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30 juillet 2007

L'Homme sans qualités

c9330f29d6be964f2576128bc6079d34.jpgIl y a des rendez-vous ratés que l’on a du mal à digérer… Je viens de ressentir cela avec Robert Musil et son Homme sans qualités. Il y a des années que je veux lire ce livre et que j’attends le moment propice pour me plonger dedans. Cet été, j’ai cru que le moment était venu… et… grosse déception ! Impossible d’ingurgiter cette espèce de baratin sans intérêt qui constitue l’essentiel du roman !

Moment de doute : suis-je si nul que je n’arrive pas à percevoir tout ce qu’il y a de génial dans ce texte ? Moi qui ai adoré La Montagne Magique de Thomas Mann, comment puis-je sécher ainsi, lamentablement, devant ce monument de la littérature ?... Comment ? Parce qu’il est chiant, tout simplement !

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29 juillet 2007

Lemmy Constantine

fd771445d4d301f82951c44aed0104b7.jpgAprès Sara Lazarus, restons dans cet heureux mélange d’esprit crooner et de jazz manouche avec Lemmy Constantine dont le titre du dernier album parle de lui-même : Meeting Sinatra & Django.

 

Pour ceux qui ont envie de mieux connaître ce singulier chanteur, musicien et acteur, cliquez ICI pour écouter l’intégralité des morceaux de ce bel album (ainsi que ceux qui composent ses précédents opus).

25 juillet 2007

La Sensibilité Métaphysique - Jules de Gaultier

4ba5a2ab5eabed663856afa79d3f9954.jpgPour notre plus grand plaisir les éditions du Sandre viennent de republier cet essai de Jules de Gaultier (paru initialement en 1924).

4ème de couverture :

Une sensibilité possédant le bonheur n’engendrerait ni métaphysique, ni philosophie. C’est le mécontentement, c’est une sensation de malaise qui détermine l’esprit à s’inquiéter et à se mettre en mouvement pour chercher un remède. Au cours d’une première tentative il s’avise de vouloir réformer la vie. La vie étant ressentie comme un mal, il lui semble que les choses soient autrement qu’elles ne doivent être, il veut qu’elles deviennent autres qu’elles ne sont et c’est cette tentative de réformer l’existence, cet espoir qu’elle deviendra autre qu’elle n’est qui engendre toutes les démarches du messianisme. Cette tentative échoue : parvenue à ses formes les plus hautes, elle se manifeste comme impliquant une contradiction avec elle-même. Il apparaît que sa réussite, fût-elle, par impossible, possible, aurait pour effet de révéler cette contradiction. C’est alors qu’une autre tentative se produit et recherche si ce n’est pas faute de négliger un des éléments impliqués dans l’existence, si ce n’est pas en raison de l’erreur de perspective déterminée par cette négligence, que l’existence se révèle à sa propre vue sous ce jour défavorable. Cette seconde tentative aboutit sous les auspices de la sensibilité spectaculaire à montrer qu’il ne faut rien changer qu’un point de vue, et que l’existence comporte en elle-même et en fonction du jeu immanent qui l’anime sa justification immédiate.

Jules de Gaultier

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13 juillet 2007

Féminisme / Machisme

76e81fa9ef00f0416c8c607f00d9b439.jpgJe suis tombé dernièrement, par hasard, sur les dernières minutes d’un débat télévisé sur le féminisme et l’égalité des sexes.

A la remarque d’un des intervenants (un homme) qui posait l’hypothèse que le féminisme était peut-être parfois excessif et pouvait générer des dérives, une représentante de la cause féminine répondit : « le féminisme n’a jamais tué personne alors que le machisme, lui, a tué plein de monde ! ».

Cette petite phrase, qui se veut indiscutable n’est pourtant pas aussi « transparente » qu’elle en a l’air et constitue même – et paradoxalement – un exemple caractéristique des dérives et des limites du féminisme.

Ce n’est pas parce qu’une formule « sonne » bien qu’elle est juste. Et justement, cette petite phrase recèle au moins, à mon sens, deux erreurs de taille.

La première, c’est qu’elle oppose un concept d’ordre « idéologique » (le Féminisme) à une réalité d’ordre « psychologique » ou comportementale (le machisme). Si certaines femmes peuvent justifier leurs actes par rapport à leur attachement aux idées « Féministes » (même des actes forts comme décider d’avoir un enfant sans en informer le géniteur par exemple) je n’ai encore jamais rencontré d’hommes qui justifient leurs actes de maltraitance vis-à-vis de leur conjointe sous couvert d’idéologie « machiste » (ou, quand ils le font, d’autres paramètres entrent en jeu : la religion, la pathologie mentale etc.)

La seconde erreur consiste selon moi à dire que c’est le « machisme qui tue ». Sous entendu : ce sont les hommes qui tuent. Sous entendu encore : qui tuent les femmes qui sont leurs victimes naturelles. Je sais que le sujet est très sensible et il ne s’agit pas de nier les faits qui sont inadmissibles : tous les jours des femmes meurent sous les coups d’hommes, généralement leurs conjoints, et des dizaines de milliers d’autres subissent secrètement ou non des violences qui, même si elles ne se terminent pas par un décès, n’en sont pas moins intolérables.

