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22 juillet 2009

Le Bluff éthique

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« Si un humain idéal, éthiquement correct, pouvait exister, il ne serait pas plus "humain" ou "surhumain", mais non humain. »

Frédéric Schiffter, Le Bluff éthique, Flammarion 2009.

21 juillet 2009

REZOBOOK partenaire du Grognard

logo-rezobook.gifLe Grognard a décidé de s’associer au projet Rezobook « librairie en ligne d’auteurs solidaires ». Il est maintenant possible d’acheter directement Le Grognard sur ce site.

  

Le principe de ce réseau naissant (qui cite Palante en ouverture) est intéressant. Il a encore besoin de s'étoffer un peu, mais la base est déjà sérieuse. C'est donc avec plaisir que nous nous lançons dans cette nouvelle aventure !

VIGNY - Journal d'un poète # 3

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19 juillet 2009

Aglaé Vadet s'expose...

agla_expo.jpgAglaé Vadet s’expose cet été au Havre, à la galerie « Aux yeux d’Elsa ». Si l’envie vous prend d’aller admirer ses toiles, voire même d’en acheter une, faites comme chez vous. Tous les renseignements sont disponibles ICI .

08:59 Publié dans En vrac | Lien permanent | Commentaires (4)

14 juillet 2009

VIGNY - Journal d'un poète # 2

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08:02 Publié dans En vrac | Lien permanent | Commentaires (1)

11 juillet 2009

L'été au Petit Pavé

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Petit souvenir du stand du Grognard à l’assemblée Ruralivre organisée le 4 juillet dernier par les éditions du Petit Pavé. Les flâneurs et autres curieux ont pu y découvrir les différents numéros de notre revue, mais aussi quelques ouvrages publiés par certains de nos collaborateurs : Stéphane Prat, Gaston Vieujeux, Thierry Guérin…

 

10 juillet 2009

Vinau et Garaud sont sur un bateau...

img291.jpgVous ne savez pas quel livre emmener à la plage cet été ? Le dernier Mary Higgins Clark ? Le nouveau Hablan Coben ? Le dernier Romain Sardou ? Pouah !!! 

 

Et si vous vous laissiez tenter par une publication plus originale ? Allez, je vais vous aider en vous signalant les dernières publications de deux de nos joyeux grognards…

 

img292.jpgCommençons par Christian Garaud qui nous présente ses Pommes Clochards, recueil de poèmes paru en mai 2009 (Polder n°141) sous l’égide de la revue Décharge (20, rue du Pâtis, 89130 TOUCY).  Magnifique assemblage d'instantanés de vie, sans chichis ni blablas. Un exemple ? « Toute sa vie, l'enfant va son chemin d'enfant dans un corps qui va son chemin de corps » (p.9).

 

lane_de_RB003.jpgEt pour faire le pendant de ce chouette recueil qui mêle si joliment simplicité et profondeur, voici deux volumes signés Thomas Vinau : Dormir dans les décombres, petite plaquette parue dernièrement aux éditions Microbes et L’Âne de Richard Brautigan aux éditions Du soir au matin. Thomas, j’en suis persuadé, restera parmi les poètes qui compteront et qui dureront dans les décennies à venir. Ses petites plaquettes seront un jour des collectors : alors n’hésitez pas, commandez-les dès aujourd’hui !

Le Grognard à la Plaine sur mer

Affichefetedulivre09.jpgAvis aux amateurs : Le Grognard sera le 19 juillet 2009, à la fête du livre à Plaine sur Mer. La manifestation se déroulera de 10 h à 18 h, au jardin des Lakas. Vous le trouverez, comme d’habitude, sur le stand des éditions du Petit Pavé.

09 juillet 2009

Cormac McCarthy : La Route

Le texte qui suit a déjà été publié sur le site d’Ygor Yanka (Opus XVII) en novembre 2008. Nous y avons apporté quelques modifications.

la-route_cormac-mccarthy_080722061948.jpgLa Route de Cormac McCarthy : le genre de livre qui ne laisse pas indifférent, loin s’en faut et qui, comme toutes les grandes oeuvres, nous incite à prendre la plume à notre tour aussitôt la dernière page tournée.

Première remarque sur le style, dont j’ai lu à plusieurs reprises sous la plume de divers critiques que ce n’est pas dans ce livre que McCarthy s’est montré le plus inspiré. C’est possible, mais quel exercice de style tout de même, tout en noirs et en nuances de gris. Pendant presque 250 pages, les personnages évoluent dans le « rien », c’est-à-dire dans un univers de cendres, de goudron fondu, d’arbres brûlés et de maisons en ruines. Faire vivre une histoire, dans ce contexte, sans donner l’impression de radoter et de tirer à la ligne, demeure quand même un bel exploit.

Exploit d’autant plus louable que les rebondissements sont rares et, à mon goût, un peu trop « téléphonés ». Ainsi, comme par hasard, c’est toujours lorsque les deux protagonistes sont quasi morts de faim qu’apparaissent, miraculeusement, sur leur chemin, des boîtes de conserves, des vêtements, des couvertures etc. Et plus encore que les rares et très évasives allusions à Dieu ou à la Bible, c’est dans ces sauvetages inespérés que j’entrevois la dimension « religieuse » que certains ont cru déceler dans ce roman. Car de deux choses l’une : soit McCarthy est un rigolo qui se contente, pour sortir ses personnages de l’embarras, de tours de passe-passe dignes de scénaristes de téléfilms de TF1 (mais indignes d’un auteur de son rang), soit il donne une symbolique plus élevée à ces « pêches miraculeuses » qui, autrement, deviennent vite plus agaçantes qu’autre chose.

