Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20 juillet 2008

Guy Darol et Zappa...

zappa.jpgÀ paraître, dans le courant du mois de septembre, aux éditions Le Mot et le Reste, le nouveau livre que Guy Darol, (qui a gentiment collaboré au n°5 du Grognard), consacre à son idole F. Zappa : Frank Zappa - One Size Fits All Cosmogonie du Sofa.

« Le temps avait la légèreté d’un voile que l’on traverse à volonté sans risquer une égratignure. L’aventure se conjuguait au présent, un présent démesurément élastique. Les lendemains étaient toujours plus beaux, semblables à des copies perfectionnées. Au grand mépris de l’usure, on vivait. Vieillir n’inquiétait que les vieux. L’horizon était une ligne floue.
La brume s’effilochait au-dessus de nos têtes. Le ciel serait bleu et les températures afficheraient des records insolents. À l’heure exacte, regroupés à la terrasse d’un café, nous sommes là. L’un vient des hauteurs de Belleville, un autre des Gobelins où il a attendu celui qui demeure près du métro Tolbiac. Le dernier, le plus précieux, car nous l’espérons comme une pierre d’alchimie, arrive de Londres.
Je ne suis pas pressé. Je flâne en suivant une ligne flexueuse, un serpent onirique dont la queue se trouve rue Charlot et la tête place du Châtelet. J’ai le goût de la lenteur et du paysage que l’on absorbe en faisant ribouler les yeux du dehors vers le dedans. La dérive continue telle qu’ Internationale Situationniste en livre la technique dans son bulletin numéro 1, je la conçois à mon rythme, sans hâte à travers les ambiances variées.
Des chats gris salingue miaoutent à perte de rut. Les façades ne ressemblent pas à un décor de film. Elles sont d’écailles et elles menacent de poudroyer en millions de petites particules. Une sorte de pluie empruntant un chemin d’angle pourrait tomber des façades. Mais il ne pleuvra pas. Sécheresse certaine.
Très tôt, j’ai fermé la porte de mon sixième étage. Afin de prendre le large, en passant par les rues de Turenne, des Minimes, des Tournelles. En m’écartant par la rue Saint-Antoine et son parcours rectiligne ocellé de rares boutiques flamboyantes. Tout de même, un disquaire ou trois. Et ces quelques bistros tenus par des patrons décalqués d’un récit de Robert Giraud.
Une petite musique m’accompagne, lueur inextinguible, flamme accrochée à la lanterne du souvenir.
C’est un air qui chante en moi lorsqu’un bonheur est proche :
Oh no I don’t believe it
You say that you think you know the meaning of love
You say love is all we need
You say with your love you can change
All of the fools, all of the hate
I think you’re probably out to lunch ».

22:31 Publié dans En vrac | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.