Sauf que cette façon de poser le problème n’est pas neutre : comment parler ensuite d’égalité des sexes si on pose comme postulat de départ que l’homme est, dans tous les cas, potentiellement, un salaud et un assassin, et la femme la victime naturelle de ce salaud et de cet assassin ?

D’abord, ce n’est pas le « machisme » qui tue : ce sont des individus – hommes et femmes – qui, pris dans leurs histoires et dans leurs destins respectifs en arrivent à poser, un jour, un acte ultime et irrémédiable. Ces individus, dans le cas des violences conjugales sont majoritairement des hommes, mais je connais également de très nombreux hommes qui n’ont jamais levé la main sur une femme, et dont rien ne permet de dire qu’ils le feront un jour. Tenir « tous » les hommes pour des agresseurs – voire des tueurs – potentiels est une posture qui ne peut permettre aucune évolution positive de la situation. Je n’éprouve personnellement aucune solidarité avec le type qui tue sa femme, quelles que soit les circonstances de son geste, et je ne vois pas en quoi, parce que je suis moi-même un homme, je devrais me sentir, d’une certaine manière, à un certain degré, à cause du « macho » potentiel qui sommeille en moi, coresponsable – ou complice – de son acte.

La dimension manichéenne qui s’exprime dans cette idée que « le féminisme n’a jamais tué personne alors que le machisme, lui, a tué plein de monde » est d’autant plus grave qu’elle tend à interdire toute tentative de réflexion pertinente sur la question. Car il ne s’agit pas de nier le problème mais de le creuser : comment se fait-il que tant de femmes aient à subir les violences de leurs conjoints ? Quelles souffrances entrent en jeu dans ses violences ? Quelles sont les circonstances qui peuvent expliquer que certains hommes posent de tels actes alors que d’autres ne le font pas ? Et il ne s’agit pas uniquement de rechercher les défauts, les carences et les pathologies psychologiques des hommes, mais également de déterminer comment certaines femmes peuvent générer ou favoriser certains comportements violents chez les hommes. Je sais bien que ce dernier point de vue fait grincer des dents les féministes les plus acharnées, mais j’ai rencontré plus d’une femme « battue » qui n’avait d’yeux que pour les hommes « forts », qui ne se laissent pas embêter, qui ont du pouvoir (chef d’entreprise par exemple), qui tiennent bien l’alcool… Bref, un « Homme », un vrai, un dur, pour lequel quelques coups de poings de plus ou de moins, même distribués à une femme, ne constituent rien d’exceptionnel… Si ces femmes avaient jeté leur dévolu sur un petit gars tranquille et doux elles n’auraient sans doute pas souffert de violences conjugales…

La question du « machisme » et de l’image de l’homme n’est pas seulement du ressort de ce dernier. Si toutes les femmes décrétaient que l’homme idéal était frêle, timide, fragile, peureux et non violent, je suis sûr que le nombre des violences conjugales diminuerait très nettement !

La question est complexe car elle brasse des tonnes de souffrances. La souffrance engendre bien souvent la violence. Violence dirigée contre l’autre, mais aussi contre soi-même. Une étude sur la question des « violences conjugales » (sans oublier tout ce qui tourne autour de la séparation) devrait également, pour être pertinente, prendre en compte tous les suicides – ou tentatives de suicides –, toutes les dépressions, toutes les dérives alcooliques qui se rattachent à cette problématique et qui font des ravages aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

Ce n’est pas le machisme qui tue… C’est la connerie… Et la connerie n’a pas de sexe.

11 juillet 2007

Sara Lazarus

847ab513e45dd0ddac760298630e2a1c.jpgLe vilain ronchon que je suis a du mal avec la nouveauté (Georges Palante m’aurait sans doute qualifié de « misonéiste », terme qu’il aimait bien !) C’est sans doute en partie pour ça que, parmi les « Divas » du Jazz, j’ai du mal à accrocher avec les nouvelles voix – Diana Krall, Norah Jones etc. – que je trouve souvent trop prévisibles, trop standardisées, trop « FMisées ».

Une des rares à échapper à mon mauvais caractère, c’est Sara Lazarus. Non pas que sa voix me transcende plus que cela (je la trouve plutôt sèche et parfois peu agréable dans les aigus), mais son approche de la musique me plait bien. Notamment son travail avec Bireli Lagrene avec lequel elle revisite tous les standards du Jazz vocal refondus à la sauce « Gipsy »

Pour se faire une idée, cliquer ICI.

