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04 avril 2010

SUR LA LITTERATURE # 3/3

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Sur la littérature # 2/3

 

Mais notre trio n’en reste pas là et, bien que n’accordant pas un grand crédit à l’objectivité, il s’applique néanmoins à essayer d’expliquer pourquoi certains livres ou auteurs sont « bons » et pourquoi d’autres ne le sont pas. Et leurs ébauches d’explications (sensées expliquer quand même un peu l’« indiscutable ») sont forcément bancales.

François Monti, comme nous venons de le signaler plus haut, est sûrement celui qui a le plus clairement conscience de la dangereuse pente sur laquelle ils sont tous trois en train de glisser. Pour se tirer d’affaire, il tente de résoudre le problème avec une pirouette : un bon livre ? « Ça se sent » plaisante-t-il ! Mais ailleurs, il exprime beaucoup plus clairement son trouble. Ainsi, bien que décrétant que « la critique véritable est toujours celle qui tranche, sans se cacher. Celle qui n’hésite pas à dire "ceci est important" ou "ceci n’est qu’une crotte de plus" », il ne peut pas s’empêcher de se contredire immédiatement après en précisant : « Quitte à se tromper, évidemment. L’erreur est un risque dont il ne faut pas avoir peur ». (Mais comment définit-il l’erreur ? Il ne le dit pas. Pour dire que l’on est ou non dans l’erreur, il faut bien avoir quelques bases « objectives » pour se déterminer, Non ?… Pas clair…)

On peut trouver un autre exemple du doute qui habite François Monti dans ce deuxième extrait où il commence par expliquer qu’un « bon écrivain et donc un bon livre ne peut qu’être en rébellion ouverte contre le lieu commun » tout en ne pouvant pas s’empêcher de rajouter, quelques lignes plus loin : « Mais on en revient presque à la case départ : un lieu commun pour moi ne le sera peut-être pas pour vous (et inversement), votre complexité sera ma simplicité, votre langue, votre voix sera ma syntaxe de maître d’école. Quoi qu’on fasse, on se heurtera toujours au reproche de l’impossibilité de la discrimination objective entre bonne et mauvaise littérature. »

Jusqu’à ce dernier extrait où l’on sent bien que François Monti est à deux doigts d’avouer toute l’étendue de son malaise : « Rappelons que Bartleby, dans l’assertion qui a lancé cette polémique, nous disait que "la métaphysique est au centre des grands livres". Si, comme vous me le dites maintenant, la métaphysique est aussi au centre des petits livres, si la métaphysique est partout, quelle est donc sa pertinence à l’heure de distinguer ce qui vaut la peine d’être lu ? »

Les tentatives d’argumentations de Juan Asensio et d’Éric Bonnargent, même si elles sont plus tranchées, n’en sont pour autant pas plus convaincantes. Le premier estime que « l’une des façons d’établir une claire distinction entre bon et mauvais livre pourrait être la suivante : le bon livre s'adresse à la personne qui ne sera jamais assimilable à une foule, le mauvais vise l’individu, la personne réduite à quelques caractéristiques dont il s’agira de tirer le plus grand profit. » C’est joliment dit… Mais tellement général que l’on ne peut guère en tirer un grand enseignement : qu’est-ce qu’une « personne qui ne sera jamais assimilable à une foule » ? La formule est belle, mais elle est creuse (ou du moins elle gagnerait à être détaillée). Mais, comme je l’ai déjà dit, Juan Asensio, le « croyant » est sans doute le plus cohérent des trois et, très logiquement, il est celui qui se soucie le moins de justifier « objectivement » sa croyance. C’est ainsi que, dès la moitié du deuxième entretien, alors que le sujet n’a encore été qu’effleuré, il conclut déjà : « nous nous sommes suffisamment attardés sur quelques-uns des plus flagrantes différences séparant les mauvais des bons livres » !

La position d’Éric Bonnargent est, une fois de plus, plus compliquée car il aimerait bien gagner sur les deux tableaux : rester sur l’idée que l’objectivité n’existe pas (et qu’il est donc impossible d’expliquer clairement ce qui différencie un « bon » livre d’un « mauvais »), mais proposer quand même quelques arguments objectifs, ne serait-ce, comme il l’avoue lui-même, pour ne pas laisser « la part belle à ceux qui prétendent qu’une telle distinction n’existe pas. ».

