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26 mars 2012

EXPOSITION ANDRÉE LAVIEILLE

Exposition Andrée Lavieille.jpgHenri Cambon, spécialiste de Bernard Marcotte dont il réédite les œuvres (Marcotte était également au sommaire du n°20 du Grognard) nous signale une exposition des œuvres d’Andrée Lavieille (1887-1960) qui était à la fois une amie de Marcotte et la grand-mère d’Henri Cambon.

Pour connaître tous les détails de cette exposition (qui s’étendra du 7 avril au 8 mai 2012), cliquez sur l'image pour l'agrandir.

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25 mars 2012

LADY DI CHEZ LES GROGNONS...

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre d'Yves Le Manach et qui hésiteraient encore à commander notre nouveau Grognard, voici en cadeau-bonus (pas Bonux) un Artichauts supplémentaire.

(PS : j'ai recherché sur le net la photo la plus ringarde possible de Lady Di, mais il y avait tellement de choix. On peut ouvrir un concours, d'ailleurs, si ça vous amuse. Un livre gratuit à celle ou celui qui trouvera pire (mettons avant le 15 avril : le comité de lecture de la revue désignera le gagnant ! S.B.)

 

lady di.jpg

ARTICHAUTS DE BRUXELLES,  vol. 9

Série Squares et Jardins

Bruxelles, mai 1997

 

LADY DI & MOI

 J’arrive à un âge où je peux prétendre avoir connu quelques lieux de travail, que ce soit dans la banlieue parisienne ou dans la région bruxelloise. Les usines où j’ai travaillé se situaient, pour la plupart, dans des quartiers ou des banlieues industrielles. Ils transpiraient, par leur ambiance et leurs poussières “la prolifération osseuse” et nostalgique des fabriques du début de ce siècle.

 

Pourtant j’ai eu l’occasion de travailler, pendant quelques années, dans une zone industrielle de l’est de Bruxelles. C’était un quartier aéré, les entreprises étaient entourées de pelouses et des églantiers odorants bordaient les trottoirs.

L’entreprise où je travaillais était entourée de haies de rosiers qui fleurissaient de la fin du printemps jusqu’au mois de novembre. Il y avait un châtaignier dont nous mangions les fruits à l’automne après les avoir cuits au chalumeau. Des lapins couraient sur les pelouses et des pies venaient jacasser dans le peuplier. Le seul défaut de l’histoire consiste dans le fait que les ateliers n’avaient pas de fenêtres. Pour bénéficier de cet environnement nous devions nous rendre dans le bureau des gardiens ou au réfectoire.

 

Ce matin-là, précisément, nous nous tenions dans le réfectoire où avait lieu la réunion mensuelle du comité d’hygiène et de sécurité. C’était l’hiver et par les larges baies vitrées nous pouvions voir les flocons de neige s’abattre en rafales sur les squelettes des rosiers.

C’était une journée un peu exceptionnelle pour l’entreprise. En effet, la princesse Lady Di se déplaçait spécialement d’Angleterre pour visiter une nouvelle division qui venait de s’ériger sur le site. Même si cet événement ne le concernait pas directement, le personnel était très excité.

Notre directeur, qui était le président du comité, et qui n’était pas convié aux festivités, nous demanda ce que nous pensions de cette visite. J’appartiens à un peuple qui a guillotiné un roi et les déplacements des têtes couronnées de ce monde ne me procurent aucune bouffée de chaleur. Aussi c’est avec soulagement que je vis J., la déléguée des employés, prendre la parole.

- Vous savez, Monsieur le directeur, nous autres, les princesses... Espérons seulement qu’elle change de petite culotte plus d’une fois par semaine!

Cette remarque fit sourire le directeur.

- Vous aussi vous avez regardé cette émission!

Il faisait référence à De Chavanne qui, quelques jours plus tôt, avait invité sur son plateau des personnalités typiquement bruxelloises parmi lesquelles une marchande de caricoles, la dame pipi de la place de Brouckère... sans oublier Noël Godin, l’entarteur et son complice Robert Dehoux. Tous deux s’étaient livrés à quelques facéties dadaïstes, soutenant, entre autres choses, que la reine Fabiola ne changeait de petite culotte qu’une fois par semaine. Il n’y avait pas de quoi fouetter un chat, pourtant cette émission semblait avoir blessé les Bruxellois.

