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22 août 2008

LE MONDE DE MONSIEUR GLOU - 19 -

C.JPG’est un grand jour pour Monsieur Glou. Un funeste jour, certes, mais un grand jour quand même, car ce jour là va définitivement scinder sa vie en deux : avant la retraite ; après la retraite…

Tous ses collègues sont là, autour de lui… ou plus précisément autour du buffet froid, en train de s’empiffrer de petits fours et de siroter des flûtes de mousseux en parlant bruyamment.  Il y a Madame Fuzz, la toujours aussi affriolante Madame Fuzz, la seule qui daigne se retourner de temps en temps pour lui lancer un petit clin d’œil. Il y a Monsieur Le Klutz qui a déjà une grosse tache de mayonnaise sur sa cravate. Il y a Monsieur Morchien, avec ses babines de bouledogue apathique. Il y a le jeune Jean-Eudes, le fils du patron, dont les oreilles sont toujours à l’affût de quelques propos malveillants qu’il pourrait rapporter à papa. Et il y a plein d’autres personnes dont Monsieur Glou ne connaît ni les noms, ni même, parfois, les visages.

Assis tout seul dans un coin de la salle de réunion, Monsieur Glou, le héros du jour, attend sagement la fin de cette petite sauterie dont il est sensé être le centre. Une grande tristesse s’abat sur lui car il sait que toutes ces personnes qu’il déteste vont bientôt lui manquer ; et l’absurdité de ce constat le consterne.

Mais soudain, un vague sourire vient éclairer – faiblement, d’accord, mais éclairer quand même – le visage de Monsieur Glou. Il vient de songer au casse-tête qu’a dû être, pour ses collègues, le choix d’un cadeau de départ en retraite pour un type qui n’aime rien, qui ne s’intéresse à rien, qui n’a aucune passion et aucun goût pour rien. Emporté par ce bref élan de joie mesquine, il se laisse même aller à répondre à un clin d’œil de Madame Fuzz.

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