C’est ainsi qu’il tente la proposition suivante : « je considère qu’il existe trois catégories de livres, chacune de ces catégories contenant des degrés : les ersatz de livre qui n’ont de livres que le nom, les livres qui ont échoué à dire quelque chose et enfin ceux qui disent quelque chose. » Proposition qu’il complète de la manière suivante : « Il y a d’abord une intention différente. Un Guillaume Musso n’a pas les mêmes objectifs qu’un McCarthy, ne se fait pas la même idée de la littérature. Le premier cherche le succès (et tous les mauvais écrivains n’y parviennent heureusement pas), le second écrit un livre sans se soucier de cela. Écrire relèverait alors d’une nécessité, de la volonté de dire quelque chose. Le livre est bon quand ce dire parvient à être exprimé. » Le bon écrivain serait celui qui ne recherche pas le succès, qui aurait quelque chose à dire et qui saurait l’exprimer ! Que de termes flous ! Qu’est-ce que le « succès » ? Il ne nous le dit pas (est-ce vendre plein de livre, avoir de bonnes critiques, être reconnu par ses pairs, avoir le statut d’écrivain, vivre de sa plume ?) Que signifie « volonté de dire quelque chose » ? N’importe quel type qui s’exprime a forcément la volonté de dire « quelque chose ». Quelque chose d’intéressant, je ne sais pas, mais il faut alors définir ce qui est intéressant et ce qui ne l’est pas. Le problème est déplacé, pas résolu.

Plus loin, Éric Bonnargent tente une autre hypothèse : « un bon livre ne se lit pas facilement et cela pour deux raisons : il suscite la réflexion, il agresse son lecteur qui, par conséquent, avance peu à peu, revient en arrière, est obligé de faire des pauses, etc. Un bon livre est agressif. » Donc, dès qu’un livre se lit facilement, c’est un mauvais livre ? Mais je suis sûr qu’il y a des livres qui l’agressent et qui ne m’agressent pas ! Et inversement. Mince ! Comment allons-nous nous départager ? Et qu’entend-il par « agressif » ?

Enfin, Éric Bonnargent se lance dans une troisième piste. Un bon livre n’est plus forcément un livre agressif ou un livre qui a quelque chose à dire, mais un livre qui a une « vision du monde » : « Si certains livres sont insignifiants, sans doute est-ce parce qu’ils ne contiennent aucune vision du monde. À quelques exceptions près, à quelques réserves près, nous sommes tous les trois d’accord pour dire que tel livre est un grand livre et que tel livre est insignifiant. Et je crois justement que c’est à cause de ce qu’ils proposent. » Sauf qu’une fois de plus, cette définition ne résout rien. Toutes les personnes que je connais ont une « vision » du monde, une « représentation » du monde, pour reprendre un autre terme employé par François Monti, il me semble. J’ai moi-même une « vision du monde »… Je suis donc un « bon auteur » qui écrit de « bons livres » ! Super ! À moins qu’il ne faille « distinguer » les « bonnes » visions du monde et les « mauvaises » visions du monde (les « bons » livres donnant à voir de « bonnes » visions du mondes, et inversement). Mais là encore, on n’a fait, que déplacer le problème d’un cran…

La conclusion d’Éric Bonnargent (dernière ligne du dernier entretien) démontre parfaitement l’étendue de son dogmatisme sur ce point. Ainsi, alors que les incohérences de ses propos lui ont été signifiés clairement lors de plusieurs débats, et là encore, par Juan Asensio et François Monti eux-mêmes, il conclut néanmoins, magistral et imperturbable : « Il y a de grands livres et de mauvais livres. »…

Mais quand même, quelle surprise de constater que la question du style n’est jamais abordée dans leurs échanges ? Pas plus que celle du plaisir de lire. On a vraiment parfois l’impression qu’ouvrir un livre relève, pour eux trois, plus du boulot que du bon moment.

Finalement, sur cette question épineuse de ce qu’est ou non un bon livre, c’est encore François Monti qui propose la conclusion la plus pertinente en précisant que « le meilleur des lecteurs est souvent condamné à voir dans ses lectures ce qu'il y cherche » et que toute tentative d’aller au-delà est relativement vaine.

