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26 mars 2008

Des nouvelles du Manchot...

1302475628.JPGUn petit mot pour signaler que Stéphane Prat, avec lequel nous avons co-animé le dernier Grognard, nous donne à lire, sur son blog, les premiers chapitres d’un roman qu’il est en train d’écrire. Ci-dessous, deux petits extraits, dont je ne sais pas s’ils sont représentatifs, mais qui ne me laissent pas indifférent :

« Elle trouvait de la poésie à ces tas de ferraille alignés, feux allumés et vitres entrouvertes, attendant que le trafic redémarre. Beaucoup de ces véhicules étaient flambants neufs. Beaucoup se saignaient sans doute, avec un salaire ridicule, pour poser leur cul dans ces bolides brimés. Certains en changeaient comme de chemises, mais le plus souvent, eux aussi, se serraient le falzar pour y mettre du carburant. Elle contemplait ces signes extérieurs de suractivité imbécile avec une certaine tendresse, pour ainsi dire maternelle. En dévisageant ces inconnus, leur regard à la fois sûr et impatient, prédéterminé, elle mesurait sa chance d’être dévorée par l’écriture, une chance qu’elle n’avait jamais cherchée, dont elle se serait comme tout le monde parfaitement passée et qu’elle ne comprendrait donc jamais. Elle ne pourrait jamais non plus totalement échapper à la pauvreté de cette existence-là, à cette matière en expansion, inerte, criminelle, mais avec l’écriture elle se concevait comme un destin parallèle, depuis lequel elle se regardait avec mansuétude, embringuée comme tout le monde dans ce merdier froid. »

« Motel redoutait l’Alzheimer et le désirait en même temps comme une délivrance, tellement il était fatigué de ne jamais s’oublier. Il ne parvenait même plus à se saouler. »

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Cahiers Octave Mirbeau

1317187738.jpgLe n° 15 des Cahiers Octave Mirbeau vient de paraître. Il est possible de le commander à la Société Octave Mirbeau (23 euros - Pierre MICHEL, Société Octave Mirbeau, 10 bis rue André Gautier, 49000 – ANGERS, 02 41 66 84 64).

Sommaire :

Cahiers Octave Mirbeau, n° 15, mars 2008, 384 pages

PREMIÈRE PARTIE : ÉTUDES
• Anna GURAL-MIGDAL : « Entre naturalisme et frénétisme : la représentation du féminin dans Le Calvaire »
• Yannick LEMARIÉ : « L’Abbé Jules :  le Verbe et la colère »
•. Fernando CIPRIANI : « Sébastien Roch, du roman d’enfance au roman de formation »
• Samuel LAIR : « La 628-E8,le nouveau jouet de Mirbeau” ».
• François MASSE : « L’automobile “vous met en communication directe” avec le monde : la relation au proche et au lointain  dans le voyage automobile d’Octave Mirbeau ».
• Antigone SAMIOU : « L’“Autre” dans La 628-E8 d’Octave Mirbeau ».
• Charles MULLER : « Le Vocabulaire automobile d’Octave Mirbeau »
• Cécile BARRAUD : « Octave Mirbeau, “un batteur d’âmes”, à l’horizon de la Revue blanche »
• Arnaud VAREILLE :  « D'un usage particulier de la caricature chez Mirbeau : le contre-type »
• Chantal BEAUVALOT : « Un critique d’art et un peintre, Octave Mirbeau et Albert Besnard  : une relation ambivalente »
Nathalie COUTELET : « Le Théâtre populaire de la “Coopération des idées” ».
• Claude HERZFELD : « Kierkegaard et Mirbeau face à l’angoisse »

DEUXIÈME PARTIE : DOCUMENTS
• Colette BECKER : « La Fabrique des Rougon-Macquart »
• Pierre MICHEL : « Octave Mirbeau et Bertha von Suttner »
        - Bertha von Suttner : « Menton et Venise » 
        - Octave Mirbeau : Lettres inédites à Bertha von Suttner 
• Pierre MICHEL : « Janer Cristaldo et Le Jardin des supplices »
• Maxime BENOÎT-JEANNIN : « Passion, crise et rupture chez Henry de Groux, à travers son journal  (Léon Bloy, Henry de Groux et Octave Mirbeau au temps de l’Affaire Dreyfus) »
• Pierre MICHEL et Jean-Claude DELAUNEY : « Les épreuves corrigées de La 628-E8 »
• Pierre MICHEL : « Aristide Briand, Paul Léautaud et Le Foyer »
• Éric-Noël DYVORNE : « Tempête autour du Foyer à Nantes »
• Dominique GARBAN : « Jacques Rouché et Octave Mirbeau »
• Bernard GARREAU : « Présence d’Octave Mirbeau dans la correspondance alducienne »
• Clémence ARNOULT : « Deux écrivains libertaires : Han Ryner juge Octave Mirbeau - Autour de deux fragments et d'un article »

