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05 janvier 2012

LE PASSANT DE VAULX-EN-VELIN

9782953425949FS.gifAprès Simples choses et Chaque fois l’éternité, les éditions du Pont du change proposent un nouveau recueil d’haïkus de Roland Tixier : Le Passant de Vaulx-en-Velin.

On retrouve dans ce volume la sobre et élégante nostalgie de l'auteur qui nous invite cette fois à le suivre dans les rues de « sa » ville. Mais même si son recueil est pour lui très précisément situé géographiquement, le lecteur lambda n’éprouve aucune difficulté à retrouver, dans ses propres souvenirs, des sensations très voisines de celles mises en lumière par Roland Tixier. Ainsi, quand il parle de ce « piéton parmi d’autres / invité parfois / à passer en face », ou quand il pointe du doigt cette facilité avec laquelle « on s’accoutume aux miracles / on traverse des rues ».

Le temps, chez Tixier, ne se soumet pas facilement au dictat des unités de mesures. Parfois il s’accélère et le flâneur, qu’un spleen baudelairien envahit alors, ne peut que déplorer l’écart qui se creuse entre ses souvenirs et la réalité : « froid habituel / foulards et souvenirs d’un monde qui s’éloigne ». D’autres fois, au contraire, le temps se fige et seul un détail permet au promeneur de vérifier que la permanence des choses n’est pas totale : « « sur les lieux de l’enfance / rien n’a changé semble-t-il / seuls les arbres ont grandi ».

Mais le poète n’est pas dupe pourtant. Toutes ces distorsions ne sont que des échos de sa sensibilité : « regarde autour de toi / le temps a toujours / joué cartes sur table ».

L’ouvrage coûte 12 € et peut être commandé directement auprès des éditions du Pont du change.

Commentaires

Les haïkus "à la française" me débectent depuis longtemps maintenant. ça me tape carrément sur les nerfs. Difficile, aujourd'hui, de trouver un homme politique qui ne s'y soit essayé... Quiconque manque de poésie trouvera là de quoi concentrer sécheresse d'esprit et de coeur, lourdeur épurée, grandiloquence squelettique, pauvreté d'âme travestie en simplicité...

Et pourtant... "Simples choses" est de loin le recueil de poésie qui m'a le plus touché. Je ne me souviens pas avoir lu autant de générosité en si peu de mots. Autant d'instantanéité. De légèreté, de malice, même, dans la dérive des sensations, dans les miracles sans espoir du quotidien. A l'approche d'un abri-bus, d'un parking, d'un arbre.

De grands moments, ses petits instants...

Écrit par : Stéphane Prat | 05 janvier 2012

Je me fous des haikus en tant que tels, moi aussi, mais j'aime les formes brèves, fragmentaires, les aphorismes. Après, quelle que soit la forme, comme tu dis, s'il n'y a pas un être humain derrière, sensible, profond, attentif à la vie, capable de voir ce que les autres ne perçoivent pas, le texte restera creux, même s'il respecte parfaitement le nombre de pieds prescrit !

Tiens, un lien vers un court poème de Guillaume Siaudeau qui me plait bien (le poème comme le poète, d'ailleurs !) :

http://lameduseetlerenard.blogspot.com/2011/12/mauvaise-repartition-des-poids.html

Écrit par : stephane | 06 janvier 2012

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