La représentante du SETCA, qui n’était pas dadaïste, en serait devenue plus belge qu’il n’était nécessaire :

- Mais c’est dégoûtant de laisser des gens pareils parler à la télévision. Non seulement ils sont vulgaires, mais ils ne représentent pas les bruxellois! Déjà que les Français n’arrêtent pas de raconter des blagues sur les Belges, alors si nous-mêmes en rajoutons, où allons-nous?

Le directeur, qui ne semblait nullement offusqué par les provocations dadaïstes, avait l’air déçu par cette opinion qu’il jugeait conformiste:

- Mais vous savez, Robert Dehoux est un homme très intelligent et très intéressant. Il a tenu autrefois un restaurant où il affirmait à haute voix que Paul Valéry était un con. Mais comment donc s’appelait ce restaurant?

La réunion prenait une tournure pittoresque. Je sais bien que j’aurais dû me taire, ne pas laisser apparaître ma vie secrète de prolétaire dans le cadre d’un rapport de classes. Mais c’était la première fois que je voyais aborder un tel sujet dans une réunion avec la direction et je ne pus m'empêcher d’intervenir.

- Vous voulez certainement parler de l’Estro Armonico, Monsieur le directeur!

- Oui, en effet, l’Estro Armonico! On y mangeait d’ailleurs très bien. Mais dites-moi, Monsieur Le Manach, comment savez-vous cela?

Le piège se refermait sur moi. J’allais être démasqué, non seulement aux yeux de la direction, mais aussi aux yeux de mes camarades syndicalistes.

- Robert Dehoux et Noël Godin sont mes amis, Monsieur le directeur.

- Ah bon! Mais vous ne me l’aviez pas dit! Comme c’est intéressant!

Bien sûr le directeur ne devait pas donner suite à son intérêt. Peut-être était-ce préférable. Il eût été malsain, autant pour l’entreprise que pour les conventions sociales, qu’un directeur conviât dans son bureau un délégué de la FGTB afin de discuter de dadaïsme ou de situationnisme. Pourtant je fus bien obligé de constater que, culturellement parlant, j’étais plus proche de l’ennemi de classe que de mes alliés du prolétariat. Je pouvais vérifier une fois de plus l’état d’exclusion culturelle dans laquelle se trouvait la classe ouvrière.

Devais-je me culpabiliser pour avoir fait de la collaboration de classe en intervenant d’une façon inopinée ? Était-ce le directeur qui avait manqué à son rang social en marquant son intérêt pour des attitudes dadaïstes? Était-ce Robert Dehoux et Noël Godin qui avaient entretenu l’ambiguïté par leur attitude intellectuelle? Pourtant n’est-ce-pas le propre d’une attitude intellectuelle que de cultiver le doute et d’entretenir l’ambiguïté ? Mais ne s’agissait-il pas, tout simplement, d’une manifestation visible de la séparation sociale ?

Quatre berlines noires passèrent à grande vitesse derrière la haie de rosiers, laissant derrière elles des tourbillons de neige. Lady Di venait de passer. La réunion du comité d’hygiène et de sécurité put commencer.

Yves Le Manach

LE GROGNARD A SABLÉ...

sable.JPG

Le 1er avril (et ce n'est pas un poisson), Le Grognard sera à Sablé sur livres, le salon de Sablé-sur-Sarthe (72), sur le stand du Petit Pavé, bien entendu.

24 mars 2012

QUELQUES NOUVELLES DES REVUES...

lequier.jpgEn ce début de printemps, les publications fleurissent. Pas le temps de signaler tout ce qui germe, tout autour de moi. Cueillons-en malgré tout quelques-unes, histoire de confectionner un joli bouquet de saison…

Commençons par les Cahiers Jules Lequier, dont le numéro 3 vient de paraître. Ces cahiers, organisés par Goulven Le Brech deviennent de plus en plus riches et de plus en plus somptueux. Ce nouvel opus contient notamment des fac-similés d’écrits de Lequier qui ne manqueront pas d’intéresser toutes celles et tous ceux qui aiment bien, parfois, jeter un œil dans le moteur de la machine à penser qu’est le cerveau humain…

 

Présentation de l’éditeur :

« Rien n’est perdu dans les travaux humains » a écrit Jules Lequier, « tous les genres de spéculation vers lesquels s’est tournée à diverses époques l’autorité de l’esprit humain ont droit au respect, à l’examen, à l’étude ». Dans cet esprit, cent cinquante ans après la disparition du philosophe, ce troisième Cahier Jules Lequier propose des témoignages sur sa vie et des mises en perspective de sa philosophie. Il propose par ailleurs une incursion inédite dans les archives du philosophe, par la publication de fac-similés de pages du Cahier B du Fonds Jules Lequier (MS 249).

