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31 mars 2011

MIDI !

revue des revues.JPGFrançoise Thieck Champin, responsable de la belle revue Midi, a eu une pensée pour Le Grognard, dans la dernière livraison de la Revue des revue. A la question : " Vous sentez-vous des affinités avec des revues actuelles ou récentes ", elle a répondu : " Aujourd'hui, j'aime beaucoup Le Grognard, son état d'esprit, son choix de typographie... "

C'est pas chic, ça ?

29 mars 2011

UNE CHAUSSURE CHEZ OCTAVE

img745.jpgStéphane PRAT dit du bien de La Chaussure au milieu de la route dans le n°18 des Cahiers Octave Mirbeau :

Que pourrait-on connaître du Monde sinon soi-même ? Évidence solipsiste qui met l’individu au centre des choses (mais les choses ont-elles un centre ?), et dans le même temps le condamne à demeurer à jamais étranger à lui-même, à jamais indéterminé. Stéphane Beau fait de ce double inconvénient d’exister le thème majeur du présent recueil de nouvelles, ciselées avec une telle concision, une telle simplicité, que les rivages fantastiques les plus froids, mortels, meurtriers ou suicidaires, (La Plage, Cinnamon Girl, Arthur Boudin), se laissent accoster avec une candeur désarmante.

Un déclic presque imperceptible, l’irruption inopinée d’un détail dont on ne remarque l’incongruité qu’après coup, et bientôt vacille la douteuse frontière entre réel et illusion, lucidité et folie. Comme cette simple chaussure au milieu de la route, une chaussure de femme en équilibre sur l’asphalte, pile dans l’axe de la ligne blanche, et qui désaxe inexplicablement le quidam remarquant sa présence. Cette nouvelle, dont la chute est un peu forcée et réclame sans doute trop de l’imagination du lecteur, n’en accorde pas moins l’ensemble à son diapason, lui offre pour ainsi dire comme clé de voûte l’aiguille creuse d’un talon... Et une petite musique désenchantée court ces pièces de non-choix – le libre arbitre n’y est pas à la fête ! – portée par des personnages sans espoir apparent qui, selon les termes de l’un d’entre eux, n’ont pas choisi la solitude mais se sont simplement résolus à se la coltiner sans se la raconter, sans se la jouer.

Mon faible personnel est allé à la mésaventure providentielle de ce « croque-mort » (La Veuve), où la hantise du double prend un tour tragi-comique pendable, le double croquant son mort encore chaud, à peine mis en bière, prenant littéralement sa vie et l’y remplaçant parfaitement, en douceur, malgré soi. Et mes impressions les plus fortes me ramènent à la trilogie clinique, fin de vie branchée en triphasé sur le Livre, véritable personnage principal de ce recueil. Premier volet : le fantôme du lecteur, de la lectrice qui transmettent le livre (Le Veilleur de nuit) ; deuxième volet : la folie, pas douce du tout, la mégalomanie à l’œuvre, en sous-main, dans toute création humaine (La Bombe) ; et enfin et encore : Le livre, le chef-d’œuvre passé inaperçu (Le Livre d’une vie), qui aurait pu métamorphoser de fonds en comble l’existence du lecteur invétéré, (si précisément celui-ci n’agonisait à l’hôpital…), au point, qui sait ? d’en faire un véritable auteur, de donner à ses intuitions des dimensions susceptibles de montrer, de révéler l’humain d’une manière inédite. Ou de simplement vivre, de vivre simplement.

Entre les lignes de ce recueil d’une centaine de pages, rôde l’obsession du manquement à soi-même, que constituerait toute existence, dont le pire est non pas la mort, le retour simple pour le néant (La  porte du diable), mais bien de s’apercevoir, sur le point de grimper sur le marche-pied du dernier train, qu’on est passé à côté de soi, sa vie durant. Le compositeur de ces variations aigres-douces se présente d’ailleurs volontiers lui-même comme un grand malade (Dernières lignes et Journal intime), taraudé par l’idée qu’en se nourrissant de livres, qu’en les becquetant, à proprement parler, insatiable et jusqu’à épuisement, il ne soit en réalité passé à côté de la vie.