*

Essayons de clore ce long texte sur la question de la « hiérarchie » et de tous les thèmes qui lui sont plus ou moins directement rattachés (élitisme, fascisme…).

Dans la préface qu’elle consacre au débat, Paméla Ramos est catégorique : « Oui, il existe bel et bien une hiérarchie de roman, de critique, de lecteurs » Difficile de le dire plus clairement. Juan Asensio, comme on s’en doute est tout aussi catégorique : « La critique est l’art du jugement : il y a donc […] volonté évidente d’établir une hiérarchisation ». Il est ainsi possible pour lui de décréter, du haut du droit que lui accorde son intime conviction (pour rester dans le vocabulaire explicite du « jugement »), que « Houellebecq est plus grand que Dantec pour telle et telle raison, ou l’inverse pour telle ou telle autre », ou qu’untel compte parmi les « géants » et tel autre parmi les « nains ». Et après tout, pourquoi pas ? Que Juan Asensio tienne ce type de discours ne me dérange pas s’il est d’accord pour l’assumer (ce qui semble être le cas).

Cela est plus compliqué pour François Monti, et plus encore Éric Bonnargent. Tous deux aimeraient bien revendiquer des goûts qui ne valent pas ceux des autres, des goûts qui, dans une logique de distinction, seraient quand même un petit peu au dessus des goûts plus simples (pour ne pas dire vulgaires), mais ils ont une fâcheuse tendance à se mettre en colère quand on leur dit que cela ressemble à de l’élitisme.

Prenons par exemple Éric Bonnargent. Lui qui ne cesse de répéter qu’il ne juge que les livres, pas les gens et qu’il ne se sent aucunement supérieur au quidam moyen, est sans doute tout aussi persuadé qu’il n’est pas élitiste quand il écrit : « Je me demande d’ailleurs s’il est bien sérieux de se référer à des séries pour prouver quoi que ce soit… » Ce à quoi François Monti répond avec un à-propos dont il ne semble pas mesurer toute la portée : « c’est une manifestation évidente du cloisonnement absurde que vous maintenez de bout en bout. Les séries, ce n’est pas sérieux ! Doux parfum de cette distinction entre Grande Culture et basse culture (télévisuelle ou basée sur l’image, de préférence) qui n’a plus aucun sens ». Cet échange est hautement instructif car il nous révèle que, si Éric Bonnargent et François Monti semblent s’entendre pour faire une distinction entre « Grande Littérature et basse littérature », ils ne sont pas d’accord pour en faire une entre « Grande Culture et basse culture »…

Comment est-ce possible ? La littérature ne fait-elle pas partie de la culture ? Et la partie n’est-elle pas normalement soumise aux mêmes règles que le tout ? J’avoue que cela me laisse perplexe… D’autant plus perplexe que ce lien qui unit justement la littérature et la culture est ici soigneusement laissé dans un flou qui n’a rien d’artistique pour le coup, notamment par Éric Bonnargent. Cela me ramène au débat sur le « fascisme » que ce dernier dénonce dès les premières lignes de ses échanges avec Juan Asensio et François Monti : « Pire encore, dire qu’il y a de bons livres et de mauvais livres ferait de nous des fascistes, l’argument consistant grosso modo à dire que si nous nous permettons d’émettre un tel jugement de valeur en ce qui concerne les livres, cela conduisait nécessairement à faire la même chose avec les hommes. » Ce à quoi François Monti répond, avec justesse, d’ailleurs, que le terme « fascisme » a tellement été galvaudé qu’il vaudrait mieux éviter de l’employer sans raisons valables. À bon entendeur…

