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30 avril 2007

Benjamin De Casseres 9

medium_casseres.8.JPGLa minute glaciale

 

Je suis la Raison,

L’hiver des émotions.

Tissée en formules algébriques,

Cadencée en syllogismes

Sur l’homme je n’ai aucun pouvoir,

Car je n’ai pas d’âme.

 

Benjamin De Casseres, Black Suns

(Traduction, S. Beau 2007)

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28 avril 2007

Bibliothèque Electronique du Québec

medium_bibliotheque_electronique.gifMême si je reste un amoureux des « vrais » livres, avec du vrai papier, de la vraie encre etc., je dois bien avouer que les bibliothèques électroniques offrent des services bien utiles. Compte tenu du prix des livres, leur achat reste encore, hélas, un sport de riche. Alors quand on a envie de lire ou de relire l’essentiel des œuvres d’Alphonse Allais, de Mirbeau, de Zola, de Vallès, de Gaboriau, de Gaston Leroux, de Féval ou d’Eugène Sue et de dizaines d’autres plus ou moins célèbres, le recours aux bibliothèques électroniques s’impose.

Parmi ces dernières, j’ai envie aujourd’hui de citer celle de Jean Yves Dupuis : la Bibliothèque Electronique du Québec dont le catalogue, riche de 810 titres, peut faire le bonheur, pour de longues heures des curieux et des lecteurs désargentés (je pense aux étudiants, notamment).

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27 avril 2007

Arthur et George - Julian Barnes

medium_barnes.2.gifJe sors de la lecture d’Arthur et George de Julian Barnes avec un sentiment mitigé : l’impression d’avoir été baladé par un auteur qui joue avec son lecteur comme le chat avec une souris ; avec ce désagréable ressenti que l’on a lorsque que l’on vient de se faire battre loyalement par son adversaire et que l’on sait bien que, quelle que soit l’étendue de notre colère, nous n’avons d’autre issue que de la reporter sur nous même.

Le livre s’ouvre, dans un esprit très « roman d’apprentissage », sur les destins parallèles d’Arthur (Arthur Conan Doyle), dont l’enfance est marquée par la dérive de son père dans les affres de l’alcool et de la folie, et de George, fils de pasteur d’origine hindou (parsi) qui, malgré sa droiture et son intégrité se retrouve assez vite victime de mystérieuses lettres anonymes, et de plaisanteries aussi désagréables que mal intentionnées.

Lorsqu’une série d’agressions est perpétuée sur des animaux de la région : vaches et chevaux aux corps tailladés, vidés de leur sang et retrouvés agonisants au petit matin, c’est vers George que la police – en mal de coupables – oriente ses recherches. Sans preuves précises, mais persuadés que ce drôle de jeune homme au teint mat, aux yeux globuleux et aux manières raides et polies cache forcément quelque chose, les policiers, puis les juges ont tôt fait de le déclarer coupable des crimes commis et de l’envoyer en prison. C’est alors qu’il fait appel à Arthur Conan Doyle, devenu célèbre grâce aux exploits de son Sherlock Holmes, pour l’aider à prouver son innocence.

Et c’est là que les choses se gâtent (pour le lecteur, pas pour George !) Alors que l’on commence à s’installer avec délice dans les dédales d’une énigme policière parfaitement palpitante, Barnes, taquin, change soudain de sujet et entreprend, durant un nombre de pages – qui, pour le lecteur pressé de connaître le dénouement des misères de Georges semble interminable, – de nous narrer les amours contrariés d’Arthur Conan Doyle et de sa nouvelle amante : Jean !

Quand enfin, vers la fin du livre, Barnes semble se souvenir qu’il avait commencé à nous échauffer les sens avec les injustices subies par le malheureux George, ce n’est hélas que pour laisser les choses en plan, sans chute véritable. Grâce aux pressions, George a été libéré mais pas clairement innocenté. Un autre coupable est suspecté par Conan Doyle qui ne parvient pas à persuader la police.

