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31 mai 2008

Humour noir...

Quand je pense qu’il y a des pauvres qui se plaignent de vivre en HLM ! On voit bien qu’il ne savent pas ce que c’est que d’avoir une pelouse à tondre tous les quinze jours !...

Sur la route Mandarine

66327774.jpg« Un menteur, en somme, c’est un poète qui ne sais pas rimer… »

Roland Dorgelès, Sur la route Mandarine, 1925

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29 mai 2008

Pitirim SOROKIN (suite)

431998884.jpgPitirim Sorokin, Tendances et déboires de la sociologie américaine, extrait :

 

« Les usines où sont fabriqués de tels produits [les enquêtes sociologiques] constituent la branche d'industrie la plus importante dans la recherche sociologique et psychologique. Leurs articles sont manufacturés en grande série, et sortent en chaîne, aussi automatiquement que des automobiles. Il s'ensuit que les revues, les ouvrages et les monographies dits scientifiques sont pleins de ce genre de résultats. Il en a paru tellement que nul, sauf peut-être, le « robot électronique qui enregistre, classe et ordonne toutes choses », ne peut se souvenir de cette masse innombrable de faits et les utiliser. Les savants, étant des hommes, ne peuvent en venir à bout, car la mémoire est limitée et la vie est courte, sans même se poser la question de savoir si tout ceci vaut la peine d'être retenu. Beaucoup d'hommes de science véritables refusent de gaspiller leur temps et leur énergie à emmagasiner ces tonnes de recherches de plus en plus monotones. De quelle valeur scientifique peut-il être de savoir que 87,68 % des soldats de la section A du régiment B de l'armée C interrogés le 7 février 1942, à 14 heures, répondirent qu'au front ils ne dormaient pas suffisamment et qu'ils étaient mal lavés ; ou que les prostituées de l'établissement X ont en moyenne 11,6 clients par vingt-quatre heures pendant l'été et 9,4 pendant l'hiver ; ou que 96,78 % des épouses qui appartenaient à la promotion de 1928 de telle Université, répondirent qu'elles étaient satisfaites de leurs époux en tant qu'amants, encore que 47,23 % de ces épouses voulussent être des « femmes fatales et perdues ». Ces prétendues découvertes ne font qu'encombrer nos esprits de bric-à-brac. Et la classification selon des méthodes d'indexation compliquées n'y ajoute rien. L'homme de science peut à bon droit reprendre l'affirmation de Hobbes, à savoir : « Si j'avais lu ces textes autant que les autres hommes, j'aurais connu aussi peu de choses qu'eux. » En effet, l'intérêt porté à ces recherches compliquées et coûteuses laisse peu de loisir aux spécialistes pour l'étude de phénomènes socio-culturels plus importants ou pour se familiariser avecles connaissances valables accumulées par des centaines de penseurs éminents. Avec notre recherche « industrialisée », les praticiens ont à peine assez de temps pour envisager sérieusement les problèmes étudiés par eux, et encore moins pour cultiver l'intuition, la pensée personnelle ou pour développer harmonieusement leur esprit. Nous produisons ainsi avec cette recherche industrialisée et mécanisée une armée de manoeuvres de la recherche qui, selon l'expression de Lao-Tse, « ne sont jamais des sages, pour autant que les sages soient jamais des chercheurs ». Comment s'étonnerait-on alors que toute cette phalange d'enquêteurs n'ait pas enrichi les connaissances humaines en découvrant de nouvelles vérités.

 

Tel est, en bref, un des aspects essentiels de la sociologie et de la psychologie contemporaines. Que cela nous plaise ou non, ces deux disciplines sont engagées dans une impasse, elles sont aux prises avec des bavardages banals et évanescents, le genre de racontars que nos tribunaux n'accepteraient pas en guise de témoignages, et cela à juste titre. À l'heure actuelle, nous possédons une telle surabondance de ces matériaux que nous ne savons qu'en faire ; si cette industrie se développe, nos sciences humaines s'enfonceront encore davantage dans cette impasse, qui ne peut être que stérile, étant celle de la pseudo-science.

 

(chapitre XII : L’impasse des connaissances fondées sur des bavardages organisés).

