pas et se suffit à lui-même. C’est notre façon de se protéger de lui. Or c’est un piège et le meilleur moyen en s’éloignant du réel de se perdre soi-même. Le réel est ce qui n’a pas de double, il est unique (dit autrement : il est idiot). C’est l’illusion qui est double.

A cet égard, l’article le plus intéressant du numéro 14 du Grognard est sans conteste celui d’Éric qui à la façon de Rosset ose un rapprochement dont on aurait difficilement pu se douter : la pensée de Rosset et celle du poète Alberto Caeiro, l’un des principaux hétéronymes de Fernando Pessoa, auteur notamment du Gardeur de troupeaux.

Comme Rosset s’oppose à la métaphysique qui cherche quelque chose (un sens) là où il n’y a rien, Caeiro, qui d’après ce qu’on sait de lui est un homme simple, ignore tout mysticisme ou occultisme poétiques. Ses vers d’une limpidité extrême en témoignent :

Pour moi, grâce à mes yeux faits seulement pour voir,
Je vois l’absence de signification en toute chose ;
Je vois cela et je m’aime, puisque être une chose c’est ne rien signifier du tout

Le réel est sans qualités. Il est. Tel est le principe d’identité défini par Rosset : A est A.

Le papillon, est, sans plus, papillon
il n’est pas vert, c’est le vert qui est vert

La tautologie élimine le double du réel, ce qui le parasite en croyant lui donner du sens. De toute façon :

Penser c’est avoir mal aux yeux

Caeiro comme Rosset privilégie les sensations sur la raison :

Moi je n’ai pas de philosophie : j’ai des sens…
Ou :
La lumière est pour moi une réalité immédiate

Caeiro croit à la joie, à l’adhésion consciente au réel dont Rosset a traité dans La Force majeure. Rien ne sert d’espérer, le réel est tel qu’il est. C’est en fréquentant le tragique des choses que la joie peut advenir :

L’effarante réalité des choses est ma découverte de tous les jours

Cet article est une merveille. En organisant la tranquille collision de deux écrivains que tout oppose à première vue (y compris dans leur existence physique), il révèle les deux œuvres d’une façon inattendue. Chacune est éclairée à la lumière de l’autre. Le procédé est-il fondé ? On s’en moque. La lecture et la pensée sont choses intimes avant d’être science. Peu importe la preuve. Voilà l’expérience grandeur nature de ce que Pessoa/Alvaro de Campos écrivait au sujet de Caeiro : je sentis de façon charnelle que j’étais en train de discuter, non avec un autre homme, mais avec un autre univers.
Voilà le plaisir qu’on est à-même de ressentir au contact de toute œuvre, de tout être.

17 octobre 2011

LE GROGNARD SUR FRANCE CULTURE

France-Culture.jpgAndré Chabin a eu la gentillesse de dire du bien du Grognard n°19 sur France Culture, dans l'émission "La Dispute" du 7 octobre dernier.

L'émission peut être réécoutée ICI. (La chronique revue commence dans le dernier quart de l'émission)

(Merci à Aude P. qui nous a transmis le lien)

04 octobre 2011

LUDOVIC DUGAS IS BACK...

img066.jpgDans le n°55 de Théolib, Marie France David – de Palacio consacre un long article à Ludovic Dugas, cet ami de Georges Palante et de Louis Prat, un de ces grands oubliés de l’histoire des idées auquel nous avions nous aussi consacré quelques pages dans le numéro spécial du Grognard intitulé « Georges Palante et la génération honnie ».

Dans son article,  intitulé « Dissoudre et conserver, débat entre un libre-penseur et un protestant à la fin du XIXème siècle », M.F. de Palacio revient en détail sur une querelle intellectuelle qui a opposé, entre 1898 et 1899, dans les colonnes de la Revue philosophique de la France et de l’étranger, Ludovic Dugas et le docteur en théologie Henri Bois, querelle portant essentiellement sur l’opposition entre la foi et la raison.

Belle occasion de redonner un peu de vie à ce sympathique penseur. Et occasion rêvée, pour nous, de le citer : « Le philosophe se félicite d’être un déshérité de la grâce, en constatant à quel point le sens de l’humanité est atrophié chez ceux qui s’attribuent le sens du divin ».

Merci à M.F. de Palacio pour nous avoir fais parvenir un exemplair de Théolib et pour avoir eu la gentillesse de faire référence au Grognard dans son travail.

01 octobre 2011

LE GROGNARD AU SALON DE LA REVUE

Typon-couleur-2011-HD.jpgLes 15 & 16 octobre, Le Grognard sera au 21ème Salon de la Revue, à Paris, Espace des blancs manteau, 48, rue vieille du temple. Nous espérons que vous serez nombreux à venir nous rencontrer.

