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02 février 2009

Le Grognard sur le web

SPR_par_GL_Arlaud.JPGLe 10 novembre 2008, sur le Blog des Amis de Saint-Pol-Roux, Mikaël Lugan a eu la gentillesse de dire une fois de plus tout le bien qu’il pense du Grognard. Et forcément, nous, on aime ça !

J'ai déjà eu l'occasion de dire tout le bien que je pensais du Grognard dans un précédent billet. Ce dernier numéro m'a paru plus philosophique, plus grave peut-être aussi ; mais il faudrait le relire ailleurs que dans un wagon battu par la pluie. Car après tout, il y a "le Zazou de Zanzibar" et cette "contingence" de Stéphane Beau : "Le plus simple, pour juger de la valeur réelle d'une personne, reste encore de la mettre en colère" ; et les philosophes du Grognard, pessimistes ou pas, sont comme les poètes, des individus en colère. C'est un ton qui me plaît ; et même si, sur le fond, je ne suis pas toujours d'accord avec tout ce qui se dit, en colère. C'est le cas, par exemple, de l'article "La pornographie ou l'oeil crevé" d'Ygor Yanka qui oppose érotisme et pornographie, face cachée et face visible d'une vieille lune. Certes, il s'agit d'une critique de la télévision et de la publicité, et in fine de la société, mais cette opposition, pour moi, ne joue plus depuis longtemps. Sade érotique ? Pierre Louÿs érotique ? Non, Sade pornographe, Pierre Louÿs pornographe, et tous deux : poètes. Et poètes parce qu'imposant leurs images outrées, violentes, sexuées, aux lecteurs ; on me dira : oui mais un livre, ça se ferme ; et je répondrai : et la télé, ça s'éteint. On comprendra que je ne sois pas d'accord avec Ygor Yanka lorsqu'il affirme qu' "il y a plus de réelle pornographie dans un seul spot publicitaire que dans toute l'oeuvre de Sade". C'est réduire de beaucoup la portée d'une oeuvre dont on ne ressort pas indemne, et augmenter d'autant celle d'une pub pour un yaourt. Puis, étymologiquement, un ouvrage, composé des récits de quatre mère-maquerelles, comme les Cent vingt journées de Sodome ou l'école du libertinage, n'est il pas tout bonnement pornographique ?

Commentaires

Bon, je venais d'écrire un machin sur votre blog en commentaire à l'article sur Sarko et le correcteur de Word.
J'envoie le machin.
Et puis, quoi ?
Plus d'article sur sarko.
Bouzillé, mon commentaire.
C'est pas très gentil.
D'autant que je voulais l'être, gentil.
Alors voilà, je le remets ici, mon commentaire.
Ça sent le copier/coller, mais tant pis.

Ah ça, M. Beau, je ne vous connaissais pas, ni vous ni le Grognard qui est votre étendard, et je suis bien content d'avoir fait votre connaissance.
Car.
Je viens de me délecter de votre (long) article sur l'abbé Onfray dans l'actuel Magazine des Livres, et je l'ai trouvé non seulement bien écrit, votre article, et "bien écrit", par les temps qui courent, est un vrai compliment, mais aussi, comment dire, habile et futé. Cela fait bien longtemps que j'avais débusqué les contradictions de l'abbé, ses incohérences, ses conflits intérieurs, longtemps que mes nerfs s'étaient usés à démêler le vrai du faux, la conviction de la parade, mais il me manquait quelques lumières que vous m'avez fort heureusement révélées.
Oui, je le crois aussi, l'abbé s'attaque non aux actes ou aux propos, mais à l'être même ; oui, tout athée, tout "libéré" qu'il se veuille, il est le despote de son propre "humanisme" (guillemets obligatoires), il est le souffleur de je ne sais quel vent mauvais qui voudrait faire le bonheur des hommes malgré eux.
Un bonheur d'animal se rêvant humain.
Voilà, c'est pour dire.
Je n'ai pas l'habitude de laisser mes petites idées traîner sur les blogs.
Pas le temps, pas la peine.
Mais, là, M. Beau, oui, là, je me suis dit : laisse quand même un mot.
C'est fait.

