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17 août 2008

Victor Klemperer (3)

klemperer.jpg« Le national-socialisme ne veut en aucun cas porter atteinte à la personne, au contraire, il veut l’élever, mais ce n’exclut pas (n’exclut pas pour lui !) qu’il la mécanise en même temps : chacun doit être un automate entre les mains de son supérieur et de son Führer, et être, en même temps, celui qui appuie sur le bouton de démarrage des automates qui lui sont subordonnés. De cette construction qui dissimule le caractère généralisé l’asservissement et de la dépersonnalisation résulte la, profusion, dans la LTI, de tournures appartenant au domaine technique, la foule de mots mécanisants. » 

Victor Klemperer, LTI, la langue du IIIe Reich.

 

Cette question du rapport entre « individualité » et « holisme » est sans doute une des plus complexes – et une des plus fondamentales – en ce qui concerne le nazisme. Il est sans doute trop facile de réduire le nazisme à un phénomène purement grégaire, de la même manière qu’il est absurde, un peu comme le fait louis Dumont dans son Essai sur l’individualisme, de s’attacher à démontrer que le nazisme n’est qu’un des premiers avatars des méfaits de l’individualisme dont souffrent de plus en plus nos sociétés. La lecture que Klemperer fait du nazisme, mélange d’élévation et d’aliénation de l’individu, mérite qu’on s’y attarde, car elle a l'intelligence de proposer une alternative non négligeable aux simplifications qui ont ordinairement lieu en ce domaine.

21:26 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0)

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