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29 septembre 2010

L'HOSTIS & PARVILLE...

Le 27 septembre au soir, les éditions du Petit Véhicule organisaient à la salle Vasse, à Nantes, une soirée poétique. La séance était dirigée par un Luc Vidal en pleine forme et voyait se succéder cinq poètes et auteurs de factures très différentes, mais tous aussi attachants les uns que les autres. Outre Roger Wallet, dont je reparlerai bientôt, et qui est le héros principal du n°5 de la revue Incognita, j’ai eu le plaisir d’écouter deux autres poètes que j’ai envie de signaler ici.

img490.jpgLe premier, Michel L’Hostis, n’était pas un inconnu pour moi. Déjà auteur d’un délicat recueil publié chez Gros texte, il récidive cette année avec Chœur des contraires (suivi de Langue du poème). On retrouve dans ce nouveau volume tout ce qui fait le charme de sa poésie : une fragilité teintée d’humour désabusé, un sens aigu de la formule, et des aphorismes qui font mouche : « Tombé au fond du puits, on veut être le ciel ouvert à cet instant précis », mais aussi : « Il y a beaucoup de nos humeurs dans les liqueurs qu’on avale », ou enfin : « Quand vous randonnez c’est souvent sur vos souvenirs que marchent vos pieds ».

img489.jpgLe second poète repéré lors de cette soirée s’appelle Grégoire Parville. Drôle de loustic, que l’on ne peut pas ne pas comparer à Rimbaud ou à Corbière. Sorte de sale gosse encore parasité par les poses de l’adolescence et déjà capable de fulgurances à couper le souffle. Bref, un branleur de génie qu’il faudra surveiller de près. Quelques extraits de ses Poèmes crochus ? Ces trois vers, pour commencer :

La vie n’est faite que pour la jeunesse,
La vie n’est faite que pour les anarchistes,
Ceux qui se rangent ont vécu trop longtemps.

Ou ce très villonesque « Poète pendu » :

Le poète pendu admire la foule
La muse sanglote, la mère se saoule
La corde brûlante qui souriait au peuplier
l’a tué
Ici ou à côté du petit soir d’été
« Ah ! Quelle joie inexpliquée de voir ainsi foule pleurer ! »
Le léger sanglot, lui, n’est pas prisonnier,
Il glisse sur la corde comme l’âme du condamné,
Il tombe sur le sol comme l’espoir était tombé,
« Pleurez ! foule, pleurez comme j’ai pleuré !
Souffrez, foule, souffrez, souffrez ! »
Les pieds au vent je sors du moule
Et de mon cœur ficelle-ennui se déroule. 

Les deux livres, élégamment reliés à la chinoise, peuvent être commandés directement auprès des éditions du Petit Véhicule.

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