 

Tous les détails ICI.

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img282.jpgContinuons avec les éditions du Petit Véhicule qui viennent déjà de publier le dixième numéro de leur revue Chiendents.

Cette revue, au rythme de publication parfaitement aléatoire, se veut avant tout un support de découvertes d’auteurs, de penseurs, d’artistes, un moyen de créer du réseau, de générer des rencontres, de faire naître des amitiés, bref, de créer de la vie, tout simplement !

Le n°10 est consacré à Christian laborde, « Le d’Artagnan des mots » (ce volume sera-t-il distribué par Intermarché, « les mousquetaires de la distributions ? L’éditeur demeure mystérieux sur ce point…)

L’exemplaire coûte 4 €. Et les dix premiers numéros peuvent être commandés pour une somme totale de 20 € + 5 € de port.

Si vous souhaitez profiter de l’occasion et vous plonger dans l’univers de Roger Wallet, Philippe Lacoche, Jean-Louis Rambour, Jean-Luc pouliquen et compagnie, rendez vous ICI !

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Leroux-mini-gazette-1.jpgEnfin, un peu dans le même esprit que Chiendents, les éditions gros textes proposent une nouvelle revue : la Mini Gazette de l’épicerie dont la périodicité restera, elle aussi, capricieuse. Pour un coût symbolique (1 €), elle compte proposer des textes courts (une trentaine de pages) posant sur le monde actuel un regard critique et quelque peu libertaire (miam !)

Les deux premiers numéros sont De la représentation à l’autonomie,  de Jean-Paul leroux, agréable réflexion sur la valeur de la représentation dans le modèle démocratique ; et le célébrissime Almanach du Père Peinard d’Emile Pouget que nous retrouvons avec plaisir.

Tous les détails ICI.

De la représentation à l’autonomie, Présentation de l’éditeur :

Alors que le système capitaliste est à la fois triomphant et incapable d’échapper aux crises destructrices et que nous subissons une politique ultralibérale, est-il possible d’échapper au désastre ? Sur quelles pistes pratiques et théoriques devons-nous engager nos luttes si nous voulons conserver l’espoir de transformer notre monde de façon positive ? Ces petits textes n’ont pas d’autres prétentions que de nous sortir du pessimisme ambiant, ils ne donnent pas de recettes parce qu’il appartient à chacun d’entre-nous d’inventer un nouveau monde. Ils indiquent une direction, un mouvement. Ils font le pari de l’inventivité politique de chacun.

 

Pouget-mini-gazette-2.jpgAlmanach du Père Peinard, présentation de l’éditeur :

 

…Y a pas à tortiller : cette vaste blague de la souveraineté populaire est tombée rudement à pic pour nous faire perdre le nord. Sans elle on serait arrivé à comprendre que le gouvernement est une mécanique dont tous les rouages fonctionnent dans le but de serrer la vis au populo ; puis, avec deux liards de réflexion, on aurait conclu que le meilleur usage qu'on puisse faire de cette affreuse machine, c'est de la foutre au rencard.

 

On en serait venu à conclure que pour avoir ses coudées franches, pour vivre sans emmerdements, faut se passer de gouvernement.

Tandis que, grâce à l'embistrouillage de la souveraineté populaire, on a eu un dada tout opposé : on a cherché, — et des niguedouilles cherchent encore, — à modifier la mécanique gouvernementale de façon à la rendre profitable au populo.

Comme d'autres se sont attelés à la découverte du mouvement perpétuel ou de la quadrature du cercle, certains se sont mis à la recherche d'un bon gouvernement. Les malheureux ont du temps à perdre ! Il serait en effet plus facile de dégotter la boule carrée ou de faire sortir des crocodiles d'un œuf de canard que de mettre la main sur un gouvernement qui ne fasse pas de mistoufles au pauvre monde…

Stéphane Beau

23 mars 2012

LE GROGNARD A MONTAIGU...

