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24 juin 2008

Adieu à Cossery...

cossery.jpgJ’ai découvert hier en me baladant sur le blog de Stéphane Prat qu’Albert Cossery était décédé, le 22 juin dernier. Après Jünger, c’est mon deuxième auteur fétiche qui passe l’arme à gauche… Allez, en guise de dernier hommage, ce court dialogue tiré d’Un Complot de saltimbanques :

– Tu as tort de ne pas considérer notre ami comme un esprit sérieux, dit Imtaz, tout en caressant les seins de Ziza qu’il tenait toujours sur ses genoux. Il a une théorie assez originale sur la question. Il soutient qu’un progrès spirituel ne peut se concevoir que dans un monde de loisirs. Qu’en dis-tu ?

– Un monde de loisirs, vraiment ! s’exclama Chawki. Je ne comprends pas. Veuille m’expliquer, je te prie.

 

– C’est bien simple, reprit Medhat. Depuis toujours le destin besogneux de l’homme l’empêche de rêver à un idéal qui ne soit pas matériel et en conformité avec ses besoins et sa sécurité. Gagner sa vie est l’unique chose qui le préoccupe et qu’on lui enseigne dès son enfance. Il ne vise qu’à devenir plus astucieux et plus salaud que les autres. Durant toute son existence, il met son ingéniosité à subvenir à sa nourriture et, une fois rassasié, à se construire une ambition sordide. Quand donc a-t-il le temps d’élever son esprit ? La moindre réflexion dans ce sens lui est comptée comme un délit, aussitôt sanctionné par la famine et la réprobation des siens. Aussi, j’ose affirmer que seuls des gens ayant des loisirs peuvent accéder à une forme de pensée vraiment civilisée.

 

– Mais comment faire alors ? s’enquit Chawki. L’humanité ne peut rester oisive ; il faut que les gens travaillent.

– Tant pis pour eux, conclut Medhat. C’est leur affaire. Je ne fais que constater une réalité éternelle de tout temps esquivée par les historiens et les penseurs à cause de sa simplicité et de son peu de valeur marchande.

06:16 Publié dans En vrac | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Un petit dernier pour la route... Et je retourne à mes Motel...
L'extrait est tiré de "Mendiants et orgueilleux". Il concerne le personnage Gohar :

« Il détestait s’entourer d’objets ; les objets recelaient les germes latents de la misère, la pire de toutes, la misère inanimée ; celle qui engendre fatalement la mélancolie par sa présence sans issue. Non pas qu’il fût sensible aux apparences de la misère ; il ne reconnaissait à celle-ci aucune valeur tangible, elle demeurait toujours pour lui une abstraction. Simplement il voulait protéger son regard d’une promiscuité déprimante. Le dénuement de cette chambre avait pour Gohar la beauté de l’insaisissable, il y respirait un air d’optimisme et de liberté. La plupart des meubles et des objets usuels outrageaient sa vue, car ils ne pouvaient offrir aucun aliment à son besoin de fantaisie humaine. Seuls les êtres dans leurs folies innombrables, avaient le don de le divertir. »

Écrit par : Stéphane | 25 juin 2008

Oui... Les Motel... Parce qu'il y en a qui attendent la suite... C'est bien joli la fainéantise, mais maintenant faut se remettre au boulot !

Écrit par : stephane | 25 juin 2008

Je n'ai plus d'autre issue, tu penses bien... La pression est trop forte! Hordes déchaînées, bouquets de délicieuses lectrices , lecteurs insatiables j'en voulais en voilà! Plus d'autre issue que de se remettre au turbin!... Au métier! Au porte à portable! La vie au grand air! Et j'en passe et des fulgurantes! Les Motel! La suite illogique! Au clou l'histoire! N'épilogons pas, au fait! Sans prier!

Tiens, je te mets le début en exclusivité, pour l'appétit :

"Mais Hélène n'avait pas rêvé!..."

la suite dans quelques jours, et je l'espère, un peu plus détendue...

Écrit par : Stéphane | 25 juin 2008

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