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21 janvier 2010

S COMME SOMNABULISME

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S comme… SOMNAMBULISME

 

 

25ème DISSERTATION

Psychologie comparée. Examen des différents états psychologiques

Le Rêve, le Somnambulisme, la Folie

 

À l’occasion des données des sens et de la conscience, les idées se forment dans notre esprit. – La raison contrôle ces notions premières, la mémoire les conserve, l’imagination les reproduit et les transforme, et nous arrivons ainsi, par l’exercice régulier de nos facultés, à compléter les connaissances fournies par la perception extérieure.

 

Mais l’intelligence humaine peut subir, suivant les différents états psychologiques, des modifications accidentelles ou permanentes, dans l’exercice même de ses facultés.

 

Pendant le sommeil, certaines facultés se ferment pour ainsi dire. D’autres conservent un certain degré d’activité, et échappent plus ou moins à l’assoupissement dans lequel l’organisme est plongé. Parmi celles-ci, il faut placer en première ligne l’imagination. Les images qu’elle évoque pendant notre sommeil n’étant plus contrôlées par les autres facultés, se succèdent et se combinent dans un désordre fantastique ; et malgré leur absurdité et leur invraisemblance, le dormeur croit à la réalité de ses rêves. – Dans cet état, la plupart des sens ne fonctionnent plus ; toutes les opérations de l’esprit qui dérivent de la réflexion se trouvent suspendues ; et dès lors, les rêves enfantés par l’imagination ne trouvent ni dans la conscience, ni dans le raisonnement, ni dans la comparaison, un obstacle à leur production spontanée.

 

En dehors du rêve ordinaire, certaines personnes dont la sensibilité nerveuse est très exaltée, peuvent se trouver parfois plongées dans un rêve maladif, qui est le somnambulisme. – Dans cet état, la faculté locomotrice subsiste ; le somnambule marche et agit, avec une sûreté d’autant plus grande, que tous ses mouvements sont en quelque sorte instinctifs et irraisonnés.

Toutes les sensations qui se rattachent à l’image évoquée en son esprit, se produisent avec une finesse prodigieuse, et les sens qui les transmettent acquièrent un extrême degré de pénétration.

 

Il est des personnes chez lesquelles ces phénomènes se développent naturellement. Il en est d’autres qui peuvent être plongées dans cet état, par suite de certaines influences extérieures; c’est le somnambulisme artificiel, ou l’hypnotisme. – La personne, qui par son action, a su produire chez un sujet le sommeil magnétique, reste pour ainsi dire, présente dans le rêve qu’elle a provoqué, et peut suggérer au patient les idées les plus singulières : toutes ces impressions s’effacent au moment du réveil, et le sujet n’en garde aucun souvenir.

 

Il est encore un état dans lequel les facultés humaines ne s’exercent plus d’une façon normale et régulière, cet état est l’hallucination et la folie sous toutes ses formes. La cause de la folie réside encore dans une surexcitation maladive de l’imagination, et dans l’affaiblissement des autres facultés. Dès que la volonté s’affaiblit, que l’attention se relâche, que la raison cesse d’exercer son empire sur les suggestions de l’imagination, celle-ci usurpe plus ou moins le rôle des autres facultés, et se donne carrière dans les divagations les plus insensées.

 

Ainsi, même dans l’état de santé, lorsque les autres facultés sommeillent, l’imagination veille encore, et se manifeste dans le rêve. – Elle peut acquérir, dans la formation de nos idées, un rôle prépondérant, lorsque par suite d’un état maladif) les autres facultés sont impuissantes à la maintenir. 

Essai de philosophie classique. Recueil de différents sujets proposés habituellement aux examens de baccalauréat, avec des modèles de développement, 1885
Léon Duflos.

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