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04 février 2010

U COMME... USURE

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U comme… USURE

 

 

L'USURE

 

Argent, maudit argent, source de tous nos maux,

Sans cesse des humains tu troubles le repos !

L'homme naît, l'homme meurt, l'homme vit ta victime.

Toujours prêt à céder au désir qui l'opprime !

Ce désir dangereux, il doit toujours dompter,

Autrement à sa perte il se laisse emporter :

La morale, la loi, n'ont sur lui plus d'empire,

Argent en abondance est tout ce qu'il aspire :

Tous moyens lui sont bons, l'honneur, la probité,

Pour jamais loin de lui sont un frein rejeté,

La soif de s'enrichir le presse, le tourmente,

Plus il la satisfait, plus elle est dévorante.

 

Sans doute c'est ainsi que naquit l'usurier,

Qu'il osât proposer un secours si meurtrier,

Qu'il se fit un métier d'égorger son semblable,

D'engraisser son trésor des pleurs du misérable !

Oui, l'usure à ce point endurcissant les cœurs,

De l'homme corrompit la nature et les mœurs ;

Il ne fut plus le même, il devint faux, perfide,

Et surtout d'un vil gain cruellement avide ;

Chacun se concentra dans ses propriétés

Ne connut que l'argent pour régler ses traités ;

On vit s'évanouir la douce bienfaisance,

Et tous les maux ensemble attester son absence.

L'indigent vainement exposa ses besoins,

Le riche n'eut de lui nulle pitié, nuls soins :

Chacun eut l'un envers l'autre une âme fière et dure

Et de ses propres mains irrita sa blessure.

Voilà les premiers maux qu'enfanta l'usurier,

Il doit être à jamais l'horreur du monde entier.

Son système a beaucoup augmenté nos misères,

Les hommes par lui seul ont cessé d'être frères,

Quiconque fait l'usure est mauvais citoyen,

De l'union sociale il brise le lien,

De ce monstre odieux, si justice était faite,

Il devrait ne trouver ni secours ni retraite.

 

L'Usure, 1809
Marie-Louis-Joseph de Boileau

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