Ouf.

Écrit par : Philippe | 04 février 2009

Merci pour ce bien agréable commentaire et désolé pour la suppression du post sur notre cher président : il déplaisait à quelqu'un à qui je ne souhaite pas déplaire. Donc, zou, à la corbeille !

Écrit par : stephane | 04 février 2009

J'espère que je ne suis pas concernée par ce quelqu'un car je plaisantais, Stéphane!

Écrit par : Pascale | 05 février 2009

L'auto-censure est toute une histoire... Celle, ici, d'un correcteur automatique individualiste... Un petit conte surréaliste très percutant... Ta corbeille a dû se régaler...

Je souscris aussi aux éloges de Philippe concernant ton papier dans le magazine des livres. (ça m'a quand même donné envie de lire Onfray...) Mais sans préjuger de ce que je vais ou, bien sûr, ne vais pas trouver dans sa philosophie, ton analyse dépasse largement son cas, il me semble, et met le doigt sur des ambiguïtés qui ramènent toutes, finalement, à la question de la liberté d'expression, à celle de la censure. En muselant, en censurant les auteurs ou penseurs qui se sont retrouvés liés à nos atrocités historiques (de leur plein gré ou à leur insue, et suivant toutes les variantes, fort complexes, qui se nouent entre les deux), on met sur le même plan Heidegger, Jünger et Céline, et on refuse de considérer qu'une vision des choses profondément faciste (comme celle de Céline par exemple) puisse être réaliste, porteuse de vérité, humaine etc... Ce qui est évidemment idiot et très inquiétant. Et il y a bien de l'aveuglement et du fanatisme dans cette rectitude morale selon laquelle il paraîtrait presque moins suspect de perpétrer (et de perpétuer, parfois au nom du Bien) les dites atrocités que de lire ces auteurs...

Écrit par : le manchot-épaulard | 07 février 2009

Serait-il possible de lire cette stupéfiante prose de Stéphane car je n'ai jamais lu Onfray, ne reçois pas ce magazine (pourtant, ma foi...) et n'ai pas de Maison de la presse qui le vende à proximité. Ce que vous en dites m'intrigue, je ne comprends pas tout. Merci.

Écrit par : Pascale | 07 février 2009

On va voir ce qu'on peut faire...

Écrit par : stephane | 07 février 2009

C'est exact que le débat que j'essaye de lancer dans mon article dépasse le simple "cas" Onfray. En fait, j'avais déjà eu l'occasion de parler de cela dans un ancien Grognard avec Michel Vanoosthuyse au sujet de son bouquin (au demeurant très intéressant) sur Jünger. Je trouve que l'on en est arrivé à une situation paradoxale.

Aujourd'hui, tout le monde tape sur les Jünger, Heidegger, Schmitt, ou, chez les français, sur les Céline, Drieu et compagnie, certains n'hésitant pas à remonter jusqu'au Nietzsche, Gobineau, etc. Les vrais nazis, ce sont eux nous dit-on, même ceux qui sont morts avant même l'émergence du National-Socialisme dont ils sont supposés avoir fait le lit...

Pourquoi pas. Il ne s'agit pas de refuser de reconnaître leurs culpabilités et leurs responsabilités. Sauf qu'en même temps, on en oublie un peu trop les Hitler, Himmler, Goering et autres "vrais" salauds, "vrais" bourreaux.

J'ai dernièrement vu un reportage qui insistait fortement sur le fait que Hitler était un type très sympa dans le privé, très drôle, très tendre avec Eva. J'ai constaté il y a quelques temps de cela que le Journal de Goebbels était disponible un peu partout (même dans un Leclerc et un Carrefour aux rayonnages pourtant habituellement peu spécalisés) sans aucune mise en garde, entre le dernier Marc Levy et le dernier Patricia McDonald... Et en même temps, on s'acharne à nous expliquer que Jünger ne mérite même plus d'être lu tant son oeuvre est suspecte...

Cette perte de la hiérarchie des crimes est dangereuse à long terme, il me semble...

Écrit par : stephane | 07 février 2009

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