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10 juin 2010

CAHIERS RENE GUY CADOU

Les_Cahiers_Cadou_001.jpgJe le confesse, je suis loin d’être un spécialiste de l’œuvre de René Guy Cadou (1920-1951), mais j’ai pour lui une tendresse particulière car son ombre discrète m’a étrangement accompagné toute ma vie.

 

La première rencontre a eu lieu à l’école, bien entendu, avec ces vers désormais célèbres :

 

Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
A sept ans comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !

 

Puis je l’ai recroisé, adolescent, au hasard des noms de rues, à La Bernerie – petit village balnéaire, proche de Pornic, ville native de sa femme Hélène – avant de le retrouver, jeune professionnel, à Sainte Reine de Bretagne :

 

Sainte-Reine de Bretagne
En Brière où je suis né
A se souvenir on gagne
Du bonheur pour des années !

 

J’occupais alors deux ou trois fois par mois un petit bureau au dessus de la mairie, ancienne école où avait officié son père. J’aimais à me dire que mon bureau, situé à l’étage, dans les anciens logements de fonction, avait peut-être accueilli son lit et ses jeux d’enfant, quelques décennies plus tôt.

 

René Guy Cadou a recoupé ma route encore quelques fois ensuite, à Louisfert, Clisson, puis à Châteaubriant où j’ai travaillé un long moment aussi, ville dont le nom est maintenant associé aux  otages qui y ont été fusillés et dont il a chanté le martyre :

 

Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel
Avec toute la vie derrière eux...

 

C’est donc avec un réel plaisir que je me suis plongé dans le premier numéro des Cahiers René Guy Cadou que les éditions du Petit Véhicule ont fait paraître il y a quelques temps, sous la direction de Luc Vidal. Plaisir double, puisque, non seulement il m’a permis de retourner faire un petit voyage dans mon propre passé, mais aussi de découvrir un peu mieux la simplicité, la générosité et la grandeur de ce poète qui, malgré son refus des mondanités et du parisianisme, a su se tailler une belle place dans la mémoire de la poésie française.

 

Outre quelques textes de l’intéressé, ce premier cahier rassemble des poèmes de ses acolytes de l’époque (Luc Bérimont, Jean Rousselot…), de très beaux comptes rendus de rencontres avec Marcel Béalu, Jean Bouhier, et bien sûr Hélène Cadou, et des études fouillées et instructives sur la réception de l’œuvre de Cadou, sur ses liens avec Max Jacob et Pierre Reverdy, ou sur l’école de Rochefort…

 

Un bel hommage à un bien sympathique poète.

 

Le détail du sommaire ICI.

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