10 juillet 2007

Revue Belphégor

6e9a1deefe68681541ea8899a7343d4a.gifLa revue Belphégor, spécialisée dans la littérature populaire et la culture médiatique propose, dans son numéro de juin 2007, d’approfondir les liens entre l’anarchisme et la littérature de masse. Les articles sont en français en anglais, en espagnol en italien…

A noter, parmi les différents textes, une belle étude sur la figure de l’anarchiste dans le cinéma de fiction français ainsi qu’une réflexion sur la figure de l’anarchiste dans Fantômas.

Information proposée par Cercamon.

10:00 Publié dans En vrac | Lien permanent | Commentaires (2)

05 juillet 2007

Perry Como

7e4b6ffaa8775ae3566168f301c95b67.jpgA trois ans, mon fils avait deux idoles : Maurice Chevalier et Perry Como ! Pas très Rock n’ Roll tout ça ! Mais je dois pourtant avouer que l’écouter chantonner à longueur de journée « Avaaaaar un bon TTTTopain ! » ne manquait pas de charme…

Dans le répertoire de Perry Como, son titre préféré était Magic Moment. Titre d’ailleurs très emblématique du style de Como qui, se démarquant des crooners crâneurs tombeurs qui pullulent dans ce genre musical, se caractérise par un style plein de fraîcheur, de douceur et de générosité.

Né en 1912 et mort en 2001, d’origine italienne, comme Sinatra, Como a également été acteur et présentateur télé.

Pour faire plus ample connaissance avec Monsieur Como et l’écouter chanter Magic Moment, cliquez ICI.

03 juillet 2007

Chômeurs qu'attendez-vous pour disparaître?

b713d74f2a283bdad74a53c9fe8ce3a6.gifUn petit mot sur l’ouvrage collectif : Chômeurs, qu’attendez-vous pour disparaître, paru il y a quelques mois de cela aux éditions « Après la lune ».

Lors de sa parution, j’avais jeté un regard assez peu clément sur ce bouquin que j’avais catalogué – bien trop hâtivement, je le constate maintenant – dans la catégorie de ces pamphlets bidons, vite (et mal) écrits par quelques littérateurs en manque de liquidité. On en voit tellement de ces « témoignages » plus ou moins plausibles, de ces récits d’enfances violées, de destins volés, de ces mémoires d’ex-sportifs ex-dopés, d’ex-flics, d’ex- star d’un jour, de ces « livres scoops » sur la corruption, sur la vie sexuelle et les déboires conjugaux de nos chers élus…

Tout faux ! Avec beaucoup d’intelligence, de nuance et de pertinence Chômeurs, qu’attendez-vous pour disparaître, nous offre un panorama très précis de la réalité du chômage aujourd’hui. Et pas seulement de sa réalité « statistique ». La parole est amplement laissée à ceux qui vivent le chômage au quotidien : les chômeurs, mais aussi quelques représentants de l’ANPE qui expriment au fil des pages l’immensité de leur souffrance.

Le livre, dirigé et édité par Jean-Jacques Reboux réussi ce pari, pourtant improbable, sur un sujet où la souffrance, la rage et le désespoir auraient pu autoriser un débordement d’invectives de condamnations et de règlements de comptes, d’offrir un plaidoyer très noble, très digne et très clair de la condition de milliers d’hommes et de femmes dont l’humiliation est le pain quotidien.

Un livre plein d’humanité qui évite soigneusement de sombrer dans le manichéisme : bref, un livre important qui a définitivement trouvé sa place, dans ma bibliothèque, entre La Misère du Monde de Bourdieu et La France Invisible , ouvrage dirigé (par mon – quasi – homonyme) Stéphane Beaud.

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02 juillet 2007

LE MONDE DE MONSIEUR GLOU - 15 -

ec5dcc8662e66fb98dbe79b7a6df2c4d.jpgn coup de poing à droite, deux coups de pieds à gauche. En moins de trente secondes les trois misérables malfrats ont mordu la poussière de la ruelle sordide. D'un geste dégagé, Monsieur Glou réajuste son nœud papillon et s'avance vers la blonde et pulpeuse Samantha qui, encore sous le choc de l'agression, semble vouloir le dévorer de son immense regard.

« Ah ! Monsieur Glou, comme vous les avez bien corrigés ces voyous !
– Je n'ai pas pour habitude de laisser la vermine molester les jolies femmes...
– Oh ! Monsieur Glou, vous allez me faire rougir... Comment puis-je vous remercier ?
– Un baiser... peut-être ?
– Jamais un merci ne m'aura été aussi agréable à donner ! »

Samantha tend déjà ses lèvres dorées et rondes vers son sauveur, mais au moment ou leurs haleines vont sceller leur délicieuse union, la belle jeune femme s'écrit avec angoisse :

« Attention, derrière vous ! »

Monsieur Glou sent une main s'abattre sur son épaule :

« Désolé de vous réveiller comme ça mon p'tit monsieur, mais c'est l'terminus du bus et moi faut pas que j'décampe trop tard à cause de ma bourgeoise qu'aime pas trop que je traîne pour rentrer le soir... »

Très digne, Monsieur Glou prend sa sacoche, ajuste son nœud papillon et descend du bus.