Et puis c’est tout ! Arthur et George reprennent leur petite vie, chacun de son côté…

En résumé, livre surprenant, agréable, mais terriblement frustrant…

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26 avril 2007

LE MONDE DE MONSIEUR GLOU - 10 -

medium_q.JPGuel est l’écervelé qui a inventé les congés d’été !

Comme tous les ans à l’approche des beaux jours, Monsieur Glou a supplié monsieur Morchien – le chef du personnel – de l’autoriser à venir travailler tout le mois d’août. Comme tous les ans, la réponse de Monsieur Morchien est tombée, lourde comme une massue s’écrasant sur la tête d’une jouvencelle :

« Monsieur Glou, combien de fois faudra-t-il vous répéter que la Société est fermée en août et que, partant de là, il est concrètement, je dirais même plus techniquement… pour ne pas dire fonctionnellement, bref, qu’il est matériellement impossible que vous veniez travailler dans nos locaux durant cette période ! D’ailleurs je vous trouve un peu pâle. Quelques bonnes balades au bord de la mer vous feraient le plus grand bien… »

Dépité, Monsieur Glou a regagné son bureau. Un mois complet sans rien faire ! 31 jours, 744 heures, 44.640 minutes, 2.678.400 secondes ! Disons 1.209.600 si l’on retranche les secondes de sommeil… Allez, en déduisant une petite sieste par-ci par là, on peut encore grappiller quelques 111.600 secondes (en comptant large). Moins les repas (environ 223200 secondes) la toilette (55800 secondes) et le ménage (32.400 secondes, vaisselle non comprise)… il nous reste tout de même un solde total d’ennui de 786.600 secondes en perspective.

Et oui, 786.000 secondes d’ennui ! Ce n’est pas rien. Mais ça, Monsieur Morchien ne peut pas le comprendre : il n’est pas comptable !

24 avril 2007

Critique : Mai - n°720

medium_critique_720.jpg A paraître en mai : le n° 720 de CRITIQUE

SOMMAIRE
Jean-Claude Bonnet : Anne Wiazemsky et le « drôle de zigoto »
Jean-Marie Schaeffer : Une philosophie poétologique
John D. Lyons : Racine à l'œuvre
Frédéric Nef : Je suis ma puce. Vers une ontologie de l'inscription ?
Ali Benmakhlouf : Deleuze, désir limité ou désir contredit ?
John Zeimbekis : Art, représentation et fiction. Un état des lieux
Aliocha Wald Lasowski : Penser une relation sans généalogie
Marc Escola : À livre fermé. Avez-vous lu Pierre Bayard ?

NOTES
Stéphane Beau : Jules de Gaultier, théoricien du bovarysme
Karel Vanhaesebrouck : Le ciment de la nation.
Pierre-François Rezay : Les mystères de Marseille

20:50 Publié dans En vrac | Lien permanent | Commentaires (0)

21 avril 2007

Jean de la Ville de Mirmont

medium_laville.gifExamen

 

Somme toute, je suis sincère

Plus qu’il n’y parait tout d’abord ;

Mais je conviens que mon grand tort

Est de m’inventer des chimères.

 

Je m’accroche à des tas d’ennuis,

Je m’égratigne à des vétilles,

Et je me pique aux mille aiguilles

Dont est cousu chaque aujourd’hui.

 

Oh ! qui donc me délivrera

De ce cœur par trop chimérique,

Imbu de vague rhétorique,

De romantisme, et cætera ?

 

Jean de la Ville de Mirmont

Oeuvres Complètes, Champ Vallon

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20 avril 2007

Benjamin De Casseres 8

medium_CASSERES.4.JPG

Vers Libre

 

Je suis la forme sans forme

La ligne de moindre résistance

L’anarchie et le dissolvant du style

Je suis cru, primitif,

Un pont entre l’harmonie

Et un meilleur et nouveau diapason.

