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24 octobre 2011

LA DERNIERE CHEVAUCHÉE DE BERNARD MARCOTTE

marcotte.jpgBernard Marcotte (1887-1927), poète, philosophe et conteur parfaitement inconnu du grand public, sera au sommaire du Grognard n°20 à paraître en décembre. En attendant la parution de ce numéro (dont nous vous détaillerons le sommaire prochainement), je vous incite fortement à mieux apprendre à connaître ce mystérieux Marcotte au travers d’un recueil de contes intitulé La Dernière chevauchée des rois mages qu’Henri Cambon (petit fils d’un ami de Marcotte) vient de faire paraître aux éditions Thélès.

A mi chemin entre le conte et le poème en prose, les textes de Bernard Marcotte s’occupent à revisiter tous les mythes (les fées, les ogres, les dragons) et toutes les légendes (chrétiennes, finnoises, grecques) pour créer au final un univers fantasmagorique très personnel où la Vierge Marie se retrouve être un personnage féérique au même titre que Cendrillon ou Vénus.

S’amusant à explorer les zones d’ombres laissées dans les contes traditionnels (qu’ont fait les Rois Mages sur le chemin du retour ?, comment le Petit Poucet a-t-il fait pour entrer dans les bottes de l’ogre ?, il fait preuve lui-même d’un réel talent de conteur, tout en gardant toujours un œil critique (et souvent caustique) sur tout ce qu’il écrit.

Sa langue, enfin, fait souvent mouche et son sens de la formule nous conforte dans l’idée qu’il s’agissait bien là d’un vrai écrivain et que sa redécouverte est parfaitement légitime. Quelques extraits devraient suffire pour vous en convaincre.

« En ce temps là, l’Etoile Polaire fuyait dans le ciel, poursuivie par la Grande Ourse qui voulait la dévorer (car les étoiles n’ont point toujours été immobiles, mais jadis elles se faisaient la guerre). »

« Les choses sont éternelles : celles qui demeurent et celles qui recommencent. »

« A l’heure la plus noire, un corbeau, volant bas, rôda dans la clairière, avec un bruit mou des ailes dans l’air humide, comme une pâte qu’on pétrit dans la maie. »

« Devant le soleil qui montait, j’ai su le grand orgueil de la vie, et j’ai levé la tête pour respirer plus profondément encore le parfum des moissons mûres et des forêts bleues. J’ai vu les tâches rouges des coquelicots sur les nappes d’or des blés, et très bien, au-delà du ruisseau, les vieilles portes des maisons grises s’ouvrant à la lumière. »

Bernard Marcotte, La Dernière chevauchée des Rois Mages,
Thélès, 2011, 164 pages, 16,50 €

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