Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22 octobre 2011

KOESTLER ET LE SENTIMENT OCEANIQUE

zero.jpgDeux extraits issus du Zéro et l’infini d’Arthur Koestler, en complément du dernier numéro du Grognard consacré au Sentiment océanique.

« Il lui arrivait de réagir à l'improviste à une mélodie et même au simple souvenir d'une mélodie, aux mains jointes de la Pietà, à certaines scènes de son enfance. Ses harmoniques répondaient à certains appels comme à un diapason, et, une fois ces échos éveillés, il se produisait un de ces états que les mystiques appellent " extase " et les saints " contemplation " ; les plus grands et les plus posés des psychologues modernes avaient reconnu comme un fait l'existence de cet état et l'a­vaient appelé " sentiment océanique ". Et en vérité, la per­sonnalité s'y dissolvait comme un grain de sel dans la mer; mais au même moment, l'infini de la mer semblait être con­tenu dans le grain de sable. Le grain ne se localisait plus ni dans le temps ni dans l'espace. C'était un état dans lequel la pensée perdait toute direction et se mettait à tourner en rond, comme l'aiguille de la boussole au pôle magnétique ; et en fin de compte, elle se détachait de son axe et voyageait librement à travers l'espace, comme un faisceau de lumière dans la nuit ; et il semblait alors que toutes les pensées et toutes les sensa­tions, et jusqu'à la douleur et jusqu'à la joie, n'étaient plus que des raies spectrales du même rayon de lumière, décomposé au prisme de la conscience. »

« Apparemment, même un coin de ciel bleu suffisait à pro­voquer " l'état océanique " »

Les commentaires sont fermés.