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25 novembre 2008

André Bonmort - Christian Blanchard

bonmort.jpgIl y a parfois des télescopages de lectures qui, à première vue, semblent absolument improbables et qui, pourtant, à y regarder de plus près, ne sont pas si incohérents que cela. C’est ainsi que je me suis retrouvé à lire, pratiquement en même temps l’Âge de cendre d’André Bonmort, le responsable des très sérieuses éditions Sulliver et On nous prend pour des C… de Christian Blanchard, un des responsables des non moins prometteuses, mais dans un genre un peu moins universitaire, éditions du Barbu.

Deux auteurs, deux approches, deux styles… mais un seul thème, une seule évidence : le monde marche sur la tête et à une époque dont on aime à nous répéter qu’elle est placée sous le signe de la logique et de la rationalité, force est de constater que c’est l’absurde qui triomphe en maître.

blanchard.JPGAndré Bonmort nous propose, une prose poétique finement ciselée, une succession de petits tableaux au cours desquels l’Humanité en personne vient nous dresser l’inventaire de tous les dysfonctionnements de notre monde ; Christian Blanchard, dans un style beaucoup plus rabelaisien s’amuse à décrypter, au cœur de son Ouest-France matinal, toutes les petites infos qui, tout en ayant l’air de n’être que des infos, justement, constituent des indices flagrants que nous sommes maintenant majoritairement prêts à gober sans discuter la soupe que l’on nous sert au quotidien.

Le monde va mal, donc. On a le choix, certes : on peut en rire (avec Christian Blanchard) ou en pleurer (avec André Bonmort). Mais dans les deux cas, la conclusion est affligeante : l’esprit critique n’est plus qu’un vain mot et le bon sens n’est plus à la mode. Le plus attristant peut-être, c’est que pas plus chez Bonmort que chez Blanchard on n’entrevoit la moindre lueur d’espoir : les utopies ne sont plus de rigueur. Peut-être est-ce moi qui suis en train de sombrer sur le versant « vieux con » avec mon discours qui se crispe de plus en plus clairement sur le « plus ça va, moins ça va » mais que voulez-vous, si véritablement on doit finir dans le mur, on n’est peut-être pas obligés d’y aller en courant ?

14:59 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0)

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