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06 mai 2011

LA COMMUNE A 140 ANS...

140 ans Commune2.jpgLe vendredi 13 mai 2011 à La Rotonde à Nantes,

à partir de 19h.

(cliquez sur l'affiche pour l'agrandir).

La Commune de Paris reste un événement insuffisamment connu, alors qu’il s’agit d’un moment essentiel de la mémoire ouvrière et révolutionnaire. Certes, cette mémoire s’est transmise au fil des générations, empêchant l’oubli total auquel la bourgeoisie victorieuse et l’historiographie des forces capitalistes s’employèrent activement et sordidement à la vouer. Pour rappel, dans la dernière semaine du mois de mai 1871, Thiers fait entrer dans Paris insurgé l’armée des bourgeois qui massacre des milliers de communards, 30000, 40000… On ne sait toujours pas avec certitude. Bernard Noël, dans son dictionnaire de la Commune fait quant à lui remarquer qu’après ce printemps 1871 il manquait environ 100 000 ouvriers à Paris. La hargne vengeresse des oppresseurs est à la mesure de leur frayeur devant cette réalisation formidable, ce mouvement d’émancipation presque miraculeux, qui s’opéra sous leurs yeux entre le mois de mars et le mois de mai. Et si les communards ont vendu si chèrement leur peau, c’est qu’ils avaient eux aussi parfaitement conscience de l’énorme saut dans l’histoire des révolutions qu’ils venaient d’accomplir. Mais depuis, qu’en reste-t-il ? La Commune demeure-t-elle un modèle figé dans le XIXème siècle finissant, un mythe de plus pour nourrir la nostalgie frustrée des peuples en colère ? Ne peut-elle inspirer encore aujourd’hui des formes d’organisation et de vie collective, d’avancées en termes politiques? D’ailleurs, la Commune est-elle une utopie, et de quel genre est-elle ? Après un XXème siècle de terreurs et de totalitarismes dont nous ne sommes toujours pas sortis, par quels détours ou chemins de traverse nous faut-il passer pour rejoindre la ligne d’horizon entrevue puis franchie par les femmes et les hommes de la Commune ? Il semble que sa tentation, ou son désir, soit toujours à portée de mots, de cris et d’élans. Comme un instinct vital, qui est  aussi l’instinct de poésie dont l’homme ne peut se défaire sans renier son humanité profonde même . C’est pourquoi cette soirée sera aussi politique que poétique, non pour les fondre ou les confondre, mais pour ouvrir la chambre d’échos qui résonne des harmonies chromatiques du grand large, le lieu de la lucidité et de l’éclair, ce mot cher à Rimbaud. Sans oublier les chants ou les chansons, toute cette culture prolétarienne authentique qu’aucun folklore ni goût malvenu de l’anachronique ne peut altérer ou réduire, puisqu’elle continue de souffler à travers le temps l’intensité de l’espoir d’un monde véritablement à hauteur d’humanité, sans possessions, sans classes, sans oppresseurs ni opprimés.  (É. Simon).

06:00 Publié dans En vrac | Lien permanent | Commentaires (0)

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