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14 juin 2010

DIVAGATIONS GEOGRAPHIQUES

redonnet.JPGGéographiques, de Bertrand Redonnet : voilà un livre qui va bien embêter les libraires ! Dans quelle catégorie le ranger ? Ce n’est pas vraiment un roman… Pas à proprement parler un texte autobiographique… Dans le rayon « nature et écologie » ? Entre Nicolas Hulot et Yann Arthus-Bertrand ? Bof, bof… Que dit la page de garde ? « Divagations » ! Voilà qui n’arrange pas nos affaires ! Cette incertitude pourrait être amusante mais je crains hélas qu’elle ne soit plus néfaste à ce magnifique livre qu’autre chose. Car je connais un peu les libraires et je sais aussi que quand ils ne savent pas quoi faire d’un bouquin, soit ils ne le commandent pas, soit ils le rangent dans un recoin de leur boutique, là où aucun client n’a jamais l’idée d’aller fourrer son nez.

Et pourtant, croyez moi, le nouveau livre de Bertrand Redonnet vaut le détour. La trame ? Une poignée de climatologues, géographes, météorologues sont réunis dans une petite maison, au fin fond de la Pologne, autour d’une bonne bouteille de vin hongrois. Un joyeux aréopage qui discute avec passion des climats, des paysages, des reliefs, des plaines et des forêts, des tempêtes et des cieux azurés… Bref, des amis ne cherchant pas à « organiser le monde, mais seulement à le vivre » (p.74), des hommes qui ont bien compris que la question écologique, avant d’être économique, morale ou politique est avant tout et fondamentalement ontologique.

Bertrand Redonnet nous propose là un livre bourré de poésie et de nostalgie, mais aussi de joie de vivre, cette joie simple de ceux qui, revenus de tout, savent se concentrer sur l’essentiel : « Serions-nous des antinomies et à la recherche de quels paradis perdus ? » (p.84). Belle question, non ?

Géographiques est également un livre merveilleusement écrit. Je savais déjà que l’auteur était doté d’une belle plume, mais là, il s’est surpassé. Un petit extrait pour se faire une idée :

« Les premières neiges de novembre, voyez-vous, sont des éclaireuses. Elles sont une avant-garde en charge de contrôler si le sol est fin prêt à recevoir l’hiver. Elles repèrent les lieux, elles avertissent des grosses chutes à venir, puis elles repartent vers le ciel. Elles reviendront quand décembre aura bien durci la terre, bien recroquevillé les dernières plantes et rassemblé les hommes autour des poêles. Alors elles engloutiront tout. » (p.16).

En résumé, voilà un livre qui se lit comme une invitation au voyage, aussi bien dans le temps, dans l’espace, qu’au plus profond de nous même. Chapeau !

Stéphane Beau

Géographiques, Bertrand Redonnet, Le Temps qu'il fait, 2010

Commentaires

Très tentant !
Les éditions Le Temps qu'il fait publient des textes merveilleux, loin de tout étiquettage, empreints de poésie, j'aime les lire.

Écrit par : Pascale | 14 juin 2010

Grâce à toi, Stéphane, j'ai acheté ce livre, je te remercie de l'avoir signalé.

Merci Bertrand Redonnet pour ce très beau texte, merci de parler une langue de l'émotion ; votre langage sensible, votre vision du monde et votre écriture poétique m'ont rassurée, fait du bien, tenu chaud et compagnie durant quelques beaux jours - prouesse par le mauvais temps qui court.

Bravo, j'ai adoré vous lire, sourire, apprendre, rêver grâce à vous, continuez !

Je vais offrir votre livre à une amie polonaise. Un joli cadeau assuré.

Bien à vous.

Une lectrice du Temps qu'il fait...

Écrit par : Pascale | 20 juin 2010

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