TROISIÈME PARTIE :  TÉMOIGNAGES
• Janer CRISTALDO : « Notre jardin à Tolède »
• Stéphane DUSSEL : « Réminiscence »
• Marie BRILLANT : « La Mise en scène de Familière Familie »
• Alain BOURGES et Emmanuel POLLAUD-DULIAN : « Les Acharnistes et Octave Mirbeau »
• Fabienne MASSIANI : « Les circonstances d’une rencontre »

QUATRIÈME PARTIE BIBLIOGRAPHIE
1. Œuvres d’Octave Mirbeau, par Pierre Michel. :         
Les affaires sont les affaires         
La Grève des électeurs
        
La Bague et autres contes 

   • Les Mémoires de mon ami
   • Le Journal d’une femme de chambre
   • Le Journal d’une femme de chambre
2. Études sur Octave Mirbeau :
• Delphine Neuenschwander, Le Dépassement du naturalisme dans les “Combats esthétiques” d'Octave Mirbeau, par Pierre Michel.
Marie Brillant, Le Théâtre de l’éducation chez Octave Mirbeau : Représentation, décalage et mise à nu, par Pierre Michel. 
Kinda Mubaideen (éd.), Un aller simple pour l’Octavie, par Pierre Michel.
Robert Ziegler, The Nothing Machine : The Fiction of Octave Mirbeau, par Pierre Michel.
• Pierre Michel, Octave Mirbeau, par Alain Gendrault • Laure Himy et Gérard Poulouin (éd.), Octave Mirbeau – Passions et anathèmes, par Pierre Michel         
3. Notes de lecture :
Alphonse de Lamartine, Les Écrits sur les Serbes, par Pierre Michel
Vallès et la littérature populaire, Autour de Vallès, n° 37, par Arnaud Vareille
• Patrick Besnier, Sophie Lucet et Nathalie Prince (éd.), Catulle Mendès : l’énigme d’une disparition, par Arnaud Vareille
• Éléonore Reverzy, La Chair de l’idée – Poétique de l’allégorie dans “Les Rougon-Macquart” par Pierre Michel
• Anna Gural-Migdal et Carolyn Snipes-Hoyt (éd.), Zola et le texte naturaliste en Europe et aux Amériques, Généricité, intertextualité et influences, par Yannick Lemarié
Les Cahiers naturalistes, n° 81, par Yannick Lemarié
Excavatio, volumes XXI et XXII,  par Yannick Lemarié
• Michel Drouin, André Hélard, Philippe Oriol et Gérard Provost (éd.), L’Affaire Dreyfus – Nouveaux regards, nouveaux problème, par Pierre Michel
• Michel Winock, Clemenceau, par Alain Gendrault
• Patrice Locmant, J.-K. Huysmans, Le forçat de la vie, par Samuel Lair
Thierry Rodange (éd.), Jean Lorrain (1855-1906), Autour et alentours, par Samuel Lair
• Jean Lorrain, Lettres à Georges Coquiot, par Pierre Michel
Léo Trézénik, Histoires percheronnes, par Pierre Michel