 

Je suis le Beethoven de la dissonance

Le Paderewski de la Calliope,

Un Paganini achevant la musique

Sur des cordes géantes en boyaux  –

Un grotesque gratte-ciel démocratique

Construit avec des pierres du Parthénon,

Des tours du Kremlin,

Des corniches et balustrades en ruine de l’Alhambra

Et des pignons d’un Hôtel dans les Cieux,

Tout cela jetés ensemble

Capricieusement, négligemment.

 

Car je suis le Vers Libre,

Le dieu insouciant ;

Aussi insouciant que la nature, les rêves et les enfants,

Qui vivent sans rime ni raison

Et n’en demandent pas plus –

Aussi insouciant que la vie,

Qui n’a pas ni début ni fin,

Ni mesure, ni rythme,

Dont les cadences,

Comme les miennes

Ne commencent Nulle part

Et ne vont nulle part.

 

Immanent,

J’existais avant que l’esprit et la mesure des pieds

Ne soient nés

Dans un état de flux,

Nébuleux,

Dans la quatrième dimension,

Protéiforme,

Dénuée de feuilles,

Une Pensée sans mots,

Une langue aux soleils bégayants.

 

Mais j’ai un rythme rien que pour moi,

Caché dans le non arithmétique sourire d’Eschyle,

Incarné dans les

Visions cosmoramiques de Blake,

Mis en vers dans les esprits par les

Mages de l’Appréhension,

Qui rêvent dans les

Tourbillons du Chaos.

 

J’ai le rythme du

Dieu de Spinoza

Et la marche de ses Modalités géantes,

Et mon rythme est le rythme guerrier

D’Ormuzd et d’Ahriman.

 

Je suis la poésie du

« Pense le toi-même »

Délié de tout,

Etincelant et Merveilleux.

 

Je suis le Vers Libre,

L’âme de l’Homme

Qui résonne avec

L’inconnu

Et qui rime avec

L’éternel X.

 

Benjamin De Casseres, Black Suns

(Traduction, S. Beau 2007)

15:50 Publié dans lectures | Lien permanent | Commentaires (0)

18 avril 2007

A l'enterrement de la démocratie...

La démocratie est morte. Dans quelques jours nous allons être invités à voter pour choisir entre un représentant de l’extrême droite (Le Pen) et un autre candidat dit « démocrate » (Sarkozy Bayrou ou Royal).

Et les autres candidats, les Besancenot, Bové, Buffet, Voynet etc. me direz-vous ?

Mais ils n’existent pas : voter pour eux, c’est voter pour Le Pen.

Alors que faire ? Voter Bayrou Sarkozy ou Royal ? Et valider de ce fait que l’on accepte que rien ne bouge pour cinq années encore… Voter pour quelqu’un à qui l’on ne fait pas confiance pour éviter d’ouvrir la porte à un autre individu auquel on fait encore moins confiance ?…

Jamais l’acte de voter ne m’aura paru aussi répugnant.

Quelle vaste mascarade.

17 avril 2007

LE MONDE DE MONSIEUR GLOU - 9 -

medium_I.JPGl y a douze ans de cela (un 14 octobre), Monsieur Glou a joué au loto… Pourquoi ? Lui-même n’en sait trop rien : sans doute était-il fiévreux ce jour là.

L’après midi, Madame Fuzz lui avait demandé : « Mais dites moi, Monsieur Glou, si vous gagnez le gros lot – 18 millions de francs tout de même ! – que ferez-vous de tout cet argent ?

Sur le coup, Monsieur Glou avait haussé les épaules et était retourné s'enfermer dans son bureau.

Trois heures plus tard, de retour chez lui, terrassé par l’angoisse, il avait déchiré son ticket sans attendre la retransmission télévisée du tirage au sort : 18 millions de francs ! Rendez-vous compte ! Monsieur Glou n’avait aucune idée de ce qu’il pourrait en faire !

16 avril 2007

Sportif du dimanche...

En course à pieds on sait que l’on a atteint un certain degré de fatigue lorsque, même dans les descentes, on a l’impression que la route monte…