Que disait alors[1] Éric Bonnargent : « ce n'est pas parce qu'une culture est différente de la mienne et qu'elle ne m'intéresse pas que j'estime que ma culture est supérieure. Penser ainsi, c'est être fasciste. Je ne le suis pas. » Très bien… Sauf que dans cette citation il ne définit pas ce qu’il entend par culture. Et que bien entendu, comme par hasard, lorsqu’il s’agit de parler des cultures, il n’emploie plus le mot « distinction » mais bien le terme « différences », qui, comme je l’ai déjà expliqué, n’implique effectivement nulle idée de supériorité ou d’infériorité en soi. Mais là encore, pourtant, si l’on est d’accord pour dire que la littérature est une des dimensions possibles de la culture, je vois mal comment on peut clamer que l’on fait des « distinctions » dans le premier champ alors qu’on se contente de constater des « différences » dans le second. Opérer une « distinction » entre « bonne » et « mauvaise » littérature, c’est, de fait, opérer une « distinction » entre « bonnes » et « mauvaises » cultures. Dire que des livres, des auteurs « valent » mieux que d’autres, c’est, qu’il le veuille ou non, dire que des cultures « valent » mieux que d’autres. Et comme la culture est indissociable des individus qui la composent, dire que certaines cultures « valent » mieux que d’autres, n’est-ce pas induire que certaines personnes « valent » mieux que d’autres ?

Alors, fascisme, pas fascisme ?… Élitisme, pas élitisme ?... Je n’en sais rien, mais fermer les yeux sur tout ce qui peut se jouer là en terme de pouvoirs, d’autorités, de places et de violences symboliques, ne me semble pas être une attitude très sérieuse.

*

Voilà, je cesse là. Je suis  assez curieux de savoir comment mon texte va être reçu par les intéressés. Pour le moment, leurs retours ont toujours été les mêmes : je ne sais pas lire, je suis de mauvaise foi, je suis inculte, je ne comprends rien, je suis insultant, méprisant, malhonnête… Peut-être même que Juan Asensio saura, pour l’occasion, me tricoter quelques qualificatifs encore plus fleuris. Où alors, ils feront comme s’il n’avaient rien vu et dédaigneront de répondre à ces « vulgaires » réflexions qui ne « valent » pas la peine d’être commentées… Nous verrons bien !

 

Stéphane Beau

Fin.


[1] Sur le blog du Grognard.