• Philippe Baron (éd.), Le Théâtre Libre d’Antoine et les théâtres de recherche étrangers, par Colette Becker.
•  Pierre Loti et l’exotisme fin de siècle, par Pierre Michel • Fernando Cipriani, Dal discorso letterario al discorso sociale, par Pierre Michel
• Christian Berg, Alexandre Gefen, Monique Jutrin et Agnès Lhermitte (éd.), Retours à Marcel Schwob – D’un siècle à l’autre (1905-2008), par Bruno Fabre
• Paul-Henri Bourrelier, “La Revue blanche” – Une génération dans l’engagement 1890-1905, par Samuel Lair.
• Géza Csáth, Le Jardin du mage, par Pierre Michel
• Céline Beaudet, Les Milieux libres. Vivre en anarchiste à la « Belle-Époque » en France, par Céline Beaudet.
• Jean Royère, En Avignon, par Vincent Gogibu.
• Claude Herzfeld, La Littérature, dernier refuge du mythe ? Mirbeau, Philippe, Alain‑Fournier..., par Bernard Garreau.
• Norbert Col (éd.), Écriture des soi, par Samuel Lair.
• Marie Blaise (éd.), La Conversion, par Samuel Lair.
• Gus Bofa, La Croisière incertaine et Le Livre de la guerre de cent ans, par Pierre Michel
• Emmanuel Pollaud-Dulian, Gus Bofa, par Pierre Michel
• Arlette Bouloumié (éd.), Errance et marginalité dans la littérature, par Pierre Michel
• Wieslaw Malinowski (éd.), Studia romanica posnaniensia, n° XXXIV, par Arnaud Vareille   

4. Bibliographie mirbellienne, par Pierre Michel  
Nouvelles diverses.
Le colloque Mirbeau de Strasbourg – Mirbeau au théâtre – Mirbeau traduit – Mirbeau sur Internet – Correspondance générale – De Mirbellus à Célestine – Le Grognard –  Amer –  Vivre l’autre – Théophile Gautier – Alphonse Daudet – Jules Renard – Carrière et Besnard  – Claudel et Léautaud – Hyvernaud.

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25 mars 2008

Liberté...

Quand tu critiques les crimes commis par les autorités chinoises au Tibet, tu es un défenseur des droits de l’homme.

 

Quand tu critiques les fraudes électorales commises par les autorités russes, tu es un défenseur de la démocratie.

 

Quand tu cries victoire en apprenant que Fidel Castro a enfin accepté de céder sa place, tu es un défenseur de la liberté.

 

Quand tu dénonces les attentats perpétrés par des islamistes hallucinés, tu es un défenseur de la laïcité éclairée.

 

Quand tu laisses entendre que les autorités israéliennes ne sont peut-être pas au top en matière de droits de l’homme, de démocratie, de liberté et de laïcité, tu es… antisémite !

 

Étonnant, non ?

21 mars 2008

La Presse Littéraire n°14

977414523.jpgEt hop ! Le numéro 14 de La Presse Littéraire est dans les bacs. Numéro, placé sous le signe de Flaubert et du Bovarysme, dans lequel nous avons eu le privilège de placer notre petit grain de sel : « Jules de Gaultier et le Bovarysme ».

Numéro où nous retrouvons également avec plaisir d’autres « Grognons » : Guy Darol et sa chronique intitulée « Lire la musique » ; et Pascale Arguedas qui, outre sa chronique (Fugues inordinaires), propose un bel entretien avec Cécile Wajsbrot (rappelons qu’elle avait déjà chroniqué Conversations avec le maître dans Le Grognard n°3).

Nous dénichons enfin, parmi les responsables d’un entretien avec François Taillandier, le nom de Guillaume Zorgbibe, le responsable des magnifiques éditions du Sandre.

Bref… On est en famille !

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20 mars 2008

Hommes - Femmes : mode d'emploi

X., 3 joue avec un pistolet en lego sur lequel il a accroché une fleur, également en lego : « Papa, il est joli mon pistolet avec cette fleur dessus ? »

N., 4 ans : « Mais pourquoi les papas ils ont des seins puisque c’est les mamans qu’ont du lait ? »

19 mars 2008

LE MONDE DE MONSIEUR GLOU - 18 -

C.JPGomme tous les printemps, c’est l’heure de l’affichage des notations annuelles chez Young, Young & Young.

Guère de surprises, encore, cette année là.

Mme Fuzz, qui n’a de cesse de promener les profondeurs abyssales de son décolleté devant tous les cadres du service a de nouveau obtenu un 18/20.

Monsieur Le Klutz, chef de bureau et fayot de service a obtenu un honorable 16/20. Peut mieux faire… Devra racheter du cirage peut-être ?…

Le jeune Jean-Eudes Young, le fils du patron, a obtenu un brillant 19/20. Juste récompense pour celui qui détient depuis plus de six mois le record du meilleur score au « démineur » (niveau expert !)

Monsieur Glou, pour sa part, doit se contenter d’un maigre 11/20. Il n’aura pas droit à la prime annuelle accordée à tous les employés ayant obtenu une note supérieure à 15/20. Il faut dire que Monsieur Glou ne fait pas beaucoup d’efforts. Depuis près de 20 ans qu’il travaille pour Young, Young & Young, il n’a jamais été absent, jamais fait grève, jamais commis la moindre erreur ou faute professionnelle, jamais comploté, jamais manigancé... Ça finit forcément par agacer une telle discrétion !

