03 juillet 2008

Le Grognard sur le web...

spiritus.jpgPioché, sur le site des Féeries intérieures, ce bel éloge du Grognard signé Mikaël Lugan auquel j’adresse en retour un grand merci !

« J'aime Le Grognard, la revue de Stéphane Beau, parce que je m'y retrouve en pays familier. L'influence reconnue, revendiquée, des petites revues de la fin du XIXe siècle n'est pas pour rien dans ce sentiment. Des titres avancés, La Plume, le Mercure de France, la Revue Blanche, c'est sans doute de cette dernière que Le Grognard est le plus proche, parce que politique, engagé ; et Stéphane Beau d'allonger la liste des modèles : L'En-dehors, L'Unique, L'Ordre naturel, La Mêlée... et de préciser ainsi au lecteur la ligne suivie, celle de l'anarchie, de l'individualisme. J'aime ces mots, autant que ceux de liberté, d'amour, de désir ou de poésie desquels, d'ailleurs, je ne parviens guère à les dissocier. Voilà longtemps que je pense que la poésie est le surgissement discordant d'un corps et/ou d'une voix emmi le concert des hommes, qu'elle est l'imposition obscène d'un désir, d'une liberté agissant naturellement contre les forces d'aimantation sociale. Le poète est donc nécessairement singulier et sa parole un germe d'instabilité. D'où la partition, non-formelle, entre poésie et littérature. Tout ce qui se soumet aux cadres, à la réalité, aux pouvoirs, aux lois du genre est littérature. Le peu qui reste est poésie. Affirmer son individu, se dire en son irréductibilité, et, pour cela, trouver sa langue, c'est faire oeuvre de poète. Les symbolistes, issant des cendres du romantisme, l'avaient bien compris, qui, postulant la supériorité des révoltes sur la révolution, cherchèrent, chacun, le lieu et la formule d'un art individuel. Lisons, en guise d'illustration, ce paragraphe que j'extrais de la préface de La Dame à la faulx :

Les cadres classiques sont contemporains des jougs monarchiques. Comme le rythme, prisonnier d'une formule, on vit l'humanité prisonnière d'une volonté primant les personnalités. Si les révolutions politiques successives ne rompirent tous les jougs, du moins sont-ils largement amoindris et desserrés. Bientôt l'individu se reconquiert, et l'affranchi ne saurait tarder à reconnaître une valeur particulière, une entité, à tout ce qui participe à la Vie, - les républiques étant des copies réductives du panthéisme. Dès lors se transforment l'esprit et la chair des oeuvres. La liberté n'est-elle pas le champ musical par excellence ? Et qu'est-ce que le génie sinon d'être, en un mot de s'épanouir selon toutes les garanties de la liberté ? A l'homme libre, il fallait un art libre ne relevant que des lois divines, lesquelles ont pour base la religion de l'individu, - qualité essentielle des dieux.

Cette nécessité, signalée par Saint-Pol-Roux il y a 113 ans, demeure aussi urgente aujourd'hui. C'est à cette urgence que répond, avec d'autres, Le Grognard, petite revue de haute tenue poétique, belle comme la gifle de sel. »

02 juillet 2008

Michel Onfray

onfray.jpgDernière chronique de Michel Onfray (sur son site) : j’ai un instant pensé qu’il avait décidé de descendre des hautes sphères de son incommensurable orgueil et qu’il acceptait enfin le principe d’une auto-analyse – ou pour le moins de poser les prémisses d’un  re-questionnement sur son fonctionnement – quand j’ai lu l’introduction suivante :

 

« Je parle souvent du délinquant relationnel pour définir la personne qui entretient avec elle-même un rapport faussé ce qui, par conséquent, induit avec les autres, puis avec le monde, une relation tordue, torve et, pour tout dire, malsaine. Ce genre d’individu pratique le déni, affirme avec véhémence que le réel n’a pas eu lieu pour la bonne et simple raison que son fantasme fait la loi : s’il a trahi ou trompé, il n’a pas trahi ni trompé, en revanche c’est autrui, « les autres », « les gens », qui se sont rendus coupables du forfait en question, même, et surtout, quand ils n’ont rien fait, ni bougé le petit doigt. »

 

Mais non… Il parlait de Raymond Domenech… Tant pis, ce sera pour une autre fois

La galerie d'Aglaé

rigolote.jpgAglaé Vadet, qui a déjà eu à plusieurs reprises la gentillesse de collaborer au Grognard, nous adresse l'annonce suivante que nous relayons avec grand plaisir:

« On ouvre !