06:00 Publié dans En vrac | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Stéphane, finalement je ne serai pas brève.
Vous prenez bien toutes les précautions oratoires de rigueur afin qu’il soit impossible de vous objecter que vous ne savez pas lire ou que vous êtes de mauvaise foi, mais vous n’avez pas pris la plus importante, je me permets donc de m’infiltrer dans cette brèche : si vous semblez excédé que nos trois compères aient brassé du vent sans apporter aucune réponse satisfaisante à vos yeux si délicats, vous semblez tomber dans le même travers. Voulez-vous donc que nous reprenions point par point vos incohérences, en regard des leurs et qu’ainsi nous tournions lamentablement en rond tous ensemble jusqu’à la fin des temps ? Je retire « lamentablement », qui est un jugement de valeur subjectif et catégorique, ce qui semble vous déplaire. Au fond, pourquoi ?
Vous soulevez pourtant des points intéressants (distinction basse-grande littérature mais pas basse- grande culture par exemple), mais vraiment, vous n’inventez pas l’eau tiède. Si je suis catégorique dans cette préface, c’est qu’il me semble – étant tout à fait à même de l’assumer, comme vous dites, comme on assumerait un handicap, j’imagine, ou une origine honteuse (je vous taquine, oh la la !) – il me semble donc que tout est pure subjectivité, et que l’on suit d’abord dans un livre, chez un critique, une personnalité, une voix. Dès lors il faut que chaque voix soit claire, et le premier tri s’effectue immédiatement : affinités électives ou alors passe ton chemin.
Vous ne semblez pas comprendre le rôle d’une préface : il s’agit avant tout de montrer déférence à ce qui suit, évidemment, de le cautionner, parfois même c’est un simple exercice de léchage de bottes, ce qui ne m’a pas déplu car j’aime bien le goût de leurs bottes ne vous étonnez donc pas que « même » moi j’en rajoute sur les thèses fumeuses (à vos yeux) de hiérarchie, d’autorité ou autre de ces messieurs : point n’était ici le lieu de les contester et bien entendu, j’ai donné bien péremptoirement mon avis sur ces lignes afin de faire au plus bref, avis qui m’a été demandé et qui fut, n’en doutez pas, bien difficile à résumer. J’ai indiqué en privé à ces messieurs des points qui me semblaient faibles ou incohérents et ils ont souhaité « jouer le jeu » de ne pas conclure, de ne pas modifier, de s’offrir avec, oui, leurs incohérences et leurs faiblesses. Tout ceci était indiqué au départ, ce me semble. Le cahier des charges vous a été transmis, vous pouvez passer le reste de votre temps à le contester, c’était le postulat de départ, assumé, point. Votre « article » ressemble à un commentaire passable (il y en eut de bien plus fulgurants, ça et là, signés AAZemour, Sacater, Géraud, Bart, Moury ou Giorgetti, les avez-vous seulement lus ? Ceux-là même n’ont pas donné de leur petite crise d’égo de n’avoir pas été conviés, ils se sont fait entendre en suivant, engendrant un forum fort intéressant), ni plus ni moins que celui que je suis en train de commettre. Vais-je le placarder en première page de mon blog ? Pitié, le ridicule, parfois, tue.
Je ne dis pas pour autant que ces trois hommes sont les maîtres du monde des Lettres, je dis que leur voix, singulière, mérite d’être entendue. J’indique donc un mérite, oui. Qu’est-ce que le mérite ? Vous voulez qu’on interroge tous les termes de toutes les phrases ou bien alors vous oserez concevoir que oui, parfois, l’instinct indique un « bon sens » ? Et subjectivement, je me sens appartenir à leur vision. Pourtant ils sont si différents ! Serions-nous alors faits de plusieurs bois ? Mon Dieu ! Quelle révélation… Et vous, duquel alors êtes-vous donc fait ? Aucun pour vous satisfaire, même par éclats, comme il en existe de si purs dans ces lignes ? Aucune reconnaissance pour aucune de ces lignes écrites, au long des 35 pages ? Peut-être tout simplement n’aimez-vous pas les livres que vous ne compreniez à quel point il n’y aura jamais de réponses objectives (géniale, vraiment géniale votre course à l’objectivité, quand vous aurez trouvé, je vous en prie, partagez vos recettes !), parfaites et « cohérentes » mais des questions permanentes qui jalonnent un chemin personnel bien difficile à débroussailler. Oui, nous allons tous nous planter de définitions en définitions, on peut essayer, oui ?
Vous semblez bien chagrin, enfin que pas un de ces « grands critiques » (cernez un peu l’ironie, ne soyez pas si premier degré, voyons !) ne vous considère à votre juste valeur. Je ne sais absolument pas qui vous êtes, non plus que vous ne savez qui je suis et c’est bien normal car tout cela n’est que peu de chose, je juge donc sur votre texte en trois parties. Eh bien, je comprends un peu pourquoi vous n’avez pas été convié : il aurait fallu rajouter 35 pages de plus de précautions diverses, excusez-moi très hypocrites, pour s’excuser par avance ou a fortiori de tout énoncé, de toute notion employée, et faire profil bas en évitant les formules autoritaires ou péremptoires, si promptes à terroriser le défenseur forcené de la liberté de ne rien penser que vous êtes. Pour s’assurer enfin que rien ne puisse vous froisser ainsi que le frêle lecteur angélisé qui lui, est toujours innocent bien sûr !
Cette liberté, usez-en, nous vous en prions ! Mais votre scandale sonne faux. Derrière, on entend surtout la vexation de n’avoir pas été tenu en égale considération. Il existe sur la Toile quantité de personne de grande valeur, mais puisque vous préférez que chacun soit égal, il en existe aussi de fort… égales, qui seraient absolument ravies de s’entretenir avec vous sur la littérature. Vous avez votre revue, votre blog, pourquoi ne pas leur demander vous-mêmes?
Et nous direz-vous enfin ce que vous a fait Eric Bonnargent qui doit selon vous brûler en enfer ? Le connaissez-vous seulement ? Vous me feriez vraiment rire, ce sur point, si je ne trouvais ce matraquage futile et bien malveillant. Votre courage est tel que vous chargez celui qui a le plus de scrupule des trois à se montrer féroce – et ce par souci de rester intelligent et poli avec son interlocuteur, c’est beau, Stéphane, sans faire d’horrible jeu de mots !
Enfin, pour clore cette discussion (eh oui voyez-vous, moi aussi, bien que n’étant personne ce qui devrait vous plaire, je m’octroie l’autorité de la clore, en ce qui me concerne, en tout cas), je vous rappellerai que vous manquez d’âme charitable, vous préjugez nos hommes coupables, emplis d’intentions putrides et manipulatrices (dans quel but exactement, vous n’en dites rien), sans jamais vous demander s’ils n’ont pas tout simplement été heureux de s’exprimer sur ce sujet glissant, avec passion et sincérité, sans haine.
Moi je vous réponds sans haine (ce qui marque un grand jour, pourriez-vous rétorquer ce qui serait comique) avec passion et sincérité, sûre de ne détenir aucune vérité autre que celle que je partage avec mes semblables, le reste du monde me pardonnera ou se détournera. A trop vouloir plaire à tout le monde, on en devient inutile, cynique, convenu puis transparent, cher Stéphane.