17 mars 2008

UNDERCORE – UNDERCORPS

153824363.jpgAglaé Vadet, qui nous a déjà fait le plaisir de collaborer à plusieurs reprises au Grognard, nous signale la parution de UNDERCORE – UNDERCORPS, un roman de Odulcidovul (éditions Bouquinsinct, collection Émeutes). Apparemment, c’est du lourd, du glauque et du saignant. Amateurs de bluettes s’abstenir !

Extrait :

« Le corps de Carol reposait là sous notre regard à jamais marqué. Mort. Onc'arol. Attendant patiemment la venue des premiers vautours avides de charogne. Une première mare de sang entourait ses chevilles. Ses deux pieds étaient séparés du reste de son corps. L'opération relevait plus de la boucherie que de la chirurgie, comme en témoignait la présence dans la terre souillée de la hache incriminée.

Et si le sort de la hache était joué il n'en était pas de même pour celui du sang. Je le voyais, ce liquide couard, prendre la poudre d'escampette. S'infiltrant sous terre, aidé en cela par la terre elle-même qui, en l'absence de papilles gustatives, avale tout ce qui lui passe à travers la gueule. Un véritable festin s'insinuant dans les profondeurs.

Je parcourus du regard le corps de mon invité de la veille jusqu'à rejoindre la seconde mare de sang. Elle se présentait comme un oreiller sur lequel la tête, fraîchement explosée, reposait. Confortable oreiller, mais sans plus. Ici, l'arme était un simple pistolet. Sa balle avait traversé l'œil droit et était allée percuter la boite crânienne sans même prendre le temps de visiter le cerveau obscur se présentant à elle. Je me sentais fébrile devant ce cadavre et n'étais pas le seul. Les sons gutturaux de Carol-Anne me sortirent soudain de ma torpeur. À genoux, les paumes appuyées contre le sol, elle se vidait les tripes sous mon regard éteint. Ses jets de salive se mélangeaient à ses larmes. Elle releva son visage éploré et me supplia de partir. Foutre le camp. Disparaître de cet enfer de maïs pour n'y jamais revenir. Brusquement je la saisis, la portai à mes bras et détalai sans me retourner. Armé d'une hache. Armé d'un flingue.

« Ce matin, je me suis amputé les pieds puis me suis suicidé. Fin de l'échec ». Telles étaient les dernières paroles de Carol… ».

10:40 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bouquinstinct

15 mars 2008

Le bovarysme, Georges Palante

1080461055.jpgLe bovarysme est à la mode : profitons-en. Profitons en d’autant plus que cette notion nous permet en même temps de reparler de deux auteurs qui ont participé, à des degrés différents, à son élaboration : Jules de Gaultier et Georges Palante.

Grâce à Dominique Depenne, qui vient de soutenir une thèse sur Georges Palante, ces deux penseurs se trouvent de nouveau réunis dans un même volume : Le bovarysme, une moderne philosophie de l’illusion (G. palante), suivi de Pathologie du bovarysme (J. de Gaultier) et d’une très intéressante postface de D. Depenne qui propose une mise en perspective originale des manières différentes dont les deux philosophes abordent et entendent le bovarysme.

« Le Bovarysme est le pouvoir qu’a l’homme de se concevoir autre qu’il n’est. Ce fait très simple est aussi très général. Nul n’échappe au Bovarysme. Tout homme en subit la loi à des degrés divers et suivant des modes particuliers. Le Bovarysme est le père de l’illusion sur soi qui précède et accompagne l’illusion sur autrui et sur le monde ; il est l’évocateur de paysages psychologiques par lesquels l’homme est induit en erreur et en tentation pour sa joie et pour son malheur. »
Georges Palante, 1903.

À paraître très prochainement chez Payot, Rivages poche (prix 8 €).

08 mars 2008

Journée de la femme ?

Ne serait-ce pas la journée de la femme aujourd’hui ?

Alors zou, pour l’occasion, une petite citation de Clément Rosset :

« La joie a ceci de commun avec la féminité qu’elle reste indifférente à toute objection »

Clément Rosset, La Force Majeure.

12:35 Publié dans humeur du jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : femme, rosset