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28 mai 2008

Pitirim SOROKIN

1048248216.jpgL’excellent site des Classiques des sciences sociales a mis en ligne dernièrement le Tendances et déboires de la sociologie américaine (1956) du décapant sociologue américain d’origine russe, Pitirim Sorokin (1889-1968). Ce livre dresse un tableau sans concessions des dérives de la sociologie américaine, – mais les constats énoncés peuvent être transposés dans plein d’autres domaines – et nous montre comment une discipline sensée être « rationnelle » se retrouve parasitée par des pratiques de « copinage » et « d'amnésie intellectuelle », par l’emploi d’un jargon pseudo scientifique servant à masquer les failles logiques, par un culte absurde pour les « chiffres » et pour les données prétendument « objectives »…

Ce livre devrait être offert à tous les étudiants, dès leur première année d’inscription à la fac !!!

Et comme par hasard, il n’est plus réédité depuis des années...

Extrait :

« Les termes de « sociologie moderne » et de « science psychosociale moderne » ont en vue l'état de ces disciplines pendant les vingt-cinq dernières années. Au cours de cette période le premier défaut que l'on pourrait reprocher aux études de ce genre est l'espèce d'amnésie dont elles ont fait preuve à l'égard de leur histoire, de leurs découvertes et de leurs acquisitions antérieures. Leur second déboire est en relation étroite avec le premier. De nombreux sociologues ou psycho-sociologues modernes se targuent d'avoir fait un nombre important de découvertes scientifiques « pour la première fois dans toute l'histoire » de la sociologie et des sciences voisines. Pour être bref, on pourrait appeler ce penchant « l'obsession de la découverte » ou encore le « complexe de l'inventeur ».

Les sociologues et les psychologues de la nouvelle génération déclarent sans ambages que rien d'important dans leur spécialité n'a été trouvé au cours des siècles précédents, que seules avaient cours « quelques vagues philosophies de cabinet » et que l'ère réellement scientifique pour ces disciplines fut inaugurée au cours des deux ou trois dernières décennies avec la publication de leurs propres recherches ou de celles des membres de leur équipe. Se vantant d'une particulière objectivité et d'une précision toute scientifique, nos Christophe Colomb, sociologues et psychologues, répandent à satiété cette illusion en la présentant comme une, vérité irréfutable. Et naturellement ils ne se réfèrent que très rarement aux sociologues et aux psychologues du passé, et non sans un sentiment de supériorité mal dissimulé vis-à-vis de ces vieilles badernes aux méthodes si peu scientifiques. Ce ne serait pas à un Viking ou à un Colomb qu'on devrait la découverte du « nouveau monde » sociologique et psychologique, mais bien à eux-mêmes, à la rigueur aux membres de leur secte qui traversèrent l'Atlantique tout récemment sur le Queen Elizabeth ou le United States. En conséquence, les index de leurs publications ne mentionnent qu'en nombre infime les penseurs des siècles précédents en regard d'une liste très longue de chercheurs appartenant à la « coopérative d'admiration mutuelle assurée » de leurs auteurs. »

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26 mai 2008

Centre Maurice Joyeux

833238339.JPGTombé par hasard, en farfouillant sur le net, sur un très sympathique site, le Centre de documentation anarchiste du groupe Maurice-Joyeux, consacré en grande partie aux textes des pionniers de l’anarchisme individualiste. Nous y découvrons avec plaisir des textes de J.-H. Mackay, Edward Carpenter, E. Armand, Louis Simon, Hem Day, Charles Gide, Léo Campion, André Lorulot, Han Ryner, Zo d’Axa etc. (si je m’écoutais, je recopierais presque la liste totale des auteurs, tellement ils me « parlent » tous !)

 

Une véritable mine, qui vient compléter à merveilles d’autres sites tels que La Presse Anarchiste ou Le Grenier des Insoumis auxquels quelques auteurs du Grognard avaient participé autrefois…

 

À déguster, sans modération !

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22 mai 2008

La négation est un acte

331990121.jpgLa Négation est un acte

Maurice Imbard

Savoir dire non est parfois peu difficile. Aussi l’on s’indigne de la lâcheté et de la bassesse de nos contemporains, car elles sont toujours le fait d’un esprit partial (je dirais même partisan).

Il ne s’agit pas de parti, puisque tous les domaines, aussi bien littéraires, sociaux, qu’artistiques et politiques sont, également, sous l’emprise de cette déficience morale.