Stéphane Prat

27 mars 2011

MAURICE DRACK DANS ROCAMBOLE

122.jpgJean-Luc Buard a bien aimé Chair fraîche, de Maurice Drack (Ed. du Petit Pavé), et il le dit dans le n°54 de Rocambole (consacré au centenaire de Fantômas).

 

REDÉCOUVERTE DE MAURICE DRACK (1834-1897)

Le Rocambole se doit de saluer une initiative complétant notre activité en faveur de la redécouverte du roman policier et criminel du XIXe siècle.

Les Editions du Petit Pavé viennent de rééditer, sous l’impulsion de Stéphane Beau, un roman d’aventures criminelles de Maurice Drack, Chair fraîche, datant de 1887, que le préfacier situe, à juste titre, dans la lignée de Boisgobey et de Lermina. Maurice Drack n’est pas tout à fait un inconnu pour le rocambolien, bien que cet auteur n’ait jamais été désigné comme un « précurseur » du roman policier, ne figurant ni dans le Guide du polar, ni dans le Dictionnaire des littératures policières de Mesplède, ni dans l’ouvrage d’Elsa de Lavergne (cf. Rocambole 50, pp. 146-149). Drack s’est signalé pour ses adaptations théâtrales d’après Dumas et avec Erckmann-Chatrian, qui sont citées dans les bibliographies de nos deux dossiers sur ce sujet. Il fait surtout partie de la « clique à Lermina », depuis 1868, date où il collabore à son Satan, et sera un de ses amis sans doute proche jusque dans les années 1880, faisant aussi partie de « 1’écurie Boulanger », ces auteurs dont les romans feuilletons sont publiés en livraisons illustrées par l’éditeur attitré de Lermina. Celui-ci lui consacre d ailleurs un article très bien informé dans son précieux Dictionnaire de la France contemporaine (1885).

Mais, disparu jeune, Drack ne fit plus parler de lui par la suite et on oublia ses quelques romans feuilletons, qui contribuèrent, parmi ceux de nombreux autres auteurs, à édifier le genre du roman d’aventures criminelles à la suite de Fortune du Boisgobey.

Aussi, est-ce à une vraie redécouverte que nous convie cette réédition. Ce roman relativement court (330 pages) se signale par plusieurs aspects assez originaux, à côté de caractères plus classiques.

Sa première partie, qui pose les éléments de l’intrigue et notamment le dol, est en effet composée principalement de courses-poursuites, filature, enquête, séquestrations, mise en place d’un vaste complot (captation ou détournement d’héritage, ou plutôt de la succession d’une affaire bancaire, à la suite de malversations financières), avec une série de personnages louches ou pittoresques, y compris un chien-détective nommé Phanor (clin d’oeil à Ponson du Terrail ?). Autre clin d’œil à Ponson, une partie de l’intrigue se déroule à Fay-aux-Loges, dans le Loiret. Cela ne semble pas innocent. Il y a déjà un épisode trouble dans un cabaret borgne, avec une troupe de « sirènes » (qui s’empare d’un des héros, lequel disparaît dans leurs filets).

L’originalité vient dans la seconde partie, présentant une sorte de communauté utopique, les chevaliers de la Flemme, ou « Flemmards », habitant l’abbaye de la Flemme, sise du côté de la rue Notre-Dame-des-Champs et de la rue Vavin (la configuration topographique est clairement indiquée). Les six personnages composant cette société secrète de redresseurs de torts forment une équipe comparable à celle de Doc Savage, chacun ayant une spécialité. Ce sont des as du déguisement, dotés d’un courage à toute épreuve, de capacités d’analyse extraordinaires et capables de se lancer dans l’action de façon coordonnée.

Le côté utopique vient de leur organisation sociale particulière. Chacun des six consacre, à tour de rôle, deux mois de son temps annuel au travail pour la communauté (p. 141-142), pour permettre à ses compagnons de dégager du temps libre de tout souci, pour vaquer à leurs occupations préférées, ou... jouer aux redresseurs de torts.

Nous avons ici la principale originalité de ce roman, qui met en place un affrontement entre deux groupes de personnages, une organisation vouée au mal et une confrérie de justiciers. Il n’y a pas véritablement de héros dans le roman, du moins ils sont multiples, autant que l’action, qui se déploie sur de nombreux plans, au cours de divers épisodes. Mais cet affrontement de communautés semble être un caractère assez rare dans le roman populaire. C’est pourquoi ce roman diffère du schéma général qui va des Mystères de Paris à Fantômas, en passant par Monte-Cristo et Arsène Lupin, c’est-à-dire du schéma du surhomme héroïque. Ici les héros, même s’ils sont très forts, ne sont pas des surhommes, mais l’association qu’ils forment permet d’obtenir des effets surhumains bien nécessaires pour contrecarrer les complots terrifiants qu ils ont a vaincre.

