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06 juillet 2011

UN COFFRET SUR UNE BECANE

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Quelques mots gentils au sujet du Coffret signés Roger Wallet, et paru dans le n°2 d'une une revue a la parution parfaitement aléatoire : Les Bécanes.

Je tombe un jour sur une critique de Un rude été, mon dernier roman, peu vendu, peu lu. L’auteur, Stéphane Beau, disait simplement son plaisir de lecture d’un livre sans prétention. Nous échangeâmes quelques mails et il m’envoya ce roman, son premier. Une couverture enchâssée dans la couverture, « À l’aube de la dictature universelle » donne le ton : ce livre est l’histoire d’un livre, d’un autre, que Nathanaël trouve au grenier, dans un coffret. Il y a un Nietzsche, un Ernst Jünger, un Henri-David Thoreau, un Georges Palante... Et cet ouvrage dont l’auteur est son propre grand-père, un vieux fou sur lequel la famille a définitivement tiré un trait. Trop de malheurs seraient advenus par sa faute...

Bien sûr ces auteurs ne disent rien car leurs œuvres sont inaccessibles, inconnues et leurs noms mêmes ont disparu des dictionnaires. Depuis l’avènement de la société policée dans laquelle l’individu n’a plus lieu d’être. La Police Citoyenne veille sur les faits et gestes. Et intentions !

Le lendemain, l’inspecteur Mirmont frappe à sa porte. Les ordinateurs du ministère de la Justice ont décelé des recherches suspectes sur internet. On lui demande des comptes sur ses lectures. Fouille en règle et les sept livres incriminés s’alignent bientôt sous ses yeux. Arrestation. Cavale.

Mirmont le traque. Un curieux type, ce Mirmont. Pas zélé plus qu’il ne faut, il suffirait d’un rien pour que peut-être il avoue des convictions moins radicales mais... Quand il remet la main sur Nathanaël, celui-ci sait qu’il n’a plus le choix. Il a lu le bouquin de son grand-père et, au moment où le policier s’avance, il saute par la fenêtre et s’écrase quatre mètres plus bas, dans la neige.

Mirmont ramasse le livre. Il va le lire et, contrairement aux procédures, il ne va pas le détruire. Ce livre dans lequel Jean Crill avait écrit : « Tant que ce livre vivra, l’espoir ne sera pas mort ».

Un scénario limpide pour une idée généreuse. Ce livre aurait tout pour m’irriter mais il est modeste et généreux. La modestie est une grande qualité d’écriture. Modestes, Pierre Pachet, Georges Hyvernaud, Henri Calet... qui poussent devant eux des fictions à hauteur de vécu. Modestes, Pierre Charras, Philippe Delerm... qui ne vont jamais chercher leurs mots dans les extrêmes.

Et généreux parce que l’auteur se dessaisit de son livre, il l’abandonne au lecteur ou plutôt, comme dans Le coffret, il le lui transmet.

Reste que, face à la dictature qui, chaque jour plus que la veille, ici fait son lit, les livres pèsent peu. On voudrait les leur lancer à la figure, aux sinistres petits Papons qui nous gouvernent, mais malgré eux ils volent. Folon...

Roger Wallet

Commentaires

Sympathique :)...

Écrit par : Pascale | 07 juillet 2011

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