29 septembre 2011

TOUT EST A NOUS...

Gilles Bounoure dit du bien du Grognard n°18, consacré aux textes enflammés de Jean-Pierre Guillon, dans le numéro 116 (22 septembre 2011) de Tout est à nous.

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Cliquez sur l'image pour l'agrandir

28 septembre 2011

L'INTIME CHEMINEMENT DE TANGUY DOHOLLAU

Le Grognard a le plaisir de vous annoncer la parution de

Intimes cheminements et mémoire du monde

 

img036.jpgLivre bilingue (franco-italien) de Brigitte battel sur Pas à pas, à l’écoute du silence, roman graphique de Tanguy Dohollau paru en 2009 aux éditions Des ronds dans l’O.

L’ouvrage comporte une vingtaine de dessins de Tanguy Dohollau.

Les auteurs :

Tanguy Dohollau dessine et peint. Il est né en 1958 à St Brieuc. Ses réalisations graphiques sont présentées tant en France qu'en d'autres pays depuis 1976. Il accompagne avec ses dessins des publications depuis le début des années 1980. Il est également auteur de livres dont : Par les grèves publié aux éditions Apogée en 2003 et Pas à pas, à l'écoute du silence publié aux éditions Des ronds dans l'O en 2009 qui fait l'objet de cette étude par Brigitte Battel.

 Brigitte Battel est professeur « ordinario » de Linguistique française à l'Université de Cassino (Italie) où elle enseigne Langue française et traduction. Sans abandonner son intérêt pour la littérature française et principalement pour la première partie du XIXe siècle (traductions de Charles Nodier et Balzac), elle a orienté depuis quelques années ses recherches vers l'étude diachronique des langues spéciales, notamment dans le domaine économique.

 Prix 12 €. Pour toute commande, nous envoyer un mail ICI.

25 septembre 2011

LE GROGNARD 19 ET LE SENTIMENT OCEANIQUE

LE GROGNARD N°19.JPGLE GROGNARD n°19 (septembre 2011) est disponible

 

SOMMAIRE :

 C. Arnoult & Goulven Le Brech : Freud, Romain Rolland et nous... (p. 3-10)

 Henri Michaux : Ma vie s'arrêta, poème en prose (p. 11)

 Pierrick Hamelin : John Cowper Powys, entre la pierre et les étoiles... (p. 12-17)

 John Cowper Powys : Apologie des sens  (p. 18-19)

 C. Arnoult : Tessons matérialistes  (p. 20-22)

 Édith de la Héronnière : Trois Impromptus : Une aube en Castille ; Le vase des Cyclades ; Instantané  (p. 23-29)

 Henri Droguet : Chaos quatre à quatre : Ariette , Petits papiers (soliloque), Tumulte, Chaos quatre à quatre, Sismographies, Hargne, Pour tout dire (p. 30-37)

 Damien Dubessec : Prenez le poumon, retournez-le comme un gant... (p. 38)

 Patrick Corneau : Le perpétuel contre l'éternel. Sentiment et pensée océanique dans l’œuvre de Jean Grenier  (p. 39-47)

 Jean Grenier : Le goût de l'Absolu  (p. 48-50)

Geneviève Bianquis : Élévation, poème (p. 51)

 Jean Levi : Le sentiment océanique chez Tchouang-tseu (p. 52-70)

 Tchouang-tseu : La musique de l'empereur Jaune  (p. 71-73)

 DU CÔTÉ DES LIVRES

C. Arnoult, Goulven Le Brech : Du côté des livres (p. 80-84)

 

Comme d’habitude, l’exemplaire coûte 10  et peut être commandé par mail ICI.

Et un grand merci à Goulven et à Clément pour le travail fourni sur ce numéro.

Nous rappelons enfin aux Parisiens qu’une soirée au tour de ce dernier numéro est prévue le 27 septembre.

12 septembre 2011

LE GROGNARD SE BALADE...

img037.jpgAvec le Petit Pavé, Le Grognard sera présent, ces prochains mois :

- les 16, 17 et 18 septembre à la fête de l’Humanité (La Courneuve, 93)
- les 8 et 9 octobre à la 25ème heure du livre (Le Mans, 72)
- les 8 et 9 octobre au salon de Corsept (44)
- les 15 et 16 octobre au salon de Blois (41)
- les 22 et 23 octobre au marché de Saint Rémy la Varenne (49)
- les 19 et 20 novembre au salon du livre de Guérande (44)
- les 18, 19 et 20 novembre au salon L’Autre livre (Paris, 75)
- le 18 décembre à Noëlivre (Saint Jean des Mauvrets, 49)

 

Pour plus de détails, n’hésitez pas à nous contacter.