Une petite rétrospective rigolote de mes tableaux depuis une quinzaine d’années vous attend de pied ferme. Comme toujours, des nanas un peu déjantées, aux doudounes généreuses, des amoureux, des bisous nombreux et… nombreux, des visages, ( je les adore) compensent comme ils peuvent un dessin  insuffisant et approximatif. Et bien entendu, de la couleur, encore de la couleur… et parfois de la colère. Que ça pète, que ça arrache les yeux, que ça éclabousse, bordel !!! C’est presque mieux de ne pas être un pro pour que surgisse la spontanéité tant vantée et si rarement présente  dans les œuvres classiques… Pardonnez-moi : je  me console comme je peux… La construction de la GALERIE EN LIGNE est due à Tam, concepteur et réalisateur dont j’admire le travail et que j’embrasse très fort. Travail à deux, dans l’amitié et la rigolade, tout ce que j’aime.

Aglaé

PS Je vous attends. Attention à la peinture ! »

01 juillet 2008

Le Combat pour l'individu

palante.JPGAmateur de Georges Palante, oyez la bonne nouvelle ! Après La Sensibilité individualiste et La Philosophie du bovarysme, c’est autour du Combat pour l’individu, un des ouvrages majeurs du philosophe briochin d’être enfin disponible en version numérisée sur le serveur de Gallica !

Bonne Lecture !

29 juin 2008

Assemblée Ruralivre

ruralivre2008.jpgComme tous les ans, les Editions du Petit Pavé, partenaires et coéditrices du Grognard, organisent leur Assemblée RuraLivre. L’événement est prévu pour le 5 juillet et, cette année, Le Grognard aura normalement droit à son stand ! Avis donc aux amoureux des livres (et aux amis du Grognard qui auraient l’occasion d’aller traîner ce jour là leurs guêtres dans le 49 !

Samedi 5 Juillet 2008 se tiendra pour la 4ème année cette assemblée devenue incontournable avant la période estivale.

Cette assemblée, loin des salons et manifestations protocolaires, rime depuis 2005 avec convivialité, qualité et échanges entre auteurs, éditeurs et lecteurs, en toute simplicité, « à livre ouvert » dans les jardins du Petit Pavé.

L’annonce de cette 4ème édition est faite à un moment où est remise en cause la loi Lang sur le prix unique du livre, et où la pression des grandes surfaces se fait plus grande sur les libraires indépendants.

Ce sont des raisons de plus pour que notre assemblée soit encore plus réussie que les précédentes.

Du simple curieux au défenseur de la bibliodiversité,
Venez partager « Livresque » de cette journée
« déjà annoncée par les astres comme très ensoleillée »

 

Plus d’infos sur le planning ICI.

27 juin 2008

Editions SULLIVER

sulliver.JPGA quoi mesure-t-on l’importance d’une maison d’édition ? A la taille de sa structure ? Au nombre de ses salariés ? Au nombre de ses publications annuelles ? Ou à la qualité de son catalogue ? Car si, au regard des premiers critères les Éditions Sulliver peuvent être qualifiées de « petites », quand on prend la peine de consulter leur catalogue, force est d’admettre qu’il n’en est rien ! Si vous ne connaissez pas, allez y jeter un œil sans plus tarder en cliquant ICI.

 

Parmi les nouveautés, signalons la Conquête du désastre de FP Mény, SDF et trimardeur, poète sans attache, décédé le 11 juin dernier. Lire, ci-dessous, l’argumentaire de l’éditeur :

 

« Viens écrire un livre avec moi sur le trottoir puisque t'es si malin. » L’auteur se revendique « écrivain vagabond », mais notre monde brutal lui renvoie une image en forme de sigle : SDF ! Le livre brasse les révoltes et les errances. Tout en explorant sans relâche les contrées de l'esprit où langage et pensée prennent forme et s’allient. « Lyrique, gouailleur, insinuant, sarcastique… Répétitions incantatoires, polémiques, ellipses, interruptions, ruptures, où se mêlent inserts, maximes, aphorismes. La question étant de glisser à travers.» Le rythme et l’invention verbale conjugués – et un humour désespéré toujours présent – portent la langue à un rare niveau d’incandescence.