Le groupe de héros négatifs (présenté dans la troisième partie) est, lui, organisé en association religieuse, aux ramifications multiples. Ou plutôt, ce sont des personnages qui usurpent l’habit et les qualités religieuses à des fins criminelles. L’organisation dirigée par un faux Monseigneur cache ses activités sous des aspects caritatifs. Il n’y a pas, à proprement parler, de discours anticlérical dans ce roman, bien que ce choix narratif ne soit pas innocent, et puisse prêter à confusion. Le propos de l’auteur n’est pas de dénoncer l’Eglise et son organisation. Le comportement criminel des personnages négatifs ayant revêtu 1’habit religieux leur appartient en propre et n’est pas attribué à l’autorité qu’ils usurpent. Mais il est intéressant, dans le contexte de guérilla religieuse de l’époque, de voir que ces personnages empruntent ou détournent les fonctions ecclésiastiques sur une vaste échelle, avec l’hypocrisie qui va avec. A ce titre, la scène de « detournement de mineure », qui donne une partie de son sens au titre Chair fraîche, vaut le détour. L’association criminelle utilise, en effet, des moyens douteux que la morale reprouve, pour perdre de réputation les personnes aux quelles elle s’attaque.

La dernière partie, assez courte, réunit tous les fils de l’intrigue. On y assiste à l’« exfiltration » d’une victime, et on découvre les effets d’un poison qui rend fou (poison conjectural probablement, tandis qu une autre drogue, dans la troisième partie, est utilisée comme un redoutable sérum de vérité).

La conclusion est singulière : l’auteur termine sur une petite note d’amertume curieuse, le brave chien-détective Phanor n’ayant pas eu de récompense ni de reconnaissance pour son action déterminante ! Pas le moindre nonos ! Dans le feu de l’action, on l’a oublié, et c’est bien triste.

Bref, un roman fort curieux, méritant à tous points de vue une redécouverte. Félicitations à Stéphane Beau et aux Editions du Petit Pavé ! Voici un roman d’aventures criminelles inconnu, qui présente bien des caractères inhabituels, et qui ne s’inscrit pas dans les schémas traditionnels héroïques qui prévaudront par la suite.

Jean-Luc BUARD

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26 mars 2011

LES 15 ANS DU PETIT PAVE...

Logo-Petit-Pave.jpgLes 2 et 3 avril 2011, les éditions du Petit Pavé fêteront leurs 15 ans à la Bibliothèque de Mûrs-Erigné (49). Bon anniversaire et rendez-vous dans 15 ans !

 

A cette occasion, les plus fouineurs trouveront peut-être un ou deux exemplaires du Grognard à acheter !

25 mars 2011

L'EXIL DES HUMBLES...

exil.JPG

Il faut bien le reconnaître, nous étions restés sur notre faim, Bertrand Redonnet et moi-même, depuis l'arrêt de Non de non. Il faut dire que depuis le début de notre participation, en févrie 2009, au blog collectif des 7 mains (initié par Marc Villemain), nous avions toujours trouvé de nouveaux moyens de croiser nos plumes (avec la Tempête dans un encrier par exemple). Alors, forcément, on s'habitue.

C'est donc avec plaisir que j'ai répondu à la toute récente invitation de Bertrand à intervenir une fois par quinzaine sur son Exil des mots. (J'espère d'ailleurs qu'il nous rendra la politesse sur le blog du Grognard).

Ce jeudi s'ouvre donc une série de portraits, rassemblés sous le titre : Les Humbles.

Si vous avez cinq minutes, venez donc dire un p'tit bonjour à Johnny, premier invité de ctte galerie de portraits !

SB

06:00 Publié dans En vrac | Lien permanent | Commentaires (0)

24 mars 2011

LE GROGNARD CHEZ MIRBEAU

img745.jpgPierre Michel parle du Grognard dans le dernier numéro des Cahiers Octave Mirbeau. Un grand merci à lui. Je me permets juste de rectifier un élément, à la fin : le prix du Grognard (10 €) est clairement indiqué au bas de la quatrième de couverture !

