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18 avril 2007

A l'enterrement de la démocratie...

La démocratie est morte. Dans quelques jours nous allons être invités à voter pour choisir entre un représentant de l’extrême droite (Le Pen) et un autre candidat dit « démocrate » (Sarkozy Bayrou ou Royal).

Et les autres candidats, les Besancenot, Bové, Buffet, Voynet etc. me direz-vous ?

Mais ils n’existent pas : voter pour eux, c’est voter pour Le Pen.

Alors que faire ? Voter Bayrou Sarkozy ou Royal ? Et valider de ce fait que l’on accepte que rien ne bouge pour cinq années encore… Voter pour quelqu’un à qui l’on ne fait pas confiance pour éviter d’ouvrir la porte à un autre individu auquel on fait encore moins confiance ?…

Jamais l’acte de voter ne m’aura paru aussi répugnant.

Quelle vaste mascarade.

Commentaires

Je comprends votre désenchantement. Je pense pourtant qu'il est, disons, l'humeur la plus facile, la plus disponible. Elle est juste en ce sens que notre démocratie n'est pas parfaite (mais l'a-t-elle jamais été ? et le sera-t-elle jamais ? et je fais partie en l'espèce de ceux qui pensent qu'une démocratie n'est pas un système mais un esprit, une trajectoire vers un indéfini qui n'a pour lui que l'idéal.) Mais cette humeur est également et sans doute erronée, en ce sens qu'elle atteste d'une trop grande attente de la démocratie, de l'élection, du jeu politique et institutionnel. Certes, certains scrutins, y compris présidentiels, ont été plus simples, voire plus enthousiasmants. Mais jamais (à moins d'être soi-même un militant parfaitement convaincu de l'éminence de sa pensée), jamais nous ne votons en totale adhésion à un parti ou un de ses représentants. Comme on dit (formule un peu à l'emporte-pièce) : on n'entre pas en politique comme on entre en religion. Peu ou prou, nous votons surtout contre autre chose, parti, personnalité, idée, histoire, mouvement, qui nous semble encore moins désirable : nous faisons, simplement, état d'une préférence. Ensuite, à chacun de se déterminer, dans le chaos de sa propre histoire, de ses propres valeurs, de sa propre acceptation du monde. Et ce n'est pas simple, je le concède... !
Le Pen est un repoussoir, naturellement. Cela ne signifie pas que les trois autres candidats que vous citez soient les mêmes, que leur politique conduise aux mêmes résultats, et qu'il faille se résigner à cinq années sans changement. Je pense même le contraire : que, quel que soit le vainqueur, des choses vont changer - en bien, et en mal... Pour ma part j'ai ma préférence, je l'exprimerai dimanche ; quand bien même elle serait sans illusion excessive...

Marc Villemain

PS / J'en profite enfin pour vous le dire : bravo pour votre initiative littéraire.

Écrit par : Marc Villemain | 18 avril 2007

Bonsoir,
Vous avez parfaitement raison de nuancer mes propos qui, je je me permets toutefois de le rappeler, n'avaient pas la prétention de proposer une analyse fine de la réalité politique ni de la question démocratique. C'était juste mon humeur du moment, avec tout ce qu'elle avait d'excessif et de subjectif.
Je considère en effet que la démocratie est encore le moins mauvais des systèmes disponibles et il y a bien longtemps que j'ai fait le deuil de tout absolu en matière d'idéal. Je voterai donc moi aussi dimanche, sans état d'âme, sachant très bien que le vote "contre" est déjà devenu depuis bien longtemps une altérnative classique au vote "pour".
Je profite également de ce message pour vous retourner la politesse, vous féliciter pour vos écrits et vous remercier pour le lien en direction du Grognard dont le n°2 commence à prendre forme.

Écrit par : stephane | 18 avril 2007

J'avais bien saisi qu'il s'agissait pour vous d'exprimer une humeur, sans nulle ambition conceptuelle. Ce qui m'a fait réagir en fait, c'est que cette campagne est pleine d'humeurs à craquer ; or c'est précisément ce que je lui reproche, ou ce qui m'attriste. C'est pourquoi je vous conviais, entre les lignes, à contribuer à remettre un peu de raison dans ce charmant foutoir...
Et à ce propos, je recommande chaudement la lecture, dans Le Point de ce jour, de l'entretien qu'y donne Peter Sloterdijk. C'est assez jouissif - et, entre les lignes et de façon plus ou moins subliminale - donne la clé de mon vote...
Merci pour tout. Je suis vos activités avec attention.
Marc Villemain

Écrit par : Marc Villemain | 19 avril 2007

"Remettre un peu de raison dans ce charmant foutoir"

J'aimerais bien... Mais en bon lecteur de Jules de Gaultier j'ai du mal à rajouter de la raison là où ne peut - et ne doit -dominer que l'illusion.

La raison ? Il faudrait peut-être aller la chercher dans le Eumswill de Jünger ou dans le Walden de Thoreau...

Normalement, j'arrive à être un spectateur assez dégagé (voire cynique) mais voilà, peut-être que je vieillis !

Écrit par : stephane | 19 avril 2007

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