24 juin 2008

Adieu à Cossery...

cossery.jpgJ’ai découvert hier en me baladant sur le blog de Stéphane Prat qu’Albert Cossery était décédé, le 22 juin dernier. Après Jünger, c’est mon deuxième auteur fétiche qui passe l’arme à gauche… Allez, en guise de dernier hommage, ce court dialogue tiré d’Un Complot de saltimbanques :

– Tu as tort de ne pas considérer notre ami comme un esprit sérieux, dit Imtaz, tout en caressant les seins de Ziza qu’il tenait toujours sur ses genoux. Il a une théorie assez originale sur la question. Il soutient qu’un progrès spirituel ne peut se concevoir que dans un monde de loisirs. Qu’en dis-tu ?

– Un monde de loisirs, vraiment ! s’exclama Chawki. Je ne comprends pas. Veuille m’expliquer, je te prie.

 

– C’est bien simple, reprit Medhat. Depuis toujours le destin besogneux de l’homme l’empêche de rêver à un idéal qui ne soit pas matériel et en conformité avec ses besoins et sa sécurité. Gagner sa vie est l’unique chose qui le préoccupe et qu’on lui enseigne dès son enfance. Il ne vise qu’à devenir plus astucieux et plus salaud que les autres. Durant toute son existence, il met son ingéniosité à subvenir à sa nourriture et, une fois rassasié, à se construire une ambition sordide. Quand donc a-t-il le temps d’élever son esprit ? La moindre réflexion dans ce sens lui est comptée comme un délit, aussitôt sanctionné par la famine et la réprobation des siens. Aussi, j’ose affirmer que seuls des gens ayant des loisirs peuvent accéder à une forme de pensée vraiment civilisée.

 

– Mais comment faire alors ? s’enquit Chawki. L’humanité ne peut rester oisive ; il faut que les gens travaillent.

– Tant pis pour eux, conclut Medhat. C’est leur affaire. Je ne fais que constater une réalité éternelle de tout temps esquivée par les historiens et les penseurs à cause de sa simplicité et de son peu de valeur marchande.

23 juin 2008

Mercure n°2/3

img003.jpgLe n°2/3 de la revue Mercure, dirigée par Anthony Duffraisse est paru. Et comme pour le n° 1 je suis impressionné par la qualité de cette petite revue qui, comme le disait – je crois – une publicité pour une voiture, « a tout d’une grande ».

Ceux et celles qui avaient trouvé un certain charme à mes " Contingences ", dans les premiers numéros du Grognard, trouveront peut-être quelque intérêt à mes " Petites coupures " (p115) qui sont du même esprit.

 

 

SOMMAIRE

Anthony Dufraisse : Ce que Mercure n’est pas

Positions
Jean Dutourd : L’information, maladie moderne
Manuel de Diéguez : De la royauté audiovisuelle
Christian Ruby : Qu’est-ce qui nous regarde ? (II)
Annick Rivoire : Médias en ligne, chacun cherche son modèle
Vangelis Athanassopoulos : Richard Prince fume-t-il des Marlboro?

Entretiens avec
Umberto Eco : Auteurs et autorité
Jean-Claude Lebrun : Le critique littéraire n’est pas un singe savant
Michel Serres : Internet attend son Robin des Bois
Annette Messager : Petit éloge du kiosque à journaux
Jean Hatzfeld : Les journalistes, ces petits historiens

Radiographies
Denis Grozdanovitch : Bonnes (et mauvaises) ondes
Gil Jouanard : Dis-moi comment tu écoutes...

Figures libres
Franck Derex : Eliagabal ressuscité
Stéphane Beau : Petites coupures
Jean-Jacques Nuel : Cold Case, une série divine

Lecture
Jean Mauriac Le Général et le Journaliste, par Georges Labaloue

Pour commander la revue, une seule adresse : Anthony Dufraisse, 14 avenue Foch, 95100 ARGENTEUIL, et/ou un seul mail : revuemercure@free.fr.