Écrit par : Paméla Ramos | 04 avril 2010

Votre réponse ne manque pas d'humour, même si elle n'apporte pas grand chose de neuf (Mince, nous sommes deux à ne pas avoir inventé l'eau tiède ! Comme quoi, vous voyez, nous avons au moins un point commun !)

Vous ne faites que ressasser toujours la même chanson : le fait d'exprimer mon désaccord prouve que je suis ridicule, que je donne dans la crise d'ego et dans la vexation, que je ne comprends rien, que je n'ai pas inventé l'eau tiède, que je suis chagrin, que je manque d'âme charitable, que je suis cynique, convenu, transparent... Bin tiens ! Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple... Mais j'avoue que je suis un peu déçu, je pensais que vous pouviez faire mieux... Tant pis...

A part ça, pas grand chose à vous répondre vu que que vous n'êtes pas venu ici pour dialoguer, mais juste pour dénoncer mon outrecuidance à vouloir me glisser dans un débat où je n'ai pas ma place... Donc...

Mais j'ai compris le message : je ne dois pas jouer avec vos jouets et je dois rester dans mon bac à sable !!! (pas du tout de complexe de supériorité, à part ça, la p'tite dame!!!)

Écrit par : stephane | 04 avril 2010

Juste un petit mot pour répondre quand même à vos propos sur Eric Bonnargent que je ne connais pas et que je ne veux nullement envoyer en "enfer" comme vous dites. Là encore, vous confondez débat d'idée et débat d'identité. Ce n'est pas parce qu'on n'est pas d'accord avec quelqu'un qu'on lui veut du mal ! quelle étonnante vision des relations humaines, quand même !)

Que dois-je comprendre ? Que comme il est gentil et poli je ne dois pas le contredire ? Que la critique le blesse? Que lui, il peut se permettre de dénaturer complètement mes propos, de me faire dire presque l'inverse de ce que j'ai dit, ce n'est pas grave, mais que lorsque moi je pointe la méthode du doigt, je suis malveillant et pas très courageux de m'en prendre ainsi à un être aussi fragile ! (vous avez quand même une drôle d'image de lui ! Je ne sais pas si je veux l'envoyer en enfer, mais vous avez quand même tendance à vouloir l'expédier direct au pays de Calimero !)

Et ça ne vous gène pas de proférer de telles énormités ?

