Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20 octobre 2011

QUE FAISIEZ-VOUS A 23h23 ?

clip_image002.jpgRessenti de lecture de 23h23 Pavillon A par Jean-Louis Millet. Un grand merci à lui. (L’illustration a été proposée par lui pour préciser sa vision des deux espace-temps qui cohabitent dans le roman « concomitamment... comme deux dimensions impliées mais distinctes, genre position au-dessus et au-dessous dans un ruban de Möbius. Le même endroit, mais pas la même orientation... comme les fourmis sur le dessin ».

* * *

23 h 23 Pavillon A !

Ça sonne comme le titre d’un polar. C’est presque ça, mais pas vraiment. Oui, bien sûr, il y a le suspens – quasi hitchcockien – avec sous jacente cette idée d’êtres démunis pris dans un truc qui les dépasse.

Voilà ce que Stéphane Beau nous a cette fois concocté de belle manière et qui nous est proposé dans une présentation remarquable par les éditions du Petit Véhicule…

… une petite musique de nuit noire comme une distorsion de l’espace-temps. Une distorsion jusqu’à la rupture, la faille où s’abriter dans un art de la fugue loin des addictions-refuges habituelles.

Imaginez-vous dans un CHS tout à fait ordinaire – un asile d’aliénés quoi – des « pavillons fonctionnels » dispersés dans un parc et malgré cette nature, l’ambiance, les chambres, les couloirs, les cris, les crises, la chape chimique, les errances dans… 

C’est une nuit ordinaire mais pafff, une panne d’électricité. Il est 23 h 23.

Il fait noir, tout noir, partout. L’effacement d’un réel. Tout bascule pour ces internés contraints de corps et enfermés de têtes. C’est l’évasion spontanée. Au moins pour deux puis trois d’entre eux.

 

Oui, que trois. Tout le reste de l’humanité s’est évaporé sans laisser de cadavre. Un abandon libérateur, le regard-miroir de l’Autre s’est – enfin – brisé, comme un verre d’eau ou comme une vitre. Plus de jugement, d’à priori.

 Alors les barrières tombent. Ils se rencontrent, se racontent, se livrent, se confessent, se vivent, s’existent dans cette aventure de toute une journée. Ils se délivrent…   Soudain, la lumière revient. La coupure de courant n’a duré qu’un peu moins de six heures. Ici le temps n’est pas le même. Mais deux des trois, pfouittt… disparus. L’abandon pour celui qui reste…  

Alors ?

Au fait, vous, oui, vous qui lisez ces lignes, ce jour là, à 23 h 23 vous étiez où ?  

Jean-Louis Millet

Les commentaires sont fermés.