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03 mai 2007

Michel Onfray...

medium_onfray.gifMichel Onfray… Au début des années 1990, j’ai lu ses livres avec passion avec l’avidité du collectionneur guettant presque toutes ses publications. Puis au fil des ans, face à son incapacité à faire progresser sa pensée, je me suis lassé.

Je viens de lire sa chronique internet d’avril 2007 et je suis réellement attristé de voir où en est rendu ce philosophe que j’ai tant admiré…

Sa chronique s’ouvre sur le constat que tous ceux qui commentent ses textes sur son blog sont des individus ivres de « haine », de « passions tristes » « d’envie », de « jalousie », de « mépris », et de « ressentiment »… Il s’emporte ensuite plus globalement contre internet qui donne la parole à la part la « moins intéressant(e) de l’humanité (qui) s’y ébat sous couvert de liberté alors qu’il ne s’agit que de licence ».

Pour lui, l’internaute de base est un « raté refusé par tous les éditeurs qui ne s’autorise que de lui-même et fait circuler des contre vérités amplifiées par le débit formidable du net qui décuple immédiatement sa bêtise sur une surface planétaire ».

La fin de sa chronique se veut prophétique : « Nous allons vers une société égyptienne avec d’un côté une poignée infime de scribes qui sauront lire et écrire et de l’autre des milliards d’hommes et de femmes illettrés, certes, mais greffés sur Internet comme à une prothèse fondue dans la chair de leur âme. Le pouvoir sera entre les mains des scribes facile à circonscrire parce que rares. Probablement, la liberté et la vérité seront devenues des mots et des concepts qu’alors presque plus personne ne comprendra. Rendez-vous dans mille ans… »

C’est bizarre, mais j’ai presque envie de lui retourner ses propos : quelle tristesse dans ce qu’il écrit, que de mépris, que de ressentiment à l’égard de tous ceux qui ne partagent pas sa pensée, qui n’ont pas la chance d’avoir sa culture, son intelligence, sa clairvoyance et le bonheur de lire leur nom inscrit sur des « ouvrages publiés chez des éditeurs sérieux qui garantissent la scientificité des propos tenus ».

Et oui ! mais c’est comme ça, l’humanité fourmille de bêtes humains qui ne rentrent pas forcément dans le joli moule élitiste hédoniste onfraysien ; plein d’hommes et de femmes qui s’évertuent à remplir au mieux les quelques décennies de vie qui leur sont accordées. Et oui, parmi eu il y a des « chercheurs » et des « violeurs d’enfants », des « négationnistes » et d’anciens « déportés », des salauds qui peuvent parfois être sympas et des gens bien qui se comportent parfois comme des salauds… l’humanité quoi ! Dans toute sa diversité.

Et parmi tous ces analphabètes que condamne Onfray, parmi ces gens qui ont l’audace d’essayer d’exprimer leurs pensées, leurs goût, leurs opinions (au lieu de se contenter d’avaler docilement le système bien emballé qu’il leur offre généreusement) j’en rencontre tous les jours qui, en matière d’humanité et de respect d’autrui, pourraient lui donner de belles leçons !

Michel Onfray avoue qu’il ne lit « pas les commentaires et leur répond donc encore moins ». Pas la peine de le préciser : cela se devine sans peine. Car Onfray n’a rien à attendre des critiques minables que les demeurés qui le lisent peuvent lui envoyer… Du moins c’est ce qu’il pense. Je suis pour ma part persuadé du contraire : Onfray devrait lire les critiques qui lui sont adressées et essayer de s’en imprégner, de les comprendre au lieu de les rejeter d’office comme autant de propos vains de jaloux et d’envieux. S’il tenait un peu plus compte de toutes ces critiques son travail « philosophique » n’en sortirait que grandi.

Mais je n’ai plus guère d’espoir à ce niveau.

Commentaires

Moi aussi il me déçoit maintenant . J’ai l’impression qu’il veut se targuer d’être libre penseur comme nombre de petits esprits convaincu que cette expression veut dire « anti-religieux » Il y a là une conception erronée et une igorance absolue. Il croit posséder la vérité et on le voit suivre avec une foi aveugle Besancenot. Ce qui est vraiment ridicule.

Écrit par : Fabrice | 10 mai 2007

Ce qui m'impressionne le plus chez lui c'est son absence absolue de recul. C'est assez rare - heureusement d'ailleurs - de rencontrer des personnes à ce point dénuées de capacité d'autocritique et de retour sur soi. Il ne s'agit pas de s'auto flageller à tout va, mais quand même : être parfois en mesure de s'arrêter et de se demander quelle part de responsabilité on a dans sa propre vie, cela me semble être un minimum.
Onfray passe son temps à se plaindre qu'on ne le comprend pas, qu'on le lit mal ; pire, qu'on l'insulte, qu'on l'agresse, qu'on le harcèle... Il est certain qu'être un personnage public ne doit pas être simple tous les jours : il y aura toujours une poignée d'imbéciles pour commettre des actes inadaptés (lettres d'insultes, vandalisme, agressions) qui ne mettent en cause que leur propre folie. Mais je trouve absolument incroyable qu'Onfray ne se dise jamais : " tiens mais c'est surprenant toute cette haine autour de moi ? Qu'est-ce que j'ai pu faire pour générer en partie cela ? "
Bien sûr, Onfray défend des idées qui peuvent parfois en agacer certains, mais ça n'explique pas tout. Je crois hélas qu'il ne peut plus fonctionner aujourd'hui autrement que dans une logique de martyr, de victime, de penseur incompris. Lisez son blog, lisez ses chroniques mensuelles sur son site : impossible de lire dix lignes sans tomber sur une condamnation, une accusation, une insulte à l'égard de telle personne, de telle catégorie sociale, de tel parti...
Son mode de fonctionnement est devenu très simple : agresser l'autre pour qu'il l'agresse en retour, pour pouvoir dire : " regardez ce qu'on me fait comme mal ? Normal que je me défende ! ". Et ainsi de suite.
Onfray aura du mal à sortir de ce cercle vicieux qui relève hélas plus - et je le déplore - de la pathologie que de la philosophie.

Écrit par : stephane | 11 mai 2007

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