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23 août 2008

Gérard Blua : Dans le cheminement de l'oeuvre

img012.jpgLe Blog du Grognard inaugure une nouvelle rubrique : « Avis de naissance ». Nous y présenterons régulièrement, de manière plus ou moins détaillée, des livres qui nous sont adressés en Service de Presse. Le principe directeur du Grognard étant la curiosité et l’amour de la découverte et des rencontres, vous pourrez découvrir dans cette rubrique aussi bien des ouvrages d’auteurs connus que des œuvres de parfaits débutants, aussi bien des publications d’éditeurs établis que des tirages à compte d’auteur.

 Nous entamons cette série des « Avis de naissance » avec un sympathique recueil de poèmes signé Gérard Blua : Dans le cheminement de l’œuvre (éditions Autres Temps).

 

Quatrième de couverture :

 

« Quelque chose jaillit : l’idée éclate portée par un cri, celui du cœur qui a compris ce que lui dicte l’esprit. Comment alors ne pas aimer réagir à la beauté et à la profondeur des textes de Gérard Blua, alors que la chose dite nous atteint dans notre vécu quotidien ? La seule démarche possible consiste à suivre le flot roulant de ses mots. Le rythme est vif, percutant. A le lire, on se prend à rêver autant qu’à réfléchir, car il nous interpelle dans ce que nous sommes : des êtres humains. Le chemin est fascinant et vaut la peine d’être emprunté. » - Serge Soto.

Quelques mots de l’auteur qui disent assez bien l’intelligence du regard qu’il porte sur la poésie et sur l’acte d’écrire :

« L’écriture n’est pas une thérapie. Elle est un miroir tout au plus. Se voir n’est pas se soigner. C’est souvent désir d’accélérer ses processus morbides. Provoquer l’écrit n’est pas faire de la littérature. On vient de le voir, installer son miroir au vu et au su de tous, avec tous les dangers que cela peut représenter lorsque, découvert, on comprend en outre que l’on s’expose. N’est pas Artaud qui veut. Par contre, le mal qui touchait Artaud est d’une banalité déconcertante dans notre société. Or laisser croire à ceux qui en souffrent que, comme dans un syllogisme, ils n’ont plus qu’à écrire pour être Artaud, est un dangereux mensonge. C’est avec de tels leurres que l’on impose une société de l’erreur dont on peut être, il est vrai, le fugace roitelet. Beaucoup se contentent de tels ersatz pour vivre à côté de leur propre suicide. »

Extrait d’un entretien avec Rodica Draghincescu, Poésie première n°26, 2003

Commentaires

J'approuve tout et je formule un complément à : "Beaucoup se contentent de tels ersatz pour vivre à côté de leur propre suicide." Tant mieux si ça évite le suicide! Seul bémol: tout le monde peut écrire (titre d'un bel essai de Georges Picard chez Corti) mais n'est pas obligé de se faire publier - et donc, de plus en plus souvent, nous faire subir leur médiocrité...
M'a l'air bien ce recueil. Je ne connais pas cette maison d'édition mais il y en a tant à présent.

Écrit par : Pascale | 23 août 2008

Oui, une superbe déclaration de Gérard Blua. Quant à l'expression "vivre à côté de son propre suicide", je la trouve géniale et ébouriffante...

Écrit par : Nuel | 24 août 2008

Je serais un peu plus nuancé que Pascale à l'égard de ceux qui nous imposent leur médriocrité. Cette vision manichéenne des "bons" et des "mauvais" écrivains me laisse perplexe. Je reçois régulièrement pour le Grognard des textes de parfaits inconnus : très rare sont ceux qui ne comportent pas, ne serait-ce qu'un paragraphe, une phrase qui vaille la peine d'être lue. Parfois il faut fouiller, se taper des pages et des pages d'ennui.

Et je retrouve le même sentiment avec des ouvrages d'auteurs célèbres, reconnus, édités : je lis actuellement "Al" d'Agnès Clerc (qui vient de paraître au seuil)... Que de bla bla... Ce bouquin là, s'il avait été publié à compte d'auteur, tout le monde aurait rigolé et son auteure aurait pu être considérée comme une allumée qui se la pête. mais là éditée au seuil, tout le monde applaudit l'originalité de son style...

Et même parmi mes auteurs fétiches, les pages ne manquent pas qui ne valent pas tripette. On ne peut pas être génial tout le temps, ni "médiocre" tout le temps.

Tout ça pour dire que je suis bien incapable de classer les "auteurs" car j'ai toujours tendance à prêter l'oreille à la personne qui se cache derrière l'auteur et que là, au détour d'un blog ou d'un petit poème un peu boiteux, on fait parfois de belles rencontres.

Écrit par : stephane | 24 août 2008

Je partage ton avis Stéphane. Qui a dit que je triais entre les auteurs inconnus et les célèbres ???

Écrit par : Pascale | 24 août 2008

Pour préciser ma pensée, j'ajoute que ceux que j'incrimine plutôt ce sont les éditeurs qui ne font plus leur boulot de tri (pas d'accord pour payer un livre 20 euros et me régaler d'un seul paragraphe ou d'une seule phrase, d'un illustre écrivain comme d'un inconnu).
Puis une petite correction: le titre de l'essai de Georges Picard est "Tout le mmonde devrait écrire".

Écrit par : Pascale | 24 août 2008

Pascale a écrit : "pas d'accord pour payer un livre 20 euros et me régaler d'un seul paragraphe ou d'une seule phrase, d'un illustre écrivain comme d'un inconnu"

Alors là, je suis pleinement d'accord. Ce n'est pas la médiocrité en tant que tel qui pose problème : c'est le prix auquel on nous la vend ! C'est pour ça qu'internet est intéressant : bon ou mauvais : c'est le même prix !

Écrit par : stephane | 25 août 2008

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