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29 septembre 2008

Le Grognard sur le web

decharge.jpgUn très joli « papier » – je ne sais plus si cela se dit quand on parle du web ! –, très sympathique à l’égard du Grognard, sur le site de la revue Décharge. Agréable de voir à quel point l’auteur, Claude Vercey a parfaitement saisi et exposé l’esprit de ce que nous essayons de faire. Et puis, recevoir les félicitations de Décharge (139ème numéro) et être plus ou moins comparé à Plein Chant (n°83-84), deux revues qui ont su à la fois durer et persister dans la qualité, il y a pire comme punition !

Suis-je méchant ?... et même gratuitement méchant, voire mesquin, autre qualificatif dont récemment m’accabla le tempétueux animateur de Pages insulaires, avant de me prier, en guise de représailles, de le rayer de la liste de diffusion bi-hebdomadaire des I.D ? Droit qui lui fut aussitôt accordé, comme il se doit. Mais je continue de m’étonner de la réaction, qu’on me permettra de trouver sinon puérile au moins malavisée, de qui entend promouvoir un bimestriel / perméable aux idées (c’est le sous-titre !), quand il est incapable d’entendre une objection, et des plus légères puisque je me contentais, dans un effort de litote mal récompensé, de juger peu convaincants les premiers pas de sa publication, renvoyant toutefois le lecteur à la chronique « revue du mois » (d’août) sur notre site qui la présentait sous un meilleur éclairage.

Je ne rejette point l’hypothèse, émise dans le même temps à mon égard, que « mon esprit n’était pas à la hauteur des textes » ; c’est pourquoi, manière de contre-épreuve, j’accueillis favorablement l’occasion de prendre connaissance d’une revue que j’ignorais jusqu’alors, à l’évidence perméable elle aussi aux idées, puisque sous-titrée : Littérature, idées, philosophie, critique et débats : Le Grognard dont le n°7 vient de paraître (septembre 2008). Vu d’un peu loin, on dira que l’orientation des publications est la même, dans leur développement de points de vue contestataires, quoique plus anticonformiste au Grognard que relevant d’une anarchie à tout crin. Mais la différence essentielle est que le Grognard cherche à penser : sa démarche pourrait être résumée en une citation, extraite de la chronique de Chamfleury intitulée : De la fausse science et de la prétendue ignorance, et qui stigmatise ces messieurs « qui parlent beaucoup, ne disent rien et négligent l’étude du Fait pour se complaire dans l’idéologie (...) »

L’étude des faits : au-delà d’une critique de circonstance voilà un mot d’ordre dont beaucoup de revues, de poésie en particulier, devrait s’emparer. En tout cas, au Grognard, revue au demeurant modeste (34 pages), – dans sa présentation, par le ton mesuré de ses intervenants et ses objectifs, la distance qu’il entretient avec l’actualité immédiate, à la manière de Plein Chant, ou qui le rapproche des feuillets que naguère nous adressait Joel Cornuault, – on s’en tient à cette consigne et l’on a soin en premier lieu de fournir au lecteur des documents de référence, de Chamfleury (1821-1889) ou, sur la révolte étudiante des années 1960-68 aux USA : « les Etudiants sont des nègres » de Jerry Farber, que l’on mêle à des proses poétiques (Aglaé Vadet et Thomas Vinau) des vers, des réflexions et des aphorismes. Le responsable de la publication, Stéphane Beau, donne l’exemple, bien que s’en tenant, dans ce numéro du moins, au compte-rendu des livres : avant tout commentaire, un ouvrage est présenté posément, son propos est resitué et la pensée qu’il inspire, si elle ne refuse pas de s’élever vers certaines généralités, n’est pas globalisante, n’enferme pas la pulsion première, généreuse, d’une révolte dans une phraséologie d’emblée répulsive.

Un dernier aphorisme en guise de pousse-rapière ? De Stéphane Beau : « Le plus simple, pour juger de la valeur réelle d’une personne, reste encore de la mettre en colère. »

Claude Vercey : I.D. n° 141

Commentaires

Un articule qui a dû te faire bien plaisir !

Tiens, il évoque Joël Cornuault, je ne sais pas si tu te rappelles, on en avait discuté...

Écrit par : Cercamon | 29 septembre 2008

On en avait parlé, en effet, il y a déjà de longs mois de cela, au sujet de Kenneth Rexroth, alors qu'un n° spécial du Grognard sur les "voix américaines oubliées" était envisagé. Mais hélas, le projet a sombré... La plupart des textes subodorés n'ayant pas été... concrétisés :)

Écrit par : stephane | 29 septembre 2008

Hé, hé, mea culpa...

Écrit par : Cercamon | 29 septembre 2008

Sans rancunes, ne t'inquiète pas, les défections ayant été trop nombreuses. Si le projet avait été plus près d'aboutir, j'aurais bien su te relancer !

Écrit par : stephane | 29 septembre 2008

Gaffe aux chevilles (à chanter sur l'air de Gare aux gorilles) Stéphane!

Écrit par : Pascale | 29 septembre 2008

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