Oui, il y a bien, en « bruit de fond » du roman, une vision religieuse – et de ce fait manichéenne – du monde ; l’idée qu’un Bien existe et qu’il doit forcément finir par terrasser le Mal ; l’idée que l’Humanité peut être sauvée (la symbolique de l’enfant est effectivement assez parlante – limite facile d’ailleurs, mais bon – et, pourquoi pas, qu’une « nouvelle chrétienté » pourrait finir par voir le jour. Mais on ne peut pas s’en tenir qu’à cette vision religieuse. Car si le roman de McCarthy ne disait « que » ça, ce ne serait qu’un bien piètre bouquin tout juste utile à rassurer les culs bénis. En réalité, McCarthy oppose, d’une manière beaucoup plus tragique et profonde, deux mondes.

D’un côté, le monde de la croyance humaine en un Bien et un Mal, celui de l’espoir que toute Apocalypse, tout comme dans l’Ancien ou dans le Nouveau Testament, ne marque jamais réellement une « fin », mais bien plutôt un nouveau « début ».

De l’autre, le monde de la réalité organique, physique, qui n’en a rien à secouer des croyances humaines et des mensonges que les hommes s’inventent pour conjurer leurs peurs. Dans le roman de McCarthy, tout est fini. La terre est morte et les humains survivants s’éteignent les uns après les autres. Aucun espoir à long terme, et pourtant les hommes continuent à vivre comme s’il y avait un « après ». À ce titre, une des phrases qui m’a parue être une des clefs du roman est la suivante : « Il ramassa un livre et feuilleta les lourdes pages gonflées d’humidité. Il n’aurait pas cru que la moindre petite chose pût dépendre d’un monde à venir. Ça le surprenait. Que l’espace que ces choses occupaient fût lui-même une attente » (p.162) Phrase clef car elle dit tout du choc entre ce monde des croyances dont McCarthy lui-même ne parvient pas à se détacher, et ce monde réel, organique (rendu presque inorganique par le cataclysme nucléaire) qui ne laisse aucune place à l’espoir et qui semble dire aux hommes : « pourquoi continuez-vous à faire semblant puisque le spectacle est fini ! »

C’est là que réside, pour moi, la grandeur du roman et sa superbe dimension tragique. Dans cette question qu’il nous pose : comment penser la « fin », la fin de l’humanité, mais aussi sa propre fin ? Avec son roman, McCarthy remet ces deux « fins » sur le même niveau : penser la mort de l’humanité ou penser sa propre mort, dans les deux cas ces pensées contiennent, intrinsèquement, une contradiction : penser la fin est quasiment impossible en soi sans rajouter à cette fin un « après ». Car cette fin sans « après » est absolument inconciliable avec l’idée d’une lutte entre le Bien et le Mal dont on sent bien que McCarthy peine à se détacher. Elle ne peut s’accorder qu’avec le principe, à la limite, d’une lutte entre le Bien et le Mal d’un côté et le néant de l’autre.

Confronté à cette interrogation (quelle attitude adopter face au néant, à la fin sans « après »), McCarthy semble avoir choisi (et c’est ce qui fait que son roman peut donner l’impression qu’il appelle à une forme de renouveau de la chrétienté) : il veut continuer à croire à l’espoir et à la victoire du Bien sur le Mal. Mais cela ne l’empêche pas d’être conscient de la fragilité de son espérance, et c’est probablement la raison pour laquelle, et de manière moins optimiste, il laisse sous-entendre, à plusieurs reprises au cours de son récit, qu’il existe d’autres portes de sortie, d’autres réponses possibles.

– La première, par exemple, est le suicide : c’est la voie choisie par la mère de l’enfant qui exprime ainsi clairement que si tout est fini et qu’aucun « après » n’est possible, le fait même de continuer à survivre ne peut relever que du non sens. Et à ce niveau le suicide apparaît d’autant plus justifié que, du fait de l’absence de tout espoir, le « maintenant » n’existe plus non plus (ce que le héros pressent fortement dans l’extrait que je cite plus haut).

– La seconde voie ouverte par McCarthy, la plus horrible, sans doute, mais peut-être aussi la plus « rationnelle » est le repli sur le « vouloir-vivre ». En effet, la morale n’ayant de sens que dans l’optique d’un « après », quand il ne demeure plus aucun espoir d’une ouverture possible vers une quelconque transcendance, la vie animale est probablement ce qui se fait de plus adapté avec la réalité donnée et, dans le roman, les survivants qui mangent leurs enfants sont, à ce titre, bien plus cohérents avec le contexte que ceux qui ne le font pas et qui continuent à se replier derrière des préceptes moraux qui n’ont plus court.

Renvoyant le cannibalisme et le suicide dos à dos, McCarthy a donc opté pour l’espoir. Difficile de lui en vouloir…

Stéphane Beau

14:54 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (2)

Michel L'Hostis : De Guingois

img290.jpgNous vous parlions de Michel L’Hostis, il y a quelques semaines de cela, et nous vous disions tout le bien que nous pensions de son dernier opus : Sur les marches d’un cirque universel.

 

Nous y revenons aujourd’hui pour vous rappeler que l’année dernière ce même Michel L’Hostis avait publié, aux éditions Gros Textes une petite plaquette intitulée De Guingois, plaquette également débordante d’aphorismes percutants, où l’on retrouvait déjà cet étonnant mélange d’humour, de naïveté, d’humanité et de profond désespoir qui caractérise le poète nantais. 

 

Et puisque l’occasion fait le larron, profitons en pour saluer du même coup le travail des éditions Gros textes qui, en marge des grosses structures d’éditions, continuent leur beau travail d’artisan, et se constituent, petit à petit, un catalogue qui commence à être joliment fourni ! Avis donc aux amateurs, c’est par ICI que ça se passe.