Écrit par : stephane | 04 avril 2010

Stéphane, votre commentaire nous ressert une histoire de place, ou plutôt de votre place. Après une autre histoire -- celle du "droit" à discuter --, on va finir par croire que votre grief principal est finalement de ne pas avoir été invité. Donner cette couleur à votre intervention ne lui rend pas justice, vous devriez vous retenir...
Ceci mis à part, je vous remercie d'avoir jugé que notre dialogue méritait trois posts sur votre blog.
Bref.
Je note que vous identifiez ici plusieurs contradictions qui parsèmeraient mes interventions, particulièrement celles qui indiqueraient mon "trouble". Vous faites bien de souligner plus tard que je dis que le lecteur aura tendance à trouver ce qu'il cherche dans les textes qu'il lit car c'est clairement ce qui se passe dans votre message. De contradiction, il n'y en a aucune. Chez vous, le doute et le questionnement se transforment en "trouble", le fait de ne pas rejeter la possibilité de l'erreur est une "contradiction". Gageons que si j'affirmais n'avoir aucun doute et ne pas savoir ce qu'est l'erreur, vous hurleriez au fanatisme. Avec vous, on ne saurait gagner. Damned if you do, damned if you don't.
Vous relevez un autre passage "instructif" selon vos propres termes. Celui où, selon votre lecture, je refuse d'établir une différence --pardon, distinction-- entre "haute" et "basse" culture -- alors que je n'hésite pas en ce qui concerne la littérature. Tout obsédé que vous étiez à essayer d'identifier des contradictions ou des éléments qui confirment votre théorie, vous n'avez pas su voir ce qui était pourtant évident: ce qui est absurde, ce n'est pas l'idée qu'il y a des grandes et des mauvaises productions culturelles, ce n'est pas l'idée de hiérarchie, non, ce qui est absurde c'est la conception traditionnelle de haute et basse culture (peinture d'un côté, télé de l'autre par exemple; ou Bach d'un côté, Rolling Stones de l'autre) qui rejette globalement certains types de pratiques alors qu'il faut au contraire savoir aller voir partout et n'avoir pas peur de rejeter certaines vaches sacrées. J'imagine que ça ne rentre pas dans votre lecture de notre discussion...
Stéphane, ce qui semble vous déranger profondément, ce n'est pas que nous pensions qu'il y a effectivement des grands livres et des mauvais livres, non, ce qui vous dérange c'est que notre débat n'est pas un question de foi inébranlable, et que ça vous empêche de nous traiter en fanatique. En pointant de supposées contradictions (et il y en a, mais pas où vous les cherchez), vous semblez espérer que nous nous amenderons et nous radicaliserons. Ainsi, nous nous transformerons effectivement en ces personnes qui établissent des hiérarchies non seulement entre livres mais aussi entre êtres humains. Preuve sera ainsi faite de la justesse de votre postulat de départ. Si vous n'avez pas été invité, si nous vous avons refusé le droit de participer, Stéphane, c'est peut-être pour ça, c'est peut-être pour le manichéisme aveugle qui se cache derrière votre "individualisme dogmatique".
Tout ceci est d'ailleurs très dommage. Je sens dans votre étrange lecture de cette conversation Asensio - Bonnargent - Monti qu'il y a tout de même matière à mieux -- et, en fait, matière à tomber d'accord avec vous sur certains points. Ainsi, non. Mais je reconnais que ce qui est dit ici vaut nettement plus la peine que le tout premier message posté sur ce blog au lendemain de début de la mise en ligne de ce dialogue. Ce message, supprimé ensuite, était, lui, effectivement méprisant, insultant et profondément malhonnête.

Bien à vous.

Écrit par : François Monti | 04 avril 2010

Juste une petite précision. Cessez avec cette idée (attaque trop facile tout de même) que je vous en veux de ne pas avoir été invité dans votre trio ! Car le problème est plutôt inverse : j'ai été invité dès le début et malgré moi dans ce débat par Eric Bonnargent qui a repris en introduction et en en modifiant tous les termes, les éléments du débat que nous avions eu sur le blog du Grognard. Oublier systématiquement ce fait, de votre part, ne rend pas justice à votre sens de l'équité... Vous devriez peut-être vous retenir, vous aussi, sur ce point...

Et puis de toute manière, il n'est pas question de s'inviter puisque vous n'êtes pas (dites vous) les représentants d'un club privé, élitiste et ouvert seulement aux membres autorisés... C'est curieux cette idée (aussi mise en avant par pamela Ramos) de ma supposée frustration de ne pas avoir été invité ? Invité à quoi ? Ce n'est pas banal, quand même, comme reproche, non ?

Après, amendement, radicalisation... Non, je n'attendais rien de tout cela de votre part. J'avais juste envie d'exprimer mon entiment vis-à-vis de vos échanges. J'aurais dû vous demander une autorisation, peut-être, désolé !

En vérité, je ne m'attendais pas à grand chose d'autre qu'aux réactions un peu dédaigneuses que vous me renvoyez. Donc, pas de surprises ni de frustrations à ce niveau !

Écrit par : stephane | 04 avril 2010

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