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05 février 2010

ON DIT DU BIEN DU COFFRET...

amer.JPGIan Geay dit du bien du Coffret dans le troisième opus d’Amer !

  

Le Coffret : Stéphane Beau signe là un fort beau roman d’anticipation. L’histoire est simple. Nathanaël découvre dans son grenier un coffret contenant sept livres d’auteurs qu’il ne connaît pas hormis son grand-père : Nietzsche, Jünger, Thoreau, Palante, Montaigne et Freud. En recherchant rapidement dans l’Encyclopédie Académique il apprend que Friedrich était un « philosophe décadent victime de troubles psychologiques importants et auteurs d’ouvrages aussi incompréhensibles qu’inconvenants » et que « son œuvre mortifère et dégradante a été reléguée en 2063... » Vous vous demandez ce qu’il a bien pu se passer en 2063 ? C’est très simple : nous avons vu « débarrasser la "Science de la Sagesse" de ses dernières survivances négatives »... Allez, un extrait :

 

« L’usage du livre avait été définitivement aboli vers le milieu des années 2060, c’est-à-dire peu de temps après sa naissance. Cette abolition des livres s’était d’ailleurs faite très naturellement sans le moindre heurt. Il y avait bien longtemps que presque plus personne n’en lisait : trop volumineux comme objet, trop lourd, et aussi trop gourmand en matière première. Trop gourmant en temps aussi : qui pouvait se permettre de passer des heures à lire aujourd’hui ? Qui pouvait se permettre de perdre son temps de manière aussi peu productive ? Petit à petit les bibliothèques, déjà désertées par les lecteurs, avaient été vidées de leurs contenus. Transformées en espaces de communication publique, elles avaient été équipées de postes informatiques diffusant en boucle l’essentiel de tout ce qu’un bon citoyen devait savoir : la météo, les dernières directives du gouvernement, des émissions de divertissement, des appels à témoins régulièrement remis à jour par les services de la Police Citoyenne et, surtout, des reportages – essentiels – sur les faits et gestes de tous les grands de ce monde. L’adoption d’un enfant par un ministre ; l’achat, par un député, d’une nouvelle voiture ; la nouvelle concubine d’un chanteur à la mode... Autant d’évènements qui donnaient immédiatement lieu à des enquêtes interminables, à des débats sans fin qui mobilisaient tous les journalistes du pays jusqu’à ce qu’un nouveau scoop – le divorce d’un sénateur par exemple – attire à son tour tous les regards. »

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