AFFICHE-PDL-2012.jpgComme tous les ans, quelques exemplaires du Grognard seront disponibles au salon du livre de Montaigu, sur le stand des éditions du Petit Pavé.

Ce sera du 30 mars au 1er avril.

Tous les détails ICI.

21 mars 2012

ILS SONT BEAUX NOS ARTICHAUTS...

lg21.jpgStéphane Prat nous en dit un peu plus sur le nouveau Grognard (numéro 21) consacré aux Artichauts de Bruxelles d'Yves Le Manach :

Pas très loin du Centre du Monde est un roman autobiographique composé, non pas de chapitres, mais d'Artichauts de Bruxelles. (hommage au dadaïste Georges Ribemond Dessaigne)

Yves le Manach y évoque son enfance dans le 6ème arrondissement parisien (fréquenté alors par les lettristes, Guy Debord, Michèle Bernstein etc...). Les paradoxes de sa révolte, de son militantisme et de sa condition de classe. Son exil (désiré) à Bruxelles. Anecdotes et farces majeures de son existence, rencontres incongrues, marquantes ou absurdes. Un entrelacs de vécus qui donnent à penser et reviennent sur ses déceptions ou ses surprises, avant et après 1968. 

Pas très loin du Centre du Monde, on suit le destin d'un ouvrier ajusteur né à Paris en 1942, et qui passerait les premières années de son existence réfugié en Bretagne, entouré de femmes, se préciser, en réalité, à l'insu du matérialisme et des contraintes du turbin, comme le destin d'un « penseur ajusteur » pour qui « le minimum d'honnêteté intellectuelle dont il pouvait faire preuve consistait à laisser s'inscrire en lui toute l'inhumanité de ce monde. »

Avec l'accord de leur auteur, j'ai rassemblé dans ce recueil parmi ses écrits les plus autobiographiques, où sa philosophie politique s'énonce avec le plus de clarté, d'émotion et de simplicité, de quotidienneté. Ses obsessions (la justice, les filles et l'éternité...) y trouvent une formulation philosophique praticable : l'indétermination et l'inachèvement.

Cette philosophie se présente et se lit réellement, ici, comme un roman.

Stéphane Prat 

PS : et Stéphane Prat récidive ICI !

20 mars 2012

RENCONTRE AVEC PASCALE ARGUEDAS

racines.JPGLe 31 mars 2012, Pascale Arguedas présentera son livre d’interviews Conversations ou la libre parole (2 tomes publiés par les éditions du Petit Véhicule) à la librairie « Les Racines du vent » (66 rue de la Division Leclerc - 78 460 Chevreuse).

Si vous souhaitez vous rendre à cette soirée, pensez à réserver par téléphone auprès de la librairie au 01 30 52 30 93. 

Plus de détails ICI.

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18 mars 2012

ERIC SIMON : DE POÈMES EN CHANSONS

Récital poétique 23 mars 2012 à Orvault.JPG

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17 mars 2012

BIJOUX !

bijoux.JPG

Iya Fernandez, illustratrice pour le n°20 du Grognard, est également créatrice de bijoux. Si vous souhaitez  aller admirer de plus près son travail, rendez-vous du 22 au 24 mars à l'espace des Blancs Manteaux (Paris), au salon "Court Circuit" qui rassemblant 95 créateurs de mode.

Tous les détails ICI.

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14 mars 2012

LE GROGNARD N°21 EST DISPONIBLE

img277.jpgLe n°21 du Grognard est disponible et la revue a connu deux notables changements :

1) La couverture a été entièrement redessinée (grâce aux généreux conseils de pascal Bouchet-Spiegel et Olivier Joncour.

2) Nous avons changé d’imprimeur et usons maintenant des services de Patrick Durand-Peyroles qui, en plus d’être un éditeur/imprimeur plein de talent, est également un homme d’une gentillesse très appréciable.

Pour découvrir le sommaire, cliquez sur la couverture

Et pour toute commande, il convient de nous envoyer un mail ICI. Et n’oubliez pas que si ce numéro 21 coûte 10 €, l’abonnement annuel est seulement de 30 € (soit un numéro gratuit), alors, n’hésitez pas : Le Grognard survit principalement grâce à vos abonnements !