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13 juillet 2007

Féminisme / Machisme

76e81fa9ef00f0416c8c607f00d9b439.jpgJe suis tombé dernièrement, par hasard, sur les dernières minutes d’un débat télévisé sur le féminisme et l’égalité des sexes.

A la remarque d’un des intervenants (un homme) qui posait l’hypothèse que le féminisme était peut-être parfois excessif et pouvait générer des dérives, une représentante de la cause féminine répondit : « le féminisme n’a jamais tué personne alors que le machisme, lui, a tué plein de monde ! ».

Cette petite phrase, qui se veut indiscutable n’est pourtant pas aussi « transparente » qu’elle en a l’air et constitue même – et paradoxalement – un exemple caractéristique des dérives et des limites du féminisme.

Ce n’est pas parce qu’une formule « sonne » bien qu’elle est juste. Et justement, cette petite phrase recèle au moins, à mon sens, deux erreurs de taille.

La première, c’est qu’elle oppose un concept d’ordre « idéologique » (le Féminisme) à une réalité d’ordre « psychologique » ou comportementale (le machisme). Si certaines femmes peuvent justifier leurs actes par rapport à leur attachement aux idées « Féministes » (même des actes forts comme décider d’avoir un enfant sans en informer le géniteur par exemple) je n’ai encore jamais rencontré d’hommes qui justifient leurs actes de maltraitance vis-à-vis de leur conjointe sous couvert d’idéologie « machiste » (ou, quand ils le font, d’autres paramètres entrent en jeu : la religion, la pathologie mentale etc.)

La seconde erreur consiste selon moi à dire que c’est le « machisme qui tue ». Sous entendu : ce sont les hommes qui tuent. Sous entendu encore : qui tuent les femmes qui sont leurs victimes naturelles. Je sais que le sujet est très sensible et il ne s’agit pas de nier les faits qui sont inadmissibles : tous les jours des femmes meurent sous les coups d’hommes, généralement leurs conjoints, et des dizaines de milliers d’autres subissent secrètement ou non des violences qui, même si elles ne se terminent pas par un décès, n’en sont pas moins intolérables.

Sauf que cette façon de poser le problème n’est pas neutre : comment parler ensuite d’égalité des sexes si on pose comme postulat de départ que l’homme est, dans tous les cas, potentiellement, un salaud et un assassin, et la femme la victime naturelle de ce salaud et de cet assassin ?

D’abord, ce n’est pas le « machisme » qui tue : ce sont des individus – hommes et femmes – qui, pris dans leurs histoires et dans leurs destins respectifs en arrivent à poser, un jour, un acte ultime et irrémédiable. Ces individus, dans le cas des violences conjugales sont majoritairement des hommes, mais je connais également de très nombreux hommes qui n’ont jamais levé la main sur une femme, et dont rien ne permet de dire qu’ils le feront un jour. Tenir « tous » les hommes pour des agresseurs – voire des tueurs – potentiels est une posture qui ne peut permettre aucune évolution positive de la situation. Je n’éprouve personnellement aucune solidarité avec le type qui tue sa femme, quelles que soit les circonstances de son geste, et je ne vois pas en quoi, parce que je suis moi-même un homme, je devrais me sentir, d’une certaine manière, à un certain degré, à cause du « macho » potentiel qui sommeille en moi, coresponsable – ou complice – de son acte.

La dimension manichéenne qui s’exprime dans cette idée que « le féminisme n’a jamais tué personne alors que le machisme, lui, a tué plein de monde » est d’autant plus grave qu’elle tend à interdire toute tentative de réflexion pertinente sur la question. Car il ne s’agit pas de nier le problème mais de le creuser : comment se fait-il que tant de femmes aient à subir les violences de leurs conjoints ? Quelles souffrances entrent en jeu dans ses violences ? Quelles sont les circonstances qui peuvent expliquer que certains hommes posent de tels actes alors que d’autres ne le font pas ? Et il ne s’agit pas uniquement de rechercher les défauts, les carences et les pathologies psychologiques des hommes, mais également de déterminer comment certaines femmes peuvent générer ou favoriser certains comportements violents chez les hommes. Je sais bien que ce dernier point de vue fait grincer des dents les féministes les plus acharnées, mais j’ai rencontré plus d’une femme « battue » qui n’avait d’yeux que pour les hommes « forts », qui ne se laissent pas embêter, qui ont du pouvoir (chef d’entreprise par exemple), qui tiennent bien l’alcool… Bref, un « Homme », un vrai, un dur, pour lequel quelques coups de poings de plus ou de moins, même distribués à une femme, ne constituent rien d’exceptionnel… Si ces femmes avaient jeté leur dévolu sur un petit gars tranquille et doux elles n’auraient sans doute pas souffert de violences conjugales…

La question du « machisme » et de l’image de l’homme n’est pas seulement du ressort de ce dernier. Si toutes les femmes décrétaient que l’homme idéal était frêle, timide, fragile, peureux et non violent, je suis sûr que le nombre des violences conjugales diminuerait très nettement !

La question est complexe car elle brasse des tonnes de souffrances. La souffrance engendre bien souvent la violence. Violence dirigée contre l’autre, mais aussi contre soi-même. Une étude sur la question des « violences conjugales » (sans oublier tout ce qui tourne autour de la séparation) devrait également, pour être pertinente, prendre en compte tous les suicides – ou tentatives de suicides –, toutes les dépressions, toutes les dérives alcooliques qui se rattachent à cette problématique et qui font des ravages aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

Ce n’est pas le machisme qui tue… C’est la connerie… Et la connerie n’a pas de sexe.

Commentaires

A lire à ce propos: Annie Lebrun: vagit prop ou lachez tout.

Voici un lien vers mon nouveau blog aussi :

http://pantalone.blogs.nouvelobs.com/

oui je sais c le nouvel obs mais je l'ai fait sans savoir que j'allais le faire, ce matin , en "surfant sur la vague...à l'ame"

Écrit par : hipparchia | 23 juillet 2007

Je ne retrouve plus mon blog sur tot ou tard, si jamais tu as le lien peux tu me le redonner?

Écrit par : HIPPARCHIA | 23 juillet 2007

Est-ce de ce blog que tu parles?
http://lafolieentete1.hautetfort.com/

Écrit par : stephane | 25 juillet 2007

oui voilà merci Stéphane.

Écrit par : hipparchia | 26 juillet 2007

Les commentaires sont fermés.