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08 septembre 2009

Manifeste du Zaporogue

manifeste.JPGBien joli texte que ce Manifeste du Zaporogue, signé Sébastien Doubinsky.

 

Son écriture, morcelée, éclatée, parfois hurlée, parfois susurrée, présentée sous forme d’aphorismes qui s’enchaînent ou se dénouent au fil des pages, justifie pleinement l’intitulé de Manifeste qui va comme un gant à ce texte rageur, à la fois passionné et lucide.

 

Imaginez un monde (le notre) où le livre est devenu un objet de consommation comme les autres, où la lecture n’est plus qu’un « loisir », l’écriture un « travail » (voire un « métier ») et l’édition un « commerce »… Ce monde ne peut courir que vers la catastrophe…

 

Et les résistants des lettres, ceux qui croient encore que les verbes « lire », « écrire » et « éditer » sont de la même famille que le verbe « exister », trouveront, dans le texte de Sébastien Doubinsky, certes un tableau sinistre et désabusé de la situation, mais aussi un message d’espoir. Car, tant qu’il restera une main avec un stylo entre les doigts et un cerveau connecté à l’autre bout, tout ne sera pas perdu !

 

Quelques extraits pour aiguiser l’appétit :

 

- D’une rature l’écrivain biffe Dieu. Dieu n’a pas encore réussi à biffer l’écrivain. Pas tous en tout cas.

 

- On a remplacé l’écriture par l’Écriture. Et par les écritures minimes, inoffensives. Qui distraient le peuple pendant les bombardements.

Best-sellers.

Tout le reste n’est que littérature.

 

- Les Bibles et le Coran sont des dictionnaires de l’impossible.

 

- « La gratuité n’existe pas », disent les imbéciles, qui sont nombreux par les temps qui courent.

Mais si.

Elle s’appelle littérature.

Et elle est toujours prête à revêtir son armure.

Il est grand temps qu’on l’aide.

 

- D’ailleurs, c’est bien connu, quand on travaille, on n’a pas le temps de lire. Demain on dira qu’il n’y a que les paresseux et les chômeurs qui ont le temps de lire.

Des asociaux.

Des parasites.

Travailler plus pour lire moins.

Une bonne solution, bien morale. 

 

Le texte est en lecture libre ICI.

Commentaires

Au fait, le Stéphane Pas-Prat remercie le Stéphane Prat pour lui avoir signalé, il y a quelques semaines de cela ce Manifeste du Zaporogue !

(Rendons en effet à Stéphane ce qui n'appartient pas à Stéphane mais bien à Stéphane).

Écrit par : stephane | 08 septembre 2009

Je trouve que ce "Manifeste" et ton "Coffret" s'éclairent mutuellement sur des questions voisines, à propos de la disparition du livre, de l'écriture, l'appauvrissement de l'existence, notre solitude grégaire etc.... Pour reprendre un titre de Cendrars, que Sébastien Doubinsky met en exergue, je vois ce Manifeste comme un "documentaire" sur ces questions-là, c'est à dire un poème à chaud, une prise de parole en prise directe sur nos réalités, là où tu développes une fiction, un conte philosophique, et fais peut-être appel à un illusionnisme plus partagé (Bovarysme oblige...)

Je conseillerais la lecture de ces deux livres à la suite.

Écrit par : Stéphane Prat | 09 septembre 2009

Les commentaires sont fermés.