Il ne s’agit pas d’âge non plus, puisque tous les êtres : les uns s’ils sont d’âge mûr, s’y soumettent par habitude ; les autres, les jeunes, par conformisme et nécessité.

Il ne faut pas être étonné si, aujourd’hui, il est admis que toute accession à un rang supérieur se paie d’un reniement, toute élévation extérieure d’une nouvelle dégradation intérieure.

Pour être bien vu de certains milieux, pour être agréé par la Société, il faut donner des gages et abandonner chaque fois un peu de dignité, un peu d’honneur, et même d’honnêteté envers soi-même et envers ses semblables.

De concessions en concessions, de platitudes en platitudes, de démissions en démissions, on se demande jusqu’où peut aller cet asservissement contre lequel personne ne semble vouloir réagir et quels sont les hommes autorisés qui pourraient le faire : juristes, religieux, lettrés, moraliste, philosophes, pamphlétaires, etc. Serait-il le fait d’un accord tacite grâce auquel chacun se ménage ? Il ne faut pas oublier qu’il y a une politique de chapelle, une certaine politesse réciproque ; il y a aussi des probités à louer, et même à vendre, et des concessions amicales… J’en passe et des meilleures ; je n’ose pourtant croire à l’existence à travers le monde d’une secte d’une pareille importance.

Le pis est, non pas tant l’usage de tels procédés qui, hélas, sont éternels, que leur acceptation générale. Je me demande si toute conscience est éteinte ou si la lâcheté est telle que personne n’ose se révolter.

Les cris, les plaintes, les lamentations et autres récriminations ne servent de rien, et nous n’avons cure des flots de paroles et des promesses. De tous côtés on nous réclame des actes. J’en propose. Mais pour qu’ils soient efficaces, faites appel à vos amis, appelez tous ceux qui vous paraissent connaître la vie, tous ceux qui ont gardé quelque sincérité d’allure et conservent quelque simplicité de tenue. À travers le monde, serrons les coudes, élevons nos coeurs, suscitons des voix qui, face à ces troupeaux de moutons bêlants, à ces hordes de rapaces sinistres, sauront témoigner de la dignité de l’homme.

*

La négation est un acte primordial important et décisif, car il engage l’homme qui l’accomplit (je pense même qu’il ne peut y avoir de spectateurs indifférents). Encore faut-il savoir dire « non », en avoir le courage.

À tous les infatués d’eux-mêmes, à tous les m’as-tu lu de la littérature, à tous les m’as-tu vu de l’art, de la politique, etc., qui s’érigent en maîtres ou en prophètes et évitent les trois quarts du temps de prendre leurs responsabilités ; à ces innombrables snobs, écrivaillons, soi-disant artistes, à tous les pantins plus ou moins célèbres qui se gargarisent de mots ronflants, qui se contemplent le nombril ; oui, à tous ceux qui s’arrogent des droits sur les autres, à tous ces pédants qui se croient spirituels, qui jacassent, pérorent., font des acrobaties, des pirouettes, des génuflexions et autres révérences pour le seul plaisir de courtiser les puissants et faire danser une idée – sachons dire NON.

Car on ne compte plus les reniements, les trahisons des hommes publics, des politiciens sans scrupules et sans vergogne ; leur versatilité est aussi évidente que la vanité de leurs promesses.

Je m’en prends aussi à tous les combinards, arrivistes, entremetteurs du talent, à tous les naufrageurs d’idées.

Idem à tous les critiques-perroquets qui tendent la main, à tous ces soi-disant confrères et collègues qui vous guettent pour vous faire le coup du père François. Idem également à tous les temporisateurs, opportunistes et autres lâcheurs.

C’est dans la mesure où vous leur direz NON que vous anéantirez ces milieux de parasites, ce monde de pourriture.

Il ne faut point d’accommodements pour leur faciliter la tache, point de compromissions non plus ; il n’y a qu’à se retirer, s’abstenir et faire silence. Inutile pour l’instant d’engager des luttes au-dessus de vos forces, pas de cris non plus. Dressez seulement une liste des vrais constructeurs, des hommes sains et sincères. Les autres ? Ils sont encore forts, puissants, il faut en tenir compte et se détourner d’eux.