Dans le n° 17 de nos Cahiers, Stéphane Beau, responsable éditorial, nous a présenté Le Grognard, revue trimestrielle largement ouverte à tous les vents et à toutes les curiosités et qui se situe délibérément dans le prolongement de Mercure de France, de La Plume, de La Revue Blanche et des revues libertaires fin-de-siècle.

Le n°15 (51 pages), paru en septembre 2010, comporte l’article de Mirbeau sur Ravachol, brièvement présenté par mes soins, une réflexion anti-freudienne de Claude Pérès sur la réalité comme source de jouissance et pas seulement comme un monolithe auquel l’individu doit se soumettre, une nouvelle dialoguée de Rodrigue Véron, « Entre cynisme et naïveté », une contribution sur les beaux jours qui s’ouvrent à la torture et au contrôle orwellien aux Etats-Unis et en Europe, un dialogue cocasse de Nasser sur la starisation de l’homme de la rue par le micro-trottoir en vogue, quelques poèmes en prose et quelques recensions de bouquins.

Le n°16, paru en décembre 2010, est entièrement consacré à Han Ryner, philosophe et romancier individualiste, anti-autoritaire et anarchiste, et c’est C. Arnoult qui le présente comme il se doit, dans une brève mais pédagogique synthèse. C’est lui aussi qui a choisi les textes, difficilement accessibles, qui sont réédités ici. Les uns témoignent de la réflexion de Ryner sur l’individu et sa place dans la société, sur la solidarité et la non-violence révolutionnaire ; les autres sont plus politiques – encore que Ryner, comme Mirbeau, détestât le mot et la chose – et ont été publiés dans Le Journal du peuple en 1922, à une époque où une droite dure et liberticide était déjà au pouvoir.

Curieusement, ces numéros ne comportent aucune indication de prix, aucun formulaire d’abonnement, aucune adresse, ce qui est pousser très loin le désintéressement. Si l’on souhaite néanmoins se procurer absolument la revue, il convient donc d’écrire à revue.le.grognard@gmail.com, ou de s’adresser directement aux Editions du Petit Pavé, B.P 17 – Brissac-Quincé, 49320 Saint-Jean-des-Mauvrets.

20 mars 2011

DISSONANCES...

vd.JPG

Un grand merci à Jean-Louis Millet qui m'accueille parmi ses Voix Dissonantes en reprenant un extrait de La Semaine des quatre jeudis.

C'est ICI.

19 mars 2011

CON COMME UNE SARDINE...

carabine600.jpgDéfinition de la sardine par Patrick Pecherot (Dans L'homme à la carabine, Gallimard, 2011) :

" C'est un poisson très con. Il faut en tenir une couche pour nager en banc et finir en boîte. En rangs, qui plus est ! " 

18 mars 2011

LE MAGAZINE DES LIVRES FAIT PEAU NEUVE

page0-mdl-29.jpgA l'occasion de la parution de son vingt-neuvième numéro, le Magazine des livres change de formule.

Il devient mensuel et abandonne le papier glacé pour adopter le format journal.

Et je trouve que cette nouvelle tenue lui va à ravir !

17 mars 2011

PAN SUR MES DOIGTS...

Desert-solitaire-Ed-Abbey.jpgPas sûr qu’Edward Abbey aurait apprécié mes « variations solipsistes » (sous titre de mon recueil de nouvelles La Chaussure au milieu de la route, Durand-Peyroles, 2010)

 

« Quant à la "réclusion solitaire de l’esprit", ma théorie est que le solipsisme, comme d’autres absurdités des philosophes de métiers, est le produit de trop de temps gâché entre les rayonnages d’une bibliothèque et les couvertures d’un livre, dans des cafés enfumés ‘c’est mauvais pour le cerveau) et dans des séminaires bavards. Pour réfuter le solipsiste ou l’idéaliste métaphysique, il vous suffit de l’emmener dehors et de lui lancer une pierre à la tête : s’il se penche pour l’esquiver, votre homme est un menteur »

 

Edward Abbey, Désert solitaire, Gallmeister, 2010.

06:02 Publié dans En vrac | Lien permanent | Commentaires (0)