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20 août 2008

Victor Klemperer (4)

klemperer.jpg« Peu de temps après ces conversations et ces considérations, Seliksohn m’apporta deux volumes de Herzl, les écrits sionistes ainsi que le premier tome de son journal, parus respectivement en 1920 et en 1922 au Judischer Verlag à Berlin. Je les ai lus avec une émotion qui confinait au désespoir. La première note à ce sujet dans mon journal fut celle-ci “ Seigneur, protège-moi de mes amis !  ” Dans ces deux volumes, on peut trouver, à volonté, des preuves pour nombre de choses que Hitler, Goebbels et Rosenberg ont reprochées aux Juifs, et ce, sans être prodigieusement habile en interprétation et en déformation. »

 Victor Klemperer, la LTI, la langue du IIIe Reich

Cette partie de la pensée de Victor Klemperer est fondamentale, même si elle est difficile à entendre pour beaucoup. Certes, Klemperer ne confond pas nazisme et sionisme, mais il constate avec justesse que les fondements idéologiques, et la langue employée par les deux doctrines pour asseoir leurs idéologies, sont extrêmement proches.

 Enfonçant le clou, il précise, dans son Journal (V. Klemperer, Mes Soldats de papier, Journal 1933-1941. Je veux témoigner jusqu’au bout, Journal 1942-1945, Le Seuil, 2000.) :

« Pour moi, les sionistes qui prétendent renouer avec l’État juif de l’an 70 après J.-C. (destruction de Jérusalem par Titus) sont tout aussi écœurants que les nazis. Avec leur manie de fouiner dans les liens du sang, leurs “vieilles racines culturelles”, leur désir mi-hypocrite, mi-borné de revenir aux origines du monde, ils sont tout à fait semblables aux nazis. La blague selon laquelle on aurait construit à Haïfa un monument à Hitler portant cette inscription “À notre Herführer” (celui qui nous a conduits ici) est en vérité d’une pertinence profonde et bien peu plaisante. Car en pensée aussi, il est leur Heerführer (guide des armées). C’est ce qu’il y a de fantastique chez les nazis, ils vivent dans une communauté idéologique à la fois avec la Russie soviétique et avec Sion. »

 Qui aujourd’hui, sur un plateau de télévision, par exemple, à une heure de grande écoute, pourrait se permettre de tenir de tels propos ?

07:02 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0)

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