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28 août 2010

L'INTRUS DE JOAQUIM HOCK

9782915723304.jpgImaginez un instant qu’une espèce de masse gluante, polymorphe, noire et puante apparaisse un beau jour dans votre vie pour ne plus jamais vous quitter. Pas drôle, me direz-vous... D’autant moins que le monstre en question n’est pas fin et que, lorsqu’il est en colère, il peut très bien se muer en tremblement de terre ou dévorer des villages entiers ! C’est pourtant bien avec cette vilaine compagnie que doit composer quotidiennement le héros de L’Intrus, le premier roman de Joaquim Hock (que les fidèles du Grognard connaissent bien) paru aux éditions Durand-Peyroles.

 

Ce livre fait songer, forcément, à La Métamorphose de Kafka, au K de Buzzati ou au Horla de Maupassant, mais ces références ne retirent rien à l’originalité et à l’élégance du roman de Joaquim Hock qui, avec beaucoup d’humour et de second degré, nous narre les innombrables mésaventures de son petit comptable sans envergure aux prises avec cet être sombre et imprévisible qui passe son temps à l’humilier et à lui pourrir la vie. Car la Chose ne lui laisse guère de répit et le suit partout, au restaurant, lors des rendez-vous galants, dans la rue, au bureau, et même à la guerre où la sale bête, également amatrice de cadavres, s’en donne à cœur joie et décime à l'occasion, quand elle est d'humeur sanguinaire, des bataillons entiers...

 

Malgré son ton léger et badin, L’Intrus est un roman beaucoup plus profond qu’il n’y paraît au premier abord : c’est même, par certains aspects, un roman très oppressant, très angoissant. Car plus les chapitres défilent et plus le doute s’immisce en nous : et si cette détestable entité collée aux basques du héros n’était rien d’autre que le symbole du combat tragique qu'en tant qu’individu nous devons mener quotidiennement contre les autres, contre le monde, le destin, mais aussi contre nous-mêmes, contre nos propres peurs et nos propres zones d'ombres ?

 

Les illustrations de Joaquim Hock, aussi naïves qu’espiègles, complètent merveilleusement son récit et participent à créer un univers original, où poésie et ironie s’équilibrent parfaitement.

 

Une belle réussite, donc, pour cette première publication. Et nous attendons d’ores et déjà la suite avec impatience.

Commentaires

J'ai tout de suite craquée pour ce superbe roman et ses magnifiques illustrations. L'écriture -très originale - nous entraîne dans un monde absurde et oppressant qui peut tout aussi bien etre onirique que la description du simple quotidien.
Joaquim Hock maîtrise parfaitement la difficile frontière entre une ironie lucide et une certaine naïveté poétique, qui donne une grande profondeur de champ à ses dessins en noir et blanc.

Écrit par : Catherine Belkhodja | 12 octobre 2010

trop tard pour enlever le e de craquee !

Écrit par : catherine belkhodja | 12 octobre 2010

Bah, quand on craque, on a le droit d'en perdre son français !

Écrit par : stephane | 12 octobre 2010

Les commentaires sont fermés.