Il ne faut pas oublier que ce sont vos demandes, vos implorations qui vous font leurs esclaves S’agenouiller, c’est s’amoindrir, c’est se dégrader. Il vous faut rester debout, face à face, et le NON catégorique, le NON qui vous en éloigne sera empreint de dignité.

Plus d’abandon. Dites NON aux facilités.

On s’habitue si rapidement à certains renoncements. Depuis pas mal d’années on a perdu le courage de son attitude, l’énergie du geste, le sens de l’irrévocabilité et de la responsabilité de l’acte. Il ne dépend que de vous-même de le retrouver et de le manifester. Peut-être alors un changement, se fera-t-il, une amélioration s’opérera-t-elle.

On n’acclamera plus un farceur quelconque soit dans les réunions électorales, soit au théâtre, soit aux séances des académies, etc., où tel plastronneur suintant la fatuité étale sa nouvelle fortune. Je crois qu’on vous respectera davantage si vous-même vous respectez votre parole. Parfois dans la vie, il faut renoncer à soi-même, car il urge de nettoyer l’ambiance insalubre où l’on s’est fourvoyé ; il est des moments où l’on peut et doit se compter.

Un bon constructeur de société doit pouvoir susciter des êtres fermes, droits, rudes et purs, n’ayant pas peur de se montrer tels, des êtres sachant dire NON à toutes les saletés, à toutes les ignominies que le monde actuel leur propose. Je pose la question : Serez-vous de ceux-là ?

(Article paru dans l'Unique, n°4, octobre 1945. Texte également en ligne sur La Presse Anarchiste.

21 mai 2008

Expo Gérard BERTRAND

1826311524.jpgGérard Bertrand, dont une des compositions sera à l’honneur dans le n°6 du Grognard (à paraître début juin, je le rappelle !) va exposer une partie de son travail de recomposition de photos : « l’Album de Marcel Proust », du 24 mai au 22 juin à la galerie « À vous de voir », à Saint Mathurin sur Loire.

 

Plus d’informations sur l’expo par ici et sur l’œuvre de Gérard Bertrand par là.

LE GROGNARD 6

1832998032.JPGLe n°6 du GROGNARD se prépare tranquillement et devrait être disponible vers le premier juin. Vous pouvez d’ores et déjà réserver votre exemplaire en nous envoyant un mail.

 

Au sommaire :

- Pascale Arguedas : L’Oreille de Volko  - Entretien avec Michel Volkovitch
- Michel Volkovitch : Journal Infime (extraits
- Claude Pérès : Si dieu est mort, tuons l’individu
- Patrice Locmant : Survie (poème)
- Mitchell Abidor :  American rebels : W.-L. Garrison & Homenajes (poèmes)
- Thomas Vinau :  L’Étang (poème)
- Jean-Jacques Nuel : Brefs 1 & 2
- Aristie Trendel : Une Année solaire (extrait)
- Henri Roorda (1870-1925) : Proclamation aux électeurs intelligents
- Mikaël Lugan, Stéphane Beau, Stéphane Prat : Du côté des livres.

20 mai 2008

Histoire de poissons...

N., 4 ans, admirant des poissons rouges (pour être précis : des poissons japonais orange et blancs) dans une animalerie :

 

- Ouah ! C’est avec eux qu’on fait le surimi ?

14 mai 2008

Les Motel, Stéphane PRAT

1302475628.2.JPGLes aventures des Motel continuent sur le blog de Stéphane Prat.

Et pour le plaisir, un extrait qui me « cause » bien :

« En filigrane, dans toutes les remarques du poète tâcheron, il y aurait cette idée que la communication n’est pas le propre de l’art et qu’il n’y avait somme toute aucune raison pour que l’artiste en retirât un statut particulier. Il ressentait un soulagement à venir reluquer les expositions de Fauconnier, il revenait même parfois s’en imprégner encore, longuement, avant d’écrire son papier à la dernière minute. Mais l’art n’avait pas le pouvoir d’enclencher une réelle communication. Sortis de la galerie, c’était de nouveau l’impasse. Ça relevait du simple répit, du repos, et il reprochait implicitement aux artistes de se contenter de pousser dans le fumier, de